Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mercredi 6 décembre 2017

Histoire de la pluie



La pluie rêve
ruissellement d'explosions sur la course des nuages
le soleil à la fenêtre de sa mansarde baye
bouche bée mouillée ,
les yeux fumeux gonflés de mystérieux voyages ,
la pluie
des chevaux au grand galop de bronze doré





dimanche 3 décembre 2017




le temps s'est enroulé sur la coquille de l'escargot
si long si long
l'escargot a enroulé le temps
si lent si lent

jeudi 30 novembre 2017


l'aube est silencieuse comme la neige
traces des pas de lune sur la plaine
la chouette a clos la nuit sous ses ailes
l'arbre est immobile sous les dents du gel
silhouette aiguisée de dentelles craquées au poignet des demoiselles ,
sur la fenêtre glissent les vaisseaux bleus muets
chambre allongée de rêves
telle une île abordée par l'hiver
le ciel océan gros ventriloque de flocons blancs
bas si bas bientôt au seuil de ma maison ,
marmonnant , alourdi , j'entends son ventre racler la pierre,
constellé de trous,
bedaine percée où sifflent les merles ,
il fuit d' oiseaux de saison
d'embruns de soleil , d'alphabet musical ,
de glaçons teintés de sable  , légers pieds de cristal , en cape torsadée,
de becs d'ébène et gorges ouvertes de statues,
d'une soudaine fougue s'échappe une vivacité  rousse,
un saut d'écureuil , un éventail souple de fugueur ,
file ,
pelisse  des moissons bondissante sur la colline,
les bogues en roulé boulé d'automne
piquants gymnastes sur les tapis volants de feuilles,
babil des ruisseaux verts petits pleureurs des bois ,
frôlement gris du lézard dans les broussailles ,
roulis des galets sur la peau d'un sommeil , couvée de dunes ,
quatre heure de myrtilles dans le panier noir et touffu des forêts,
il mâche des poupées de maïs,
et crache des peaux de blé
les yeux poussiéreux  brouet des meules,
souffleur de verre où s'embrasent des maelströms de lumière,

la chouette a clos la nuit et l'hiver sous ses ailes
le ciel crevé d'étoiles ,
un arbre jamais planté
un oiseau jamais chanté
qu'on entend ,
l'entendement du monde
et son escorte herbier de neige
qu'elle a trouvé .












mercredi 1 novembre 2017




         


                                La femme et l'enfant sur la photo
                                              de noir marchant
                          chassant la maison blanc vif derrière leur sillage,
                                        le jardin ,
                                         personne autour ,
                                    la petite fille cligne des yeux
                        les doigts en éventail sur le front trempé de lumière,
                                l'ombre s'ouvre sur le mur de pierre,
                                     les pommiers en fleurs,
                           les pommiers grimpent le long de la muraille,
                                    corolles de pleurs fleuris
                                      les pommiers dépoitraillés,
                                      les pommiers en fleurs.

samedi 21 octobre 2017



Automne




Les feuilles d'automne
laissent traîner de longs mots rêveries
frôlant les liasses du ciel à la peau vernie

un bloc bleu

 les oiseaux
boules de vent

les moineaux craquent les miettes d'un petit soleil jauni
infimes éclats de biscuit chaud


les allées pâles des nuages
à l'aube brouillonnent des fleurs penchées aux ruisseaux


les cernes bleuies sur les mains du temps
où viennent s'épeler les couleurs déchirantes de la nuit

muance des feux d'eaux
parfum de brindilles cassées
dans le sommeillage  cotonneux des nuées
mon coeur frissonne
dans la violente douceur des longs mots de lune
fugaces intemporels , couleurs tendres
qu'on ne peut saisir tout à fait
sur lesquels on pourrait presque marcher
un trou au cœur où viennent nicher les lueurs de la pluie












vendredi 23 juin 2017



Je voulais monter le poème
sur le dos du zèbre
mais il est resté penché au bord de la falaise
le vent l'a couché dans les herbes
la pluie l'a rincé de terre
l'océan  l'a précipité au gouffre des baleine
il est tombé dans l'oubli à ne pas faire
le dernier vers dont je n'ai pas trouvé la rime
pend au bout de la ligne



dimanche 1 janvier 2017



Un escargot bave lentement sur ma feuille
son écume efface les mots
j'ai écrit
il a fait son travail
il a fait sa trace en effaçant la mienne
escargot tout chaud
des rêves et des cauchemars
presque rien de presque noir
presque tout de presque rien
un ciel de chien gris
à gueule ouverte de langue rose

samedi 31 décembre 2016



It's a rain
my babe
it's a rain
pleine
plaine
l'océan fume son tabac gris
quelques lueurs
tabac blanc
neige de printemps
tentacules de fleurs au jusant s'éteignent
les cils du vent glissent dans ton sommeil
la raucité tendue des oiseaux migrateurs
plus rien
ni du jour ni de la nuit
une fleur
un pépin
un râteau édenté
l'océan est parti
parti dormir
une tasse de vin chaud
parti au chaud



jeudi 15 décembre 2016

mercredi 7 décembre 2016



Lointaines coudées
les nuages aux visages de cambouis
lointains et proches à portée de la main
où brûlent les papillons de papier

mardi 29 novembre 2016

dimanche 2 octobre 2016



La pluie parle dans le sommeil des arbres
le soleil chuchote ses mots sur la forêt

le poisson qui  s'échappe
le ruisseau qui sanglote
tout un peuple de grelots dévale la ravine
la pierre et le pied qui glisse dessus
le pied qui se glisse dans le lit de l'eau ciselée
la pluie danse  tape du pied
tambourine sur la peau  du sentier
l'ombre qui s'enfuit avec le serpent du vent ,
bruis , ô toi dorée la houle sur le rivage
du feuillage
sur les lentes et longues contrées
les petits bois perdus frileux
les pas d'enfance
les pages pétries de terre grasse fumante
les brins d'îlots d' herbe dans l'encrier
doigts tachés de brou et de boue
prés matinaux paumes rougies de levant d'oiseaux ,
bruissent , vertiges soleilleux
dans la rondeur des uvées bleues  automnales  ,
je me réveille ,
il pleut ,

maintenant










dimanche 25 septembre 2016

jeudi 21 juillet 2016

Michel Jonasz