Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 25 octobre 2015

jeudi 10 septembre 2015

samedi 5 septembre 2015



Tu peux broyer mon poème
tu peux le voler
il a brûlé il y a longtemps
un petit feu de prairie pris
par le vent de la bouche des enfants ,
leurs mains ,  des caches en avant de leurs joues parfumées
de grands herbiers de couleur , leurs mains en soufflet de chair ,
les ongles noirs de terre ,
les herbes de peu ,
les restes d'un feu .
Les yeux de la mort
l'ont caressé bien avant que tu t'allonges dans ton lit ,
caresser l'hiver comme un vieux chat pelé  ,
l'éphémère préféré à la boutique installée ,
les oiseaux des marées
ont déchiré et ouvert les paupières ,
carnassiers des rêves , arrachés à la nuit ,
jaillis insoumis ,
sur l'épaule un doux brasier de neige vient flocons
légers , fondre dans la main les soies
cendres blanches de l'été .

mardi 1 septembre 2015



C'est le soir
les couleurs sont des nappes
ivoire et lait autour du ponton
perles de nacre sous l’œil du soleil
qui perce la trouée de l'arbre rond,
des liqueurs d'émeraude
des flacons d'ambre où se fondent
des pupilles noires ,
la douceur de la terre
et le chant de l'air
me donnent mon nom,
un sourire fertile
une note claire
un feu d'eau,
c'est le vent qui grave la colline
de plumes d'horizon ,
c'est l'éclat d'un passage silencieux
un voyage bleu , au cœur léger bouton d'une jonquille ,
la douce heure d'un soir sur mes bras qui s'incline
un éclat de paix qui chemine .


Dans le sommeil des pierres je dors ,
l'abeille
de la bouche de l'arbre est tombée
poudre de feu
la chute de sable sur l'air
un pan de noir
le jaune resplendit
du ruisseau à la  nichée des rouges capucines .


Léthargie entre les lèvres de l'après midi


Et moi je n'ai rien dit
quelque chose que j'ignore
et que j'écris comme l'insecte
qui déplie les lobes du cœur de la fleur
tactiles pores odorantes , aiguillée de drapière ,
l'ensoleillement ivre et étrange
dans le silence des pierres
la solitude du soleil .


dimanche 26 juillet 2015






Calme  remontée d'or , le sable bouge amasse brise,
embrasse plisse ses rubans froids ,
épouse les chevilles de graines mouvantes d'océane  ,
cordelettes et bracelets de soleil ,  pierres , foulées de vent ,
étreinte pointillée de temps , neige bleue ,
ma toute pleine moire étamine chantée
de toi , de moi et de chants de trépas
poussés par la marée nocturne,
j'entends se gonfler le vent ,
c'est la fougue de neptune
qui creuse les failles de nos peines .
Cette nuit, la bonne idée ,
mon cœur , ma toute belle
j'ai marché vers toi , vers la mer
fontaine de baisers ,
des perles fragiles colliers
au cou des serpentins de lune ,
chaque fois , s'immiscent
ta voix et  l'espace frais d'un noir étoilé
la belle idée d'être deux ,
mon cœur d'argile , ma toute belle échappée ,
la traversée de lumière

Ron Carter / Where ? /




lundi 13 juillet 2015



L'herbe  pauvre et la pierre
sèche rongée d'ocre et de rouille
à l'orage mousseux d'encre et au soleil noir
couvent les sols de l'aube humectée d'océan
un fil de cerf volant bleu
la peau du cœur effilée par l'étoile du couchant
l'églantine rosée à peine d'elle  une bouche humide
là  aperçue moire ,  voici le tremblement de l'été ,
la saison habite dans la tête
les épaules s'arrondissent
le dos pétri de terre et de soleil
les pieds prenant l'eau
comme le saule boit au ruisseau ,
boire à la bouche et au souffle

vendredi 3 juillet 2015


Moi à quatre heures , j'archine une bonne tartine,
à cette heure du corbillard ,
l'estafette ,
savez vous ce qui rend la vie ?
J'archine une bonne tartine  et je bois un demi .

Mi à quatre heures, j'archine eune bonne tartine,
  à  ch'theure du corbillard ,
l'estafette,
savez -vous ce qui rend la vie ?
J'archine eune bonne tartine I bot un d'mi.








vendredi 26 juin 2015



Les nuages sont blancs comme la neige aux yeux
les alouettes grisollent dans le vert joyeux
les alouettes sont heureuses , les enfants aussi et ne le savent pas ,
une poire que l'on mange  ,  les orteils  qui pianotent dans le ruisseau ,
l'été blondit dans  les renflements et rafales des blés ,
toucher le soleil  de la plante des pieds
dans la poussière de la terre chaude ,
sur la pierre brûlante du chemin                      un bout de peau rouge écorchée ,
toucher la pluie dans l'égouttement des trilles des oiseaux  ,
sur la bouche assoiffée d'un enfant  ,
l'air dans le trouble miroitement de la mer ,
                                        sur l'immobilité d'une coccinelle ,
toucher l'été dans le battement de tempe d' une filée de sueur ,
les cordelettes irisées serrent le cœur , le font battre
une grève dégingandée de joies  ,  un corail de sanglots ,
et que l'été les entendent
et que l 'air le soleil et la pluie l'offrent à la chanson du vent  dans les feuilles ,
aux tristesses des joues roses d'une fleur
à son dernier regard ,
des petites poussières dans l’œil



jeudi 25 juin 2015

vendredi 19 juin 2015


Je sais qu'elle est là
le son est absent
je n'entends ,
je sens ,


C'était tout blanc
blanc
tout blanc de neige
c'était la neige ,

c'était  tout gris
gris
tout gris de bavures et d'ornières
c'était le gris ,

c'était tout pluie
palpite
tout palpite de pluie ,
c'était la pluie ,

petites perles de colliers carillonnent
sur la gorge ouverte des chemisiers d'herbes ,
c'était les beiges les jaunes les verts ,
c'était le printemps à la va -vite de la linotte rouge
le coffre ventru des rainettes
les œufs mimosas des oiseaux
les clartés tremblantes des reines des prés ,



c'était tout vent ,
vent
tout vent de mer
c'était la mer ,

tout océan , tout vert ,
blanc cracheur d'écume , gris pluie les beiges les jaunes les clairs ,
les bleus des ornières , les noires baleines de pierre , de chair ,
les serpents bruns de soleil , les peaux roses du ciel ,
se sont ouvertes les ramagées d'alouette
au soleil mordoré à mi-voix les fredonnant  tendrement ,
les odeurs touchent terre à vent d'abeilles de suie noire et d'or ,

tout océan
poissonneux d'argent dans les trouées de nacre du soleil ,
tout océan gonflé de bonté et de colère

jeudi 18 juin 2015





 Je le distingue au loin quelquefois , une fuite de nuages à l'horizon mon pas semblant s'éloigner de lui , au détour du chemin il parait plus proche, niché entre deux seins de dune, mon pas est calme je le laisse prendre possession de moi , il marche en moi , et je vais vers lui , je lui parlais , je lui parle  mon pas en lui , c'est moi, je suis là , je suis venue , je suis revenue.
Et là à l'immensité du monde , d'une patience éternelle, nous nous sommes traversés, nous regardons enfin.
L'océan est vague
il sue et fatigue ses gris
la bruine est diaphane
un oiseau danse dans le vent
l'oubli du temps des minutes et des heures ,
jusqu'à la fin ,
le vent de serpentins dans mes cheveux se perd ,
l'oiseau vague s'étend et Mozart  traverse l'âme

mercredi 17 juin 2015



La limace orange s'est pris les sinueuses salives
dans les yeux mauves des fougères ,
une famille de chenilles baguenaude sur les  cumuloninbus du pré ,
c'est le jardin où l'ennui goûte l'après midi
d'un doigt de livre ouvert
sous l'ombre de l'arbre qui monte la lumière
jusqu'à la houle du ciel




Quartier désert
où se perdent les pas,
le long du fleuve serpente
le quartier de lune
qui  pêche et braconne en douce
au fil de l'eau,
fil de plomb,
fil du rasoir,
fil de soleil,
quartier d'orange la table oubliée
quartier de ciel tendre
sur le carré de la cour grise,
quartier désert
quartier de mer pêcheur d'écume
quartier libre qui  laisse sur un fil,
Paris est vide .


Sur la pointe des pieds un arbre
le mieux est de ne pas élever la voix
Paris est vide,
des robes dans les vitrines
peau de solitude
la nuit  passe entre deux fuites de nuages

mardi 16 juin 2015



Un arbre au milieu du fleuve , c'est la maison ,
un frottement d'épis de blé dans les mains , c'est la maison ,
un chapeau sous le soleil
la sueur et la pluie ,
une mer de hautes herbes
terre et pierres ,
c'est la maison là , d'ailleurs , et jamais ,
au loin les collines bleues tournent leur visage à la nuit ,
tout noircit des respirations du vent ,
abandonner les mots , férocement , c'est la maison ,
la chair la morsure  le silence
à la porte des sables et de l'océan saillant
à la portée de la main qui songe ,
et que la main se pose ,
la maison  là où il n'y en a pas ,
là , d'ailleurs et jamais ,
à la portée de la main qui songe