Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 14 février 2016






Un temps à ne pas mettre un soleil dehors
et le vent se lève
aller loin aller loin        étirer loin
le soleil s'est endormi dans un coin de la chambre
la tête sur les mains


It's a rain
my babe
une souris grise matin soir ,
une peine qui sourit sous les arbres
une lune pleine de hasard

une boule de poussière
vue du ciel qui nage dans le noir
it's a rain
une graine qui se noie
dans l'océan d'oubli

pas de bruit
my babe
le soleil dort l'haleine
sur la mer tranquille
se noient des naufragés fragiles

c'est la pluie en dedans
qui roule sur les toits
une boule de poussière
vue du ciel                 minuscule voyage
qui nage dans les ombres bleutées du soir

s'éclate sur la torche du soleil
it's a rain in the rain
my babe
il n'y a pas d'ailleurs
juste là

le soleil la tête sur tes mains
la forme de ton sommeil dans le parfum frais d'une poire
dans un coin de la chambre la peau tavelée éphélides de lumière
voir juste là tes mains et doigts tremblants pépins d'étoile
et le miel blotti  it's the rain sur ta nuque d'ivoire

disparaître dans la poussière et les éclats de couleur
dans le tamis des heures et des lettres
ce que les mains voient lisent        passent les échos clairs
vivent     meurent
et tout bas au bord des ombres
dans la nuit et la venue de l'aube

paginent le fleuve






samedi 16 janvier 2016



Il ne fait pas printemps

l'oiseau roule les r de l'hiver

le ver  à soie enroule ses ailes

de maigres rayons de soleil


                                               macération de nuit


la rivière grise charrie le roulement du temps

pauvres hères à claire-voie

les arbres se serrent au mitan du grand bois

de la douceur


un grand tremblement

bientôt muet le ciel et sa lune d'argent

imperceptibles écumes

mon cœur est-il là


cœur est là

mon cœur n'est pas là

dans la nuit

cœur est là


le premier souffle

aux lèvres de silence

enfilades passages portes

visages corps perdus


la lune d'argent

l'haleine du temps

point noir

point blanc


le papillon prépare son envol

salives peau et chair

pelote de sucs anneaux ocelles

œil boulier de ciel


                                                   macération de nuit


le monde est beau , vaste , le monde est méchant  ,  petit   ,   absurde étroit et dégoûtant  , pleutre
 et les roses sont déjà ouvertes .

Raconte moi son histoire , dis moi ce qu'il a vu ce qu'il a pu  ,  je resterais comme une lanterne sous la pluie , toute la nuit , toute la vie , seule sous la pluie d'écume .

Dis le moi  .
Dis le moi chante -le
à la pointe de l'aube
au parfum des herbes sous le soleil
dans la floraison dis moi
et s'émerveille .



vendredi 8 janvier 2016

lundi 4 janvier 2016

Schubert / Sonate piano D.960 / Richter .



Nuit d'été

                                                             







                                                           

                                                   Wols    / Aile de papillon  /




Nous ne savions pas encore
sous les étoiles chaudes de l'été
nous ne savions pas encore
nos douceurs fragiles murmurées
nous ne savions pas encore
sur cet îlot d'éternité
des cœurs immobiles coulaient chantant ,
que tout allait se glacer
jusqu'à l'aube indélébile
que même la mort sur nos lèvres closes
et dans nos corps souriaient des dentelles
nous ne savions pas encore
sous la parole des tilleuls ,
ce frais parfum d'étole petites dents de feuilles
ce doux chant de nos corps
ces nuits où nous marchons parlant le cœur imaginé
nous nous inventons les mots secrets de la rencontre
nous nous buvons des yeux créant  nos bouches
nos mains que nous n'osions toucher ,
sur cet îlot d'éternité  les chairs bouleversantes ,
les mots enchantés ,
c'est un beau matin d'été
un pigeon fredonne dans la poussière ,
c'est un beau matin d'automne


mercredi 30 décembre 2015

mercredi 16 décembre 2015

mardi 1 décembre 2015

Et Louis !





Marie-Rose avait des fesses énormes
sous sa robe elles tremblaient comme un rire
se répercutant comme une ondulation birbes cascadeuses ,
les enfants du hameau la poursuivaient
jusqu'à la petite prison désaffectée
où elle avait pris domicile d'emblée.

Là où l'envie la prenait
elle pissait debout les cuisses écartées
levait sa robe, dessous deux grosses poires mûres.

Je retrouvais cet éclat épanoui
le jour où je vis louis
la bouche géante ,
le jazz , les fesses de Marie -Rose sur son visage,
énormes, le joues pleines de noyaux de pêches et de jus de trompette ,
un tremblement de terre au village à la sieste suante .


L'après midi finissante
les cailloux frais dans la main
j'allais les jeter contre la porte de la prison
Marie-Rose regardait par le judas rouillé
ses yeux comme un bandeau blanc,
elle m'ouvrait
l'odeur des cailles aux fruits sauvages
dans le pot chaud ronronnait,
doux tumulte ,
nous buvions du jus de cassis,
du vin nouveau et du vieux ,
tout ce qui enflammait la gorge , la poitrine et le ventre ,
de jeunes pommes au gosier béant ,
et tout le reste je m'en bat les cils ,
le cœur au bord du tien
nos solitudes au lit d'océan ,
aux feuilles d'été , au léger murmure dans les branches .

Les mêmes des nuages ,
les mulots glissaient leur pointus sous les meules sèches ,
les chaumes écrasés de soleil
nous mangions les oiseaux des yeux
siestant une mort savoureuse ,
les mêmes des nuages passant
nos solitudes au bord du vent


Je rentrais au soleil frisant la plaine
océan de terre vague ,
retardataire ,
je n'avais pas faim
immobile au milieu de l'allée
je faisais pipi tout debout
les cuisses écartées,
levant ma robe,
je poussais la porte de la cuisine et j'entrais.

lundi 23 novembre 2015

A . Vivaldi concerto mandoline







Un pas de porte
qui sent la craie chaude et le lilas mouillé,
un seuil disjoint accroche
mes godasses d'enfant effrontée ,
au mur des nids de fleurs fanées
ça et là, les couleurs se désaccordent ,
les vignes sauvages et les herbes folles ,
les herbes de peu
lézardent les pierres usées ,
je plie un peu les épaules ,
pour l'ombre sous le porche
je plie la pénombre en traits de papier sur ma joue ,
l'éclair doux
de milles soleils en particules
une langue épanouie qui fleurit
la dalle abandonnée.
Un serpent de poussières
et  pépites de comètes
danse sur la pénombre qui est partout chez elle.
Un pas de porte ,
bouche de silence animé de lumière ,
je plie l'ombre dans ma poche
ici où tu es là où tu n'es pas
soleil tu viendrais danser sous les arbres
avec le ruisseau du sous bois
avec ce qu'on apporte et emporte
ça et là  ,
les violets chardons de fleurs poussent la porte ,
va va  ,
piquent et gonflent la marée des oiseaux sémillants ,
le soleil neige lentement
un ruisseau d'oiseaux
et soulève légère l'écharpe du chant ,
va va  ,
petits corps chauds de rubans , frêles rameaux naissant ,
petites broussailles solitaires de l'aube ,
tout ce silence frôlé sur les hanches parfumées des branches fauves ,
ce blanc brûlant des roches .







lundi 9 novembre 2015



Automne

s 'est posé sur la peau nue des prés

les feuilles tapissent le fond des yeux

le ciel se taille les veines et sue de bleu

un bandeau d'or ceint la rondeur de la colline

déjà la fumée blanche noue ses nids sur les branches

voltes des pistils  de neige sur les fagots noircis

des liures de mains tordues oubliées en silence

des hanches de parfum

la neige fleurira ,

automne

tu viens dans ma tête

d' étirements de miel

sur les flancs du chat blanc ,

du fard brûlé des yeux noirs aux ramures dégarnies ,

aux volutes des danses et des chutes du temps ,

au vent du soleil roux inondant l'océan

l'ombre de la  tristesse s'allongeant pour y boire

le soir le soir , le soir  venant

le cœur y bat  pourtant

nage chante et sourit à la beauté  .










vendredi 30 octobre 2015




    Ensoleillé , blush , ciel bleu doux , quelques voiles nuageuses diaphanes étirées  , une ombre de sommeil au bord des joues , je baye aux corneilles , l'air est pâle , folâtrant à l'océan les vagues pensées , floches , flush éparpillé  ne s'arrêtent en aucun lieu , pivoines tombantes au vase teinté d'eau   .

jeudi 29 octobre 2015

mercredi 28 octobre 2015



Les nuages glissent dans la maison en ruines
par le toit à ciel ouvert
sortent en fleurs par la porte
rien n'a bougé ,
les vieux stucs brûlent sous le soleil ,
les anges polis en serre-livres
sur le chemin éboulé murmurent ,
leurs lèvres verdies d'insomnie se taisent ,
peindre les sons
les petits oiseaux  du bec
pincent les nuages , des miettes d'aube dans le jabot ,
picorent les poils du pinceau,
le chant tôt tournoie , pique une tête et dare-dare
nage et prend la vague  au grain de la peau ,
les bouches de terre de sil et d'eau
une fugue de mots sur les claviers stellaires
la nuit la nuit par le toit les jours à ciel ouvert ,
les voix tendrement dans les rougeurs du crépuscule
s'ébattent joyeuses entre les pattes de l'étoile du chien mouillé






dimanche 25 octobre 2015

jeudi 10 septembre 2015