Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

samedi 14 avril 2012


L'oiseau s'est baigné dans les mimosas
il a éternué ,
 le mot libre ,  le libre mot
tous les papillons ont éclaté de rire
le grand aux ailes noires et sa bouche plissée d'ombre
le blanc qui songeait sur la quenouille
celui des étangs paresseux aux trompettes du muguet
le sautillant des bancs de bois
le charbonnier  en jaquette rouge
 le grand soleil de feu dans la nuit
un doigt sur les lèvres de l'aube
quartier d'orange la table où je mange
quartier de pluie
quartier de nuages
quartier de terre
quartier d'eau
les poissons le o de l'oiseau
les oiseaux le e  des voltiges d'eaux
la pluie n'est pas triste
les chevelures rousses du vieux parc
aux arbres offrent le soir
sur les courbes d'une phrase
je me voyage
je m'y habite
le pinson un géant dans une minuscule boîte
tout petit  bec sur le grand cou  du fleuve
les milliers d'oiseaux l'ont traversés

jeudi 5 avril 2012

                                   






                                                Un vieil homme s'assoupit dans un sourire
                                                   et le soleil s'endort sur sa joue

mercredi 4 avril 2012

Martha Argerich & Akiko Ebi / Ma mère l'oie piano à 4quatre mains M . Ravel /

 Pluie d'été
les passereaux volent le nuage
abonde les foulées de blé
dans le bosquet les écus d'or
les pouillots véloces
les trilles bleues dans les poches des gosses
carrousel d'eaux
écume de terre aux étriers
luette dièdres aigus
filets de pétillement citrus

dimanche 1 avril 2012

Les hommes sont cupides plus il y a de morts plus ils en veulent , Louise tu n'as jamais rien dit , il me reste ton prénom , Nise  tu n'as jamais rien dit, il me reste ton prénom, ma douce petite préserve toi du monde , les louanges et les médisances d'un panier à l'autre ,l'air est devenu irrespirable, nauséabond, et lorsque la mort devient prioritaire, urgente , obligatoire , organisée,et jamais au hasard ,sociétés répressives, celles qui cultivent brutalités, malveillances, jalousies, menaces et vengeances perverses, elles s'insinuent partout , les rues , les portes, les boîtes aux lettres, le visage, la façon de marcher, je ne peux pas même pas appeler cela la mort ,cela serait si raisonnable , le grand silence qui abat

vendredi 30 mars 2012

Ce que je suis , je le suis dans les petites choses ,et s'il me venait l'idée saugrenue  d'en faire de grandes je serais la première à me moquer et à me mordre de ma première dent , les grandes choses de l'enfance sont les petites du présent , si belles qu'elles ne tiennent pas dans ma main , mais les autres très occupés à dresser des autels à creuser des fosses, à faire des comptes.
 Quand je rentre dans mon tableau , les corps les visages, les fleurs les voix les chants les couleurs , les objets  , tout ce que je vois  j'entends sens touche , tout cela s'y trouve , tout est cela , tout est beau, bon , un vase dans lequel je peux vivre et mourir sans m'inquiéter de quoi que ce soit d'autre , l'illusion m'y apporte , l'illusion m'y séjourne , l'illusion m'emporte ,  l'illusion me ramène sur la rive,
l'illusion ou le rêve prends corps, un pays intérieur, sous la feuille une violette pas encore ouverte , dans quelques heures ou quelques jours elle s'ouvrira, elle dansera  dans la spirale du temps , elle chantera cristal une bohème de forêt, elle jouera toutes griffes rentrées avec un chat noir en fleurs , pas de querelle, pas de domination, pas d'épuisement , et si l'on dit de moi que je suis   ,ceci cela , cela  et ceci ne m'atteignent pas , donc je n'en parle pas .
Elle s'ouvre elle ouvre  elle danse  andante  elle chante elle joue , un pays intérieur qui rejoint un autre pays intérieur où rien ne se déchire, des papillons vibrants dans l'oeil du cyclone

mardi 20 mars 2012

Idir / Pourquoi cette pluie /

Lac

C'est le soir
les couleurs sont des nappes
ivoire et lait autour du ponton
perles de nacre sous l'oeil du soleil
qui perce la trouée de l'arbre rond,
des liqueurs d'émeraude
des flacons d'ambre où se fondent
des pupilles noires ,
la douceur de la terre
et le chant de l'air
me donnent mon nom,
un sourire fertile
une note claire
un feu d'eau,
c'est le vent qui grave la colline
de plumes d'horizon ,
c'est l'éclat d'un passage silencieux
d'un voyage bleu au bras d'une jonquille
la douce heure d'un soir sur mes bras qui s'incline
un éclat de paix qui chemine .

jeudi 8 mars 2012

Petit matin délictueux

 Des étoupes en bouquets la bacôve se fraie  un passage  dans  les  brumes du marais
                 le crapaud creuse et gonfle son coffre grave
 il chante a capella sous la voûte du saule  pleurant ses cheveux jaunes
                    il tape la terre talons pieds pointes ,                  
 un canard s'essouffle sur la rive ,
couché dédale sinueux où les roseaux pêchent la saillie du soleil  graciles sanguines d'eau,
                         houles de roselières valse verte 
             des viviers de flûtes d'insectes
                         des bois noyés
              les buissons épineux baies aux cils pruinés de feu
                                                     les arbres dragons géants sommeilleux
 des damiers de prés amortis de tourbe et de mousses charnues
             des boucles d'épis argentés,
                   des rubans, des fils de graines                   
                                      des triangles de pourpier
 des aiguilles de libellule piquent  l'onde endormie dans son long col d'aube
              une douce amertume de sel et de résine vient bercer ma tête
  la mer talons pieds pointes frappe la terre
                                un ciel chancelant une barque abandonnée
                       un dé de miel sur la feuille d'embruns ,
la matinée était déjà haute en lumière  , sans me presser, dans la rue longue un enfant chante dans  le berceau d'un rêve , il remonte la rue où la ville a disparu

vendredi 2 mars 2012

mercredi 29 février 2012

crépuscule

 De tortueuses argiles descendent  de la colline , un dahlia en jets sur les sombres verts,  rivière d'orpiment cordes basalte plissées , chuintement , l'eau glisse sur le silex anguleux  ,   le ruisseau  palpite dans les limons bruns  , petites gorges béantes  plus je m'éloigne  plus elles sont  lacs noirs , plus je m'approche elles sont pleines et ruisselantes grisées de bleu,   étrange beauté qui n'est pas un mot  , devenue   chair une joie profonde  ,  le ruisseau arraché de la terre et de la nuit pour rejaillir perles ,la chair d'un oiseau  tout chaud qui pique le doigt avec son bec et s'envole de la main, de l'arbre , une larme sillonnant les rides du visage,  je n'ai pas peur , je n'ai pas froid , la brise douce des feuilles, mon coeur n'est pas dissimulé , il est là dans votre main