Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

vendredi 26 mai 2023

 Jeudi 25 Mai 2023



Dédicace 


A mes très chers petits enfants, Jules et Zoé, ainsi qu'à leur cousins et cousines peut être à-venir, et vos enfants, si d'aventure vous prolongez cette histoire de famille dans le 21 ième siècle.

Mes recherches remontent au dernier quart du 19ième siècle, elles ont fait appel à mes souvenirs d'enfance, des anecdotes glanées ça et là dans mon cercle familial, mon intérêt et ma curiosité pour le passé et aussi un peu de mon imagination ...

J'adresse mes plus vifs remerciements pour les recherches faites sur Magloire Coinon dans les archives départementales par Nicolas Fournier , responsable des recherches , attaché de conservation , archives de Dunkerque , centre de la mémoire urbaine de l'agglomération .

Ainsi qu' à mon fils Yohan qui m'a guidé pour parcourir les archives , s'est tenu à mes côtés , sans cesser de m'encourager.

     Puissent ils parvenir jusqu'à vous, chair, visage, chaleur, vie caractère, traces de leur passage, ils

                                               sont passés , nous passerons .

  


                                               Le fils du maréchal Ferrand .

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Je m'appelle Magloire Coinon, je suis votre arrière arrière arrière arrière grand père maternel.

Je suis né à Carly, un bourg aux alentours de Calais, tout au nord de la France, le 31 juillet 1864 à 20h, au plein cœur de l'été  dans la maison de mes parents .

Mon père, Victor Coinon est maréchal-ferrant, un métier vieux de plus de deux mille ans. Il ferre les pieds des chevaux, des bovins, des équidés, de tout ce qui trotte, galope et parcourt routes, chemins, champs et tire chariot, charrette et tout ce qui est pourvu de roues .

Un métier important car indispensable pour tous les déplacements, les travaux des champs, les communications.

Victor travaille beaucoup, il connait bien son affaire. C'est un homme solide, de petite taille, dur à la tâche. Il connait bien les chevaux, quelquefois il les soigne. Chacun dans le village le connait et le reconnait comme un bon artisan.

Née à Calais, ma mère s'appelle Anastasie Méquignon de son nom de jeune fille. Je suis son premier né. 

Je suis le fils aîné du maréchal Ferrand de Carly.

Femme au foyer, elle travaille beaucoup également : elle s'occupe de la maison, ménage, repas, potager... des quelques poules et lapins derrière la maison et s'occupe aussi de la comptabilité de mon père.

Mais ce jour là, elle veille sur mon sommeil et s'endort épuisée après ma naissance pendant qu'une matrone lave les linges dans le grand bac sur le carreau de la cuisine.

Un peu de repos... La soirée est douce, le soleil doucement poursuit sa course. Mon père ferme l'atelier et me contemple silencieusement. Il laisse Anastasie dormir car demain elle se relève, se remet à l'ouvrage. Ménage, repas, lessive, frotter, astiquer,  les animaux à nourrir, compter sur les registres, pétrir le pain, aller au four du boulanger, le faire cuire et bien sûr les tétées . La journée sera chargée et moi je suis là au milieu de tout ça. Dès que j'ai faim, je deviens tout rouge à force de brailler  jusqu'à ce que ma mère m'attrape et me donne le sein. 

Les années passent, mon frère Alfred est venu agrandir le cercle de la famille.

Je grandis, je ressemble à mon père, petit, brun. Mon temps est rythmé entre la maison, l'école, les moments que je passe à observer mon père travailler à l'atelier. Il parle aux chevaux, leur façonne des fers, les pose sans les blesser. Mon horizon : la grande route où cahotent  les chariots, les carrioles, la malle poste, les tombereaux chargés de terre, les vendeurs de poissons, les charrettes des paysans grosses de foin l'été, la grande route qui mène à la grande ville "Dunkerque ". Tout ce qui roule, va et vient, passe devant la maison. Mon père m'apprend les rudiments du métier et ça me plaît : le nom des outils, comment les utiliser , approcher les chevaux, après la soupe du soir, ranger et fermer l'atelier.

J'apprends.

Le 22 Décembre 1874, j'ai 10 ans, j'attends Noël avec impatience. Mon père ferre le jeune cheval du fils du voisin qui a perdu son fer. Pas d'école. Je traîne à l'atelier, le cheval est nerveux, agité. Mon père lui parle, essaie de le rassurer. Il lève sa patte pour lui poser le fer, le cheval se cabre, une ruade arrière, mon père est touché à la tête, s'écroule... et meurt quelques heures plus tard sans avoir repris connaissance .

Triste Noël, les voisins sont venus, repartis. La maison est silencieuse. Demain, mes grands parents viennent pour l'enterrement. 

Je décide à cet instant précis que je ne deviendrai pas maréchal-ferrant. Je serai maître charron, le charron Magloire Coinon.

Ma mère fait des ménages à domicile, lave le linge, tire l'aiguille et fait office de couturière. La vie est dure. Je suis un bon élève, j'apprends vite et j'aime apprendre. J'ai quatorze ans, je quitte l'école après avoir passé mon certificat d'études et l'avoir obtenu avec la mention très bien : je suis fier et mon maître l'est aussi. Il veut que je poursuive les études mais notre situation financière est fragile, je dois apprendre un métier. Ma mère a vendu tous les outils de l'atelier mais le pécule est maigre, elle doit sans cesse compter.

Je trouve une place d'apprenti chez le charron du village d'à côté qui me propose de me loger et me nourrir. Je suis décidé. Je quitte la maison. J'y reviens quand mon maître charron me donne un dimanche de temps en temps. Je fais le chemin à pied, heureux de retrouver ma mère et mon frère. J'apprends à travailler le bois de frêne, le meilleur pour fabriquer les roues. Je commence par les roues de brouettes. Il faut courber le fer au feu pour le cerclage des roues, maîtriser d'un bout à l'autre son ouvrage.

Les mois passent. Je fais des progrès, et à force d'apprentissage, je deviens maître charron à mon tour et songe à m'installer à Dunkerque dans mon atelier à mon propre compte. Là-bas il y a de l'ouvrage. Si je travaille fort, sûr que tout ira bien.

J'arrive à Dunkerque. Mon frère Albert me suit à quelques mois près. Il s'engage sur le port comme ouvrier. Je trouve un atelier à louer, j'achète les outils, je m'installe, je me fais de la clientèle et bientôt ma réputation de sérieux, d'honnêteté, franchit les limites du quartier.

Albert rencontre Adeline. Ils se fréquentent assidûment, le mariage est fixé. Adeline n'a pas de profession. Bientôt la naissance de leur premier enfant, Alice. Nous fêtons cela dignement, bière et tarte au sucre que ma mère apporte pour l'heureux évènement.

Je m'approvisionne en bois à la scierie de Monsieur Duval, ainsi qu'en fer dans son usine. J'y vais régulièrement, c'est ainsi que je remarque Marie-Gabrielle sa fille unique. Je lui fais la cour discrètement et cela ne semble pas lui déplaire. Je suis un fidèle client de son père et j'ai bonne réputation, une solide affaire. La charronnerie s'est agrandie, j'ai deux apprentis que je forme et l'ouvrage ne manque pas.

Nous nous marions Marie-Gabrielle et moi le 17 août 1891. J'ai 27 ans.

J'espère et j'attends avec impatience notre premier enfant. Mon frère a eu son deuxième, Albert, et je compte bien avoir une grande famille . 

Les années passent et nous n'avons pas d'enfants. Je travaille beaucoup et délaisse un peu puis beaucoup Marie-Gabrielle. Je rentre de plus en plus tard et la vie est fade, pas de rires d'enfants, la maison est triste. Marie-Gabrielle et moi aussi . Notre mariage s'effrite, Marie-Gabrielle passe le clair de son temps chez son père, elle prend part dans la gestion de ses affaires, et cette place devient au fil du temps  d'importance. S'affirmant comme son bras droit, elle déserte la maison de plus en plus souvent.

Un soir, Marie-Gabrielle me dit qu'elle veut engager une journalière pour l'entretien de la maison, son absence réclame l'embauche d'une bonne. Les jours suivants, des jeunes filles défilent à la maison dans l'espoir d'être engagées. Son choix est arrêté, une jeune fille de vingt ans, Louise, dont c'est la première place à Dunkerque.

Elle vient chaque matin jusqu'au soir, brique, range, lave le linge, fait les courses, tient notre intérieur, et bientôt investit la cuisine.

Louise a vingt ans, un visage aimable, gaie, son filet de voix envahit la maison. je rentre plus tôt dorénavant, et je réapprends à sourire comme avant, mieux qu'avant.

Je ne suis pas ce qu'on peut appeler un bel homme, je compense par mon allure et ma tenue vestimentaire, toujours un chapeau, un manteau de belle facture, tiré à quatre épingles pour mes sorties en ville. Je suis élégant.

Louise aussi porte chapeau, un chapeau bleu assorti à la couleur de ses yeux, et elle le porte bien. Chaque matin elle le retire et se met à l'ouvrage, et, le soir venu, le remet pour retrouver sa chambre en ville.

Un lien invisible bientôt s'établit entre nous, j'attends son arrivée avant d'aller travailler à l'atelier et rentre plus tôt le soir. Moi, immobile sur le pas de la porte,  je l'aperçois descendre la rue, tourner le coin de celle-ci d'un pas léger.

Je me surprends à imaginer descendre la rue à son bras, aller sur la jetée manger un cornet de frites au vinaigre et boire un bock de bière ensemble !

Nos liens s'affirment, et le jour où Louise m'apprend qu'elle attend notre enfant, une grande joie m'envahit. Je dois parler à Marie-Gabrielle, demander le divorce.

Le divorce est prononcé le 12 décembre 1898 après sept années de mariage.

Petit scandale dans le cercle étroit de nos connaissances, un divorce ! Une petite d'on ne sait où ! Le remariage du maître charron avec la bonne et enceinte avec ça ! Peu importe rien n'y fait, de ce cercle étriqué et courroucé, rien ne nous atteint, nous sommes heureux. Nous nous marions le 23 mai 1898 à Dunkerque, au printemps, peu avant la naissance de notre enfant.

Je loue une petite villa en bord de mer à Malo les Bains, quelques semaines avant la naissance, non loin des parents de Louise, Benoît et Joséphine. Louise se repose et profite du bon air de la mer, nous faisons de longues promenades sur la plage au grand vent.

 C'est une fille ! Alphonsine naît le 20 juin 1898 à Malo les Bains. Louise tient beaucoup à  lui donner son nom de famille, une victoire sur le destin ... Son nom  sera Debrock, Alphonsine Debrock, rien à faire pour lui faire changer d'avis. Je ne m'oppose pas à la décision de Louise. Alphonsine est déclarée à l'état civil sous le nom de Debrock.

Viendront trois autres filles, toutes nées à Dunkerque : Marie- Louise Anastasie le 24 juin 1899,  Yvonne Joséphine le 11 avril 1901 et Marguerite le 23 mars 1904. Elles porteront toutes mon nom de famille.

Noces de printemps, quatre filles de printemps, je suis toujours maître charron.

Mon frère a eu son troisième enfant, une fille, Adelina .

Nous sommes en 1925, nous vivons toujours à Dunkerque, 17 rue St Bernard en basse ville. J'ai soixante deux ans, je continue à exercer mon métier de charron, mais j'ai pris de l'âge et fatigue un peu plus vite qu'auparavant.

Nos filles ont bien grandi.  Alphonsine a quitté la maison depuis longtemps maintenant, devenue raccommodeuse en tulle, elle s'est mariée avec Albert Cocquelet, tulliste à Calais. Une famille tulliste de père en fils, son père Henri l'était aussi.


Ils ont trois enfants, je suis grand-père. L'aîné, Albert, est une forte tête, Yvette la seconde est vive mais sage et rêveuse, et la troisième la suit de près, Denise plus difficile à élever ; elle remplit la maison de ses protestations enfantines, indocile aux ordres, elle n'en fait qu'à sa tête! 

Ils iront tous trois à l'école et nous sommes fiers de nos petits-enfants.

Alphonsine a quitté sa place à l'atelier de tulle pour élever ses enfants, sans doute il en viendra d'autres.

Je délègue une part du travail à mon ancien apprenti devenu maître charron, mon égal dans le métier, et songe à me rendre utile, servir les citoyens de ma ville. Après la grande guerre, les besoins sont encore immenses, pauvreté, misère, réorganiser tous les circuits très perturbés de la ville. Du renouveau, de la vie, voilà ce qui doit advenir.

Louise m'encourage à suivre cette voie, elle a subi les privations et la rigueur de sa condition sociale, de sa condition de femme, ainsi que les pénuries et la misère de l'après guerre. Elle sait et espère que les choses vont changer, s'améliorer avec le temps.

 En mai 1925, je suis inscris sur la liste électorale de Monsieur Charles Valentin, avocat de profession, candidat officiel de la SFIO pour les élections de 1925.

Le 10 mai 1925, à la tête du cartel des gauches, il remporte les municipales et devient maire de Dunkerque.

 Monsieur le maire me propose un mandat de conseiller municipal. Proposé au conseil, le mandat est accepté.

Je suis nommé à la commission des finances, à la commission des travaux ainsi que délégué à l'office public des Habitations à Bon Marché : HBM.

Désirant me consacrer à mon mandat de conseiller municipal, je vends la charronnerie à mon associé, et pour un prix honnête, l'affaire est conclue. Une autre page de ma vie se tourne, une autre vie commence.

Dégagé de mes obligations  professionnelles, jouissant des revenus de la vente de la charronnerie, je vais m'investir pour le bien de tous mes concitoyens. Mais surtout les nécessiteux, tous ceux qui auront besoin d'aide et aspirent à la justice, à l' honnêteté, à la dignité. L'amélioration des conditions de travail des ouvriers, l'aspiration à s'élever dans la société, l'école pour toutes et tous, un jour de repos par semaine, un salaire juste.   

Lourde et rude tâche que je vais essayer d'accomplir au mieux. Un chemin long et semé d'embûches, auquel s'opposeront toutes les forces de ceux qui n'entendent pas céder ce qu'ils considèrent comme un dû, des privilèges acquis depuis des siècles sur lesquels ils sont assis de père en fils.

Il y aura de grands combats, des petites luttes pied à pied, des renoncements, des désillusions, des échecs, mais cela vaut la peine d'essayer, de s'y atteler avec constance.
















 




                                        

mercredi 1 février 2023

 


Il y a quelqu'un au loin

un geste là bas ,

le vent frise

et quelqu'un qui s'en va dans le silence de l'eau qui dort ,

le vent glace et s'arrime sur les herbes du chemin 

sur les doigts de ma main .

Il y a quelqu'un là-bas

qui passe et devine le soleil levant ,

la vague gonfle dérive 

elle chante dans la gorge des abîmes.

sous la lumière d'or qui allume 

chaque froideur du petit matin.


Il y a poussières des brumes des corps 

les cheminées des morts ,

les fronts mouillés vides ,

ls yeux gris des rôdeurs de l'aube sale,

les chairs qui se cognent sur le flanc de la coque ,

et quelqu'un est passé ce matin

quelqu'un chante 

il rame en sourdine 

il dérive au loin ,

il fredonne la chanson des noyés .







vendredi 11 juin 2021

 

Un petit homme de la lune

est passé dans ma rue

d'aucuns diraient un sélénien

d'autres un lunien

un homme de la lune

aux fesses rebondies

souliers vernis

crâne rose vif

un goût de printemps 

à l'aube sorti de son lit 

est passé dans ma rue

joyeux et sans ressentiment aucun 

la lumière serrée dans son iris

telle l'aiguille dans le chignon d'une jeune fille

tombée sur le chemin

la lune est là et commence le jour

est là et commence la nuit 

une houle de cheveux parfume le crépuscule

des embruns flottants dans la pénombre




dimanche 23 mai 2021

 


La rue est toute petite

calme et tranquille

un torchis de soleil

fait  tenir les murs

exquise lenteur

elle ne va pas plus loin 

elle s'arrête 

ne va pas au delà 

on ne sait pourquoi 


lundi 3 août 2020

Sona Jobarteh & Band - Kora Music from West Africa

Jardin de la nuit

Les mouettes sans bruit neigent dans l'azur 
frôlent la mer  

sourires dans l'écume ,

je la regarde s'endormir sous le duvet des oiseaux

j' écoute la pluie du soleil murmurer sur son sommeil 




samedi 11 juillet 2020



fleur noire de nuit
la lune fait le gros dos
des griffes dans mon cerveau
des fissures de pierres au désert de ma peau

jeudi 23 avril 2020

Au printemps, les chevreuils font une overdose de bourgeons euphorisants
Au printemps, les chevreuils font une overdose de bourgeons euphorisant

mardi 14 avril 2020


Une jeune abeille
s'est endormie
sur le bouton de fleur du cerisier ,
ivre de lumière , de grappes de vent ,
parfum de suc encore vert ,
son abdomen tigre monte et descend
palpitations d'air bleues et blondes
le matin en foulées de marée odorante




dimanche 1 mars 2020



L'oiseau picore une miette de pluie
blanc le ciel est silencieux
au bout du chemin
l'arbre aux yeux vert
s'étincelle d'un bleu levant
et voici que dans la bouche des bois
pointe la première dent
petite nacre sur le rameau du printemps
l'aube est là
le soleil écorche le mot fleur
et voici le parfum d'air
l'heure des éveils
et voici que dans la tête
roule la chair de la rivière
et les feuilles qui pleurent
une fenêtre sombre
d'où se décrochent les ombres
l'oiseau vole la lune
au vol
dans les cercles étranges de sa plume ,
sous les paupières de l'aube
la tendresse de la pluie
les nuages bohémiens s'ébrouent des vapeurs de la nuit
discrète éclosion
une bouche rose aux confins du ciel
et le chambard des oiseaux dévergondés
becs à becs
chamailleries glissades
scènes de ménages
bécots
demain ,
une cerise

mardi 8 octobre 2019

Histoire de la pluie




La pluie ronronne
elle rêve peut être
dans la marmite du coucher de soleil
elle habite la nuit
l'océan inconnu
une phrase du matin
elle rêve peut être

mercredi 18 septembre 2019

dimanche 7 juillet 2019


Il a plu
il va pleuvoir
tiens il pleut !
La pluie chante
dans la poussière de nos yeux ,
c'est le ciel
c'est l'océan changeant ,
c'est le vent aux pieds des sentiers ,
des plages de lune
des accents de soleil
des chants de dunes
des frissons d'insectes bleus
qui frisent les herbes
piquent les oreilles et
plantent dans la tête le vent des graines folles ,
tiens il fait nuit
sans l'avoir vu venir
elle est aux étirements d'écharpes de lumière
des grappes d'étoiles
tremblement de la peau de l'océan
sur un songe vivant sans tête

samedi 22 juin 2019

histoire de la pluie



Rigoureusement improductive
je laisse le soleil travailler les corps
les âmes si elles sont encore
et travailler les paysages à sa guise
de toute sa grande humeur .
Ne désespérons pas qu'il fasse bien son travail
un surcroît de zèle
qui donne à l'avenir des désespoirs comiques

jeudi 20 juin 2019

Histoire de la pluie



L'autre bout du monde
c'est l'odeur des chemins de terre
un rendez-vous
le lac sensible
dans le creux  du cou de l'arbre ,
j'ai volé quelque chose au soleil
une pointure de lumière
au secret des forêts ,
l'arbre n'a pas de pieds
mais des talons faisant les pointes émerveillés de ciel
des frissons de fièvres
des feuillues bleuets tendres
des noeuds  noirs d'écorce au ventre
au sang d'automne des entrailles de salamandre ,
l'autre bout du monde
la lenteur solitaire des chemins de terre