Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

lundi 7 mars 2016

Schumann / Radu Lupu /





Réveillez vous
ma sœur ma fille
j'ai dormi dans la cendre
réveillez vous j'ai dormi
sommeil vivant
réveillez vous
la porte est un réveil
un sommeil
je pose le pied
la terre tremble

la pierre a bougé
mille visages harassés
la pierre est vivante
les yeux sont ouverts dans la nuit
un commencement

dimanche 6 mars 2016




Les mers ,
chanteuses du bois rude roide des vagues
clameurs des cernes violettes du soleil en gerbes,
dormeurs des passages,
écraseurs de crabes,
haleine des rousseurs de blés
conque là-bas déchirée d'îles vives d'arêtes ,
ronde brisée de sel,
cristal chaviré de pleine chambre rouge
là-bas terre où les hommes vivent,
murènes aux lèvres , chantres de ventres affamés,
l'oeil percé de solives liquides levées de colonnes
les dos adossés aux collines ondoyantes d'or et pain brûlé,
bouillons  d'écume aux cieux mascara d'inconnu,
puits d'étranges odeurs
où les jeunes étoiles étincellent de grappes d'acrobates
tombent leurs cheveux  à la renverse en pluie tressée de houle et de vent
jeunes éclats noyés au lointain des ressacs
salives percutants la nuit



Chanteurs du bois des vagues, les cernes violettes du soleil tombé, dormeurs des passages,écraseurs de crabes, haleine des rousseurs de blés conque là-bas déchirée d'îles vives d'arêtes , ronde brisée de sel, là-bas terre où les hommes vivent.

Purcell / Alfred Deller /





samedi 5 mars 2016



 


Je te raccompagnais chez toi
et chez toi
tu me raccompagnais chez moi
et chez moi
je te encore
et tu me à nouveau
encore à nouveau à nouvelle
à pied à lune à nuages et ritournelle
à pas à conversation à chemin de soleil
je te raccompagnais chez toi
et chez toi
arrivés tu me raccompagnais
je te
tu me
toi -même un peu
moi- même un peu
raccompagnés
soi même lointain
en silence parfois autour d'un verre
dans un vieux bistrot italien qui poussait la chanson
par petits bouquets de fleurs de papiers
humé les effluves vagabondes de la Seine
au noir , au gris , au vert ,
aperçu un oiseau au rouge pudeur sur un bout de pont ,
des fenêtres , des chemises accrochées de saisons ,
ainsi nous avons fait le tour du quartier
le tour de la ville
le tour du pays
le tour de la terre

O solitude
nous-même un peu  ,  un souffle
où nous avons jeté nos cœurs ouverts avec douceur

Coleman Hawkins







Le ciel est rose

ose ose       ose

le cueillir

avant la fuite


les arbres sont restés blottis
au bout du doigt un écureuil bondit
une finesse inattendue
traverse tendue dans l'air

langue étrangère

j'ai  rêvé

seule         la mer

la mer est rose

j'ai rêvé seule




jeudi 3 mars 2016




L'incessant grésillement des insectes
broutant les herbes
grognant sur les écorces
broyant les miettes
suçant les sucs
frottant les harpes épeires
frôlant les sucres miel  et les épices des menthes
traversant l'air de bourgeons tendres
feuilletant nos nuits de livres vivants
et s'élance

que peut être l'étoile
se poudrerait le visage de la rumeur invisible
le couchant du crépuscule
où crépitent les champs
où chantent les ruisseaux de solfèges minuscules
le ru court sur les pierres brunes
canicule blonde de la nuit
virgules vertes velues de chenille
la guenille vidée d'un papillon


elle s'endormirait noircie d'ivresse
sur le ventre blanc dodu de l'aube
dès potron-minet d'innombrables cochenilles
à la portée d'une escarcelle légère
une motte de terre
une rose de vin nouveau
un brin de bleu
une  échappée de fourmi
des heures de douceur
la peau du monde sur la langue


vendredi 26 février 2016



Herbettes herbettes et culs de canard
lentilles d'eau
dégoulinent dans les oreilles
le vent est tombé
une pierre
dans la verdeur de la mare
les longs cheveux de l'air
éclaboussés
le corbeau court sur le toit de l'arbre
et s'envole haut noir
l’œil taché
de  nénuphars sauvages

dimanche 14 février 2016






Un temps à ne pas mettre un soleil dehors
et le vent se lève
aller loin aller loin        étirer loin
le soleil s'est endormi dans un coin de la chambre
la tête sur les mains


It's a rain
my babe
une souris grise matin soir ,
une peine qui sourit sous les arbres
une lune pleine de hasard

une boule de poussière
vue du ciel qui nage dans le noir
it's a rain
une graine qui se noie
dans l'océan d'oubli

pas de bruit
my babe
le soleil dort l'haleine
sur la mer tranquille
se noient des naufragés fragiles

c'est la pluie en dedans
qui roule sur les toits
une boule de poussière
vue du ciel                 minuscule voyage
qui nage dans les ombres bleutées du soir

s'éclate sur la torche du soleil
it's a rain in the rain
my babe
il n'y a pas d'ailleurs
juste là

le soleil la tête sur tes mains
la forme de ton sommeil dans le parfum frais d'une poire
dans un coin de la chambre la peau tavelée éphélides de lumière
voir juste là tes mains et doigts tremblants pépins d'étoile
et le miel blotti  it's the rain sur ta nuque d'ivoire

disparaître dans la poussière et les éclats de couleur
dans le tamis des heures et des lettres
ce que les mains voient lisent        passent les échos clairs
vivent     meurent
et tout bas au bord des ombres
dans la nuit et la venue de l'aube

paginent le fleuve






samedi 16 janvier 2016



Il ne fait pas printemps

l'oiseau roule les r de l'hiver

le ver  à soie enroule ses ailes

de maigres rayons de soleil


                                               macération de nuit


la rivière grise charrie le roulement du temps

pauvres hères à claire-voie

les arbres se serrent au mitan du grand bois

de la douceur


un grand tremblement

bientôt muet le ciel et sa lune d'argent

imperceptibles écumes

mon cœur est-il là


cœur est là

mon cœur n'est pas là

dans la nuit

cœur est là


le premier souffle

aux lèvres de silence

enfilades passages portes

visages corps perdus


la lune d'argent

l'haleine du temps

point noir

point blanc


le papillon prépare son envol

salives peau et chair

pelote de sucs anneaux ocelles

œil boulier de ciel


                                                   macération de nuit


le monde est beau , vaste , le monde est méchant  ,  petit   ,   absurde étroit et dégoûtant  , pleutre
 et les roses sont déjà ouvertes .

Raconte moi son histoire , dis moi ce qu'il a vu ce qu'il a pu  ,  je resterais comme une lanterne sous la pluie , toute la nuit , toute la vie , seule sous la pluie d'écume .

Dis le moi  .
Dis le moi chante -le
à la pointe de l'aube
au parfum des herbes sous le soleil
dans la floraison dis moi
et s'émerveille .



vendredi 8 janvier 2016

lundi 4 janvier 2016

Schubert / Sonate piano D.960 / Richter .



Nuit d'été

                                                             







                                                           

                                                   Wols    / Aile de papillon  /




Nous ne savions pas encore
sous les étoiles chaudes de l'été
nous ne savions pas encore
nos douceurs fragiles murmurées
nous ne savions pas encore
sur cet îlot d'éternité
des cœurs immobiles coulaient chantant ,
que tout allait se glacer
jusqu'à l'aube indélébile
que même la mort sur nos lèvres closes
et dans nos corps souriaient des dentelles
nous ne savions pas encore
sous la parole des tilleuls ,
ce frais parfum d'étole petites dents de feuilles
ce doux chant de nos corps
ces nuits où nous marchons parlant le cœur imaginé
nous nous inventons les mots secrets de la rencontre
nous nous buvons des yeux créant  nos bouches
nos mains que nous n'osions toucher ,
sur cet îlot d'éternité  les chairs bouleversantes ,
les mots enchantés ,
c'est un beau matin d'été
un pigeon fredonne dans la poussière ,
c'est un beau matin d'automne


mercredi 30 décembre 2015

mercredi 16 décembre 2015

mercredi 2 décembre 2015