Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mercredi 3 juillet 2013

( Sokolov - Schumann Sonata n.3 op.14


                                   










                                              Un morceau de planche
                                                    un bout de toile
                                                   un coin de voile
                                                   un boutre d'étoiles
                                             dans la parenthèse du soir
                                            des miettes de sable sur l'iris

jeudi 27 juin 2013

Une taupe la lune sur son dos
maraude dans la nuit
l'ombre qu'on n'enterre pas
luit au terrier
le vent s'est arrêté à la porte
luit à la masure
pose  la lune sur le bord de l'eau
le poisson à mains nues dans le reflet saisi
à peine une ombre la mélodie
un feu qui couve




Le Chant

Les voix  chuchotées dans l'obscurité des peaux tremblantes
des dents entrechoquées dans la ferraille
des doigts où glisse le sable noir
les voix aux bras tendus piquetés d'astres
une houle de voiles
un souffle d'étoiles ,
la voix un ciel une nage murmurée de battements de langue
aussi complexe qu' elle  soit , des parfums inconnus habités de peu de mots ,
les vents que je n'ai pas toujours suivi ,
sur le chemin parfois traverse la lune bosselée de foin ,
un pied nu ,
le jasmin monte sur la branche de l'arbre,
un papillon de nuit aux pupilles agrandies entre par la fenêtre,
de grandes plaines lacustres où s'éveille la ride de l'eau
à la brise dansante d'un  oiseau

lundi 24 juin 2013

Le Chant

L'oiseau ne chante pas pour moi
ne chante pas pour toi
il chante pour sa belle
il ignore ce que nous voulons dire
il agrandit la tache rouge  de l' aube
il frôle l'eau de son bec
filet de soie
viens avec moi sentir les ailes s'ouvrir
viens avec moi
son chant respire autant qu'il nous blesse
sous les fronts de neige et de douleur
il a posé sa gorge de soleil
sa goutte simple filet de lumière
jusqu'au bout de l'ombre
file les cordes de soleil
file sur la branche les chaumes de la lune













samedi 22 juin 2013

Le printemps ouvre ses fleurs rouges
allongées de sofa blessure bleue du ciel
lourde moiteur et l'arbre presque enseveli de fleurs
qui connaît mieux la mort
que de l'avoir serti aux écrasements de couleur de midi

dimanche 9 juin 2013

lundi 27 mai 2013

Claudio Monteverdi - Hor che 'l ciel e la terra -


Trois fleurs des champs
tiges coupées à ras
à hauteur de doigts
le sang blanc qui jute dans la main
trois fleurs des champs chantent  dans la main,
la terre boit ,
la seule aventure , l'écriture ,
point et  aux lignes  la lecture .

Et ces couronnes  de ruisseau
ces couronnes rouges et blanches de rameaux
lentement prennent le cheminement de l'eau

mercredi 24 avril 2013

Les oiseaux énigmatiques

 pluie
petite pluie de six heures
bouquet de muguet
palmes vertes
 laisser couler
le son du nuage immense gris

le son du silence sur  la main
le goût de la soie la taupe la patte glisse sur ma bouche
la suée de lumière  dans la fossette d'une feuille à terre
un bain de sauterelle
un tremplin d'herbes coques de graines saute- ruisseau
échafaudage de brindilles têtes de clous girofles

s'éveille  sur les heures incertaines
le chevalet est vide
petite pluie de minuit

le coléoptère grésille sur la violette collerette du ciel ,
peut être presque quatre heure , un haut rayonnage d'arbres ,
sommeil ouvert  petites fentes , tirelires d'hirondelles,

je suis  distraite
je laisse filer une partie de la journée
sans retenir le moindre mot de celle- ci ,

l'autre partie
il y a toujours de ces  midis
un sot une sotte pour laisser fuser un trait d'esprit ,


une phrase hésite une touche sur le piano
deux touches , la phrase se répète ,
hésite encore , l'oiseau hésite ,
la phrase , une note , une autre note ,
se répète monotone ,
tâtonne , chantonne , demi ton ,
et l'improvisation l'hirondelle s'envole,
la note incertaine
presque quatre heure peut être
sommeil ouvert
petites fentes ,
tirelire d'hirondelles
improvisation
une sauterelle prend son bain
la vitesse dans la vélocité de la lenteur du chat ,
pulsations au bord de la rupture,
mais je suis déjà morte
j'ai laissé quelque chose derrière moi
peut être une clé une porte, un corps oublié
dans lequel un coeur bat au silencieux
celui qui chante parce qu'il aime,

la fenêtre est ouverte
l'océan s'est retiré au loin
les oiseaux sont partis avec ,
ce n'est plus la terre  pas l'océan ,
étrange lisière des bords
calme oeil vert sur les éclats sableux
une allée mouillée de soleil,
il se pourrait chemin faisant de l'eau ,
d' arrivée avec la pluie j'arrive avec le soleil,
nuages changeant,  pluie d'été foisonnante
les oiseaux reviennent 
devant moi et même temps,
une touche du souffle des oiseaux énigmatiques.



mardi 23 avril 2013

L'échine penchée
arbre sous l'hiver.

La montagne plisse ses vapeurs
papier de vair,
le flocon ovale l'asphodèle,
pain noir
arbre crépite au crin de rousse,
les pistils des tulipes gousses sont en duvet
sous les aisselles des combes solitaires,
les planchers de glace
saisissent la veine du ciel fendue d'éclats de clippers,
les éclisses de la crinoline du soir
pique la fleur larme de réglisse à l'oreille.

Dormez vous, dormez
sabots de bois
sabots de feux
aux pieds des grands pins bleus
vous pleurez pleurez
birdy aux brins d'osier
os fêlés tissées d'ajonc,
arbres du regard entre les jonchées de solitude
entre les longères de pierres éboulis
entre les cordes des passerelles
où la brise rompt ses roseaux de pluie.

lundi 15 avril 2013

Fazil Say / Marche Turque / Mozart en raghtime






Fazil Say pianiste virtuose turc , condamné à dix mois de prison avec sursis pour avoir  affiché son athéisme, il s'était également moqué de l'appel à la prière du muezzin, citant des vers du grand poète persan du XIe siècle, Omar Khayyam.

Il est parfois dangereux d'avoir tort mais plus dangereux encore d'avoir raison 

Luciano Berio - Wasserklavier


samedi 13 avril 2013

Je n'ai pas bu trois verres de vin rouge,
je ne suis pas allée danser ,
j'ai l'air d'un crapaud pâté de vert
j'ai l'air d'un rien,
je m'endors à pas d'heure
et range mon coeur au frigidaire
et malgré le climat , il bouge, mais plus beaucoup,
j'ai mon âge d'enfant et celui du calendrier

Un poisson rouge monte le ton et
je parle le soir à mon ange ,
je suis un scribe inattendu,
attentif et silencieux ,
je suis sur la terre ,
 le ciel de l'enfance,
je suis un morceau d'ardoise grise ,
j'efface les majuscules de craie

Toujours assise sur le derrière
inopérante bipède
je regarde la pluie faire la pluie,
je suis comme le chat , tout confus, tout boulus,
je suis à la frontière,
j'ai baissé les armes ,
je suis partie chercher le pain
et je reviens avec la fièvre

Je cours au delà ,
je me rend invisible, impossible,
je suis désarmée ,
j'ai perdu la parole
je n'ai pas de patience pour les rêves,
je suis le déluge
il pleut partout,
je donne le change en feuilles de papier

Je suis dans le fil à conversation, et je laisse tomber ,
j'aime le ventre de l'océan,
je n'utilise plus le mot tranquille
depuis que je suis née hier,
je me perd dans les rues,
je suis la bouteille à l'envers,
je suis une boule de nerfs,
j'ai des douceurs à l'intérieur

Je n'ai pas bu trois verres de vin rouge ,
je n'ai pas de parachute ,
je n'ai plus de saisons ,
j'avais des élans , des candeurs,
j'ai des questions d'enfant,
je n'ai pas la raison,
je n'ai plus ma raison ,
je chante doucement

 Je connais des chansons
j'aime la mer déchiquetée de sel de rochers ,
de calme et de changeant,
j'aime la mer , les villes de fleuves ,
les longues rues où le soleil accroche ses souliers,
je n'ai pas la raison 
je n'ai rien d'utiliser

mercredi 10 avril 2013

Conversation sous les étoiles

un vieux très vieux cahier chuchote la pierre et le sel
des lignes serrées d'encre de seiche
 des marches blanches impalpables à son poignet léger
un vieil très vieil homme ne pèse plus sur la mer
il attend le vent le  vieux vent
une ancienne boussole dans ses mains décharnées

j'écoute le vent
le dessillement des paupières de la dune
l'alouette grisoller
la feuille filant au ruisseau
le soleil sur la pierre effleurer
la nève  bleu gracile  la ligne de mer

il ne pèse plus  sur la mer
j' entends le vent se confier juillet de pluie de fleurs
le long du grain du bois s'épancher flottantes,
délicates tempes argentées de lune


mardi 9 avril 2013

chambre noire

ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux  ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur  sur cette ville tendre
cité aux murs rougis de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire
l'offrande de la blondeur sur la nuit d'océan

chambre noire

ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux  ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur  sur cette ville tendre
cité aux murs rougies de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire