Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

samedi 21 octobre 2017



Automne




Les feuilles d'automne
laissent traîner de longs mots rêveries
frôlant les liasses du ciel à la peau vernie

un bloc bleu

 les oiseaux
boules de vent

les moineaux craquent les miettes d'un petit soleil jauni
infimes éclats de biscuit chaud


les allées pâles des nuages
à l'aube brouillonnent des fleurs penchées aux ruisseaux


les cernes bleuies sur les mains du temps
où viennent s'épeler les couleurs déchirantes de la nuit

muance des feux d'eaux
parfum de brindilles cassées
dans le sommeillage  cotonneux des nuées
mon coeur frissonne
dans la violente douceur des longs mots de lune
fugaces intemporels , couleurs tendres
qu'on ne peut saisir tout à fait
sur lesquels on pourrait presque marcher
un trou au cœur où viennent nicher les lueurs de la pluie












vendredi 23 juin 2017



Je voulais monter le poème
sur le dos du zèbre
mais il est resté penché au bord de la falaise
le vent l'a couché dans les herbes
la pluie l'a rincé de terre
l'océan  l'a précipité au gouffre des baleine
il est tombé dans l'oubli à ne pas faire
le dernier vers dont je n'ai pas trouvé la rime
pend au bout de la ligne



dimanche 1 janvier 2017



Un escargot bave lentement sur ma feuille
son écume efface les mots
j'ai écrit
il a fait son travail
il a fait sa trace en effaçant la mienne
escargot tout chaud
des rêves et des cauchemars
presque rien de presque noir
presque tout de presque rien
un ciel de chien gris
à gueule ouverte de langue rose

samedi 31 décembre 2016



It's a rain
my babe
it's a rain
pleine
plaine
l'océan fume son tabac gris
quelques lueurs
tabac blanc
neige de printemps
tentacules de fleurs au jusant s'éteignent
les cils du vent glissent dans ton sommeil
la raucité tendue des oiseaux migrateurs
plus rien
ni du jour ni de la nuit
une fleur
un pépin
un râteau édenté
l'océan est parti
parti dormir
une tasse de vin chaud
parti au chaud



jeudi 15 décembre 2016

mercredi 7 décembre 2016



Lointaines coudées
les nuages aux visages de cambouis
lointains et proches à portée de la main
où brûlent les papillons de papier

mardi 29 novembre 2016

dimanche 2 octobre 2016



La pluie parle dans le sommeil des arbres
le soleil chuchote ses mots sur la forêt

le poisson qui  s'échappe
le ruisseau qui sanglote
tout un peuple de grelots dévale la ravine
la pierre et le pied qui glisse dessus
le pied qui se glisse dans le lit de l'eau ciselée
la pluie danse  tape du pied
tambourine sur la peau  du sentier
l'ombre qui s'enfuit avec le serpent du vent ,
bruis , ô toi dorée la houle sur le rivage
du feuillage
sur les lentes et longues contrées
les petits bois perdus frileux
les pas d'enfance
les pages pétries de terre grasse fumante
les brins d'îlots d' herbe dans l'encrier
doigts tachés de brou et de boue
prés matinaux paumes rougies de levant d'oiseaux ,
bruissent , vertiges soleilleux
dans la rondeur des uvées bleues  automnales  ,
je me réveille ,
il pleut ,

maintenant










dimanche 25 septembre 2016

jeudi 21 juillet 2016

Michel Jonasz


                                                                                                                     




vendredi 8 juillet 2016



Pas un seul petit nuage
pas l'ombre d'un
le ciel tire la langue
trois gouttes de jus de soleil
tremblant de mirages
affale les voiles
ce soir échoue dans la mer
soleil naufragé de nuit  assoiffé
ressac ombragé sous la saucée d'étoiles
buveur d'ombres et de filaments de vent
ressac polisseur d'ambre
un arbre dans le jardin chante
sous le couvert feuilles vertes de larmes teintées
une voix miraculeuse dans l'obscurité
sur les ailes du silence
un gonflement de bourgeon de lèvres s'élève
éclate petit fruit rond
la musique de la nuit
lape les derniers éclats de pailles d'horizon
n'assourdit pas les mots
les oiseaux se sont tus
ils écoutent la pluie
distiller ses odeurs nocturnes allongées
sur le ventre de l'océan
ses bouquets de brume
sa lumière de sable
et son corps de marée ,
c'est l'été
et ses parfums qui passent avec le vent


dimanche 19 juin 2016

jeudi 2 juin 2016

Mozart Sonate n° 8







Comme sa musique court coule vole bondit s'élève et s'envole et court toujours devant le vent ,
pendant la mort des étoiles , toujours devant , sur la pierre  elle trace la ligne de l'échine redoutable et court devant le vent  , neige bleue étincelante , vole la pluie , vole le vent , vole entre deux silences muets noyés de désert

mercredi 18 mai 2016



Un chat blanc pleure dans le bosquet
un pigeon sur le toit monte descend
compte recompte  les tuiles du toit
remonte redescend
la tourterelle rit en deux temps
gorgées  de roulades au vent
des éclats de vie
le rosier monte au mur
ses fleurs boivent la lumière d'été
débordent les hauts d'ocre de pierre
un lézard fuit dans les broussailles
le ciel se défait d'un nuage
et se refait à la nage du soleil
la rivière s'habille de miroir vert pâle
un tas de poussières sous mes pieds
le sable passe entre les orteils
des petits poissons glissent sur la peau
des esquisses du temps ,
j'écoute les cailloux chanter le feu de l'eau
cette chaleur coulée de longs et lourds tissus de miel ,
vibrations d'oiseaux   l'avalement  des éclairs
becquées de foudre aux futaies de l'onde