Tiens il pleut
Tiens il pleut
lundi 1 avril 2013
| La fontaine des livres à Rome |
Dans la chambre de verre
la lune éclaire
à l'écart
un musoir
je peux fermer les yeux et voir
les nuages
Nuque inclinée
Pudeur de lumière
Corps de bandeaux
Un jeune cerf boit
Le fleuve pagine l'eau
Je peux ouvrir les yeux et boire
à l'écart
le musoir
la lune éclaire
dans la maison de verre
les nuages
vendredi 29 mars 2013
le pinceau à la bouche
Petits colliers de landes de coquillages
mouchoir de sable
je suis partie à la pêche
le fleuve et ses charmes moustaches d'oiseaux
des lagunes de hautes herbes
ses foulées de pierres
la plage la mer
la ligne d'algues violettes sous l'aube
double écluse de fleurs
des pupilles jaunes battent dans la brume
le flot mélèze
un chant
une ligne de crayon
un trait de peinture danse
un chant
une lettre
un mot
mouchoir de sable
je suis partie à la pêche
le fleuve et ses charmes moustaches d'oiseaux
des lagunes de hautes herbes
ses foulées de pierres
la plage la mer
la ligne d'algues violettes sous l'aube
double écluse de fleurs
des pupilles jaunes battent dans la brume
le flot mélèze
un chant
une ligne de crayon
un trait de peinture danse
un chant
une lettre
un mot
mardi 26 mars 2013
B Marcello,A Corelli,2 Oboe Concertos I Solisti Veneti,C Scimone
Aller à Venise , c'est aller à Venise ,
rêver de Venise , rêver Venise c'est y être .
Les choses , les villes , les rêves , les hommes , les femmes , ne sont jamais là où nous croyons qu'ils sont ,
y aller c'est déjà revenir ,
la musique est là pour nous la rappeler , rêve jamais tout à fait fini , pas achevé ,
destination inconnue , la mer et ses bras de navires , écrire .
Terre en mer
mer en terre
Venise rêvée
le rire de Venise lorsqu'il sort du tableau et lorsqu'il y retourne
les rires
des rires
pas un pareil
mais tous ne savent pas qu'ils sont là
amour de la poésie
Nous y verrons une madone à la table d'une trattoria buvant un café , échappée de Rome d'un tableau de Raphael Sanzio , Ingres passant le temps à peindre une autre sur l'épaule de Raphael , lui même peignant son auto portrait , des petits anges espiègles faisant des ronds dans l'eau du canal et Canaletto rencontrant une jeune étrusque à la porte d'un palais secret , un jardin égyptien où les morts somnolent à l'ombre d'une église.
Un vieux savant vivant pour les étoiles , des marauds qui coupent les bourses des passants , les marchands discutant âprement , Michel Ange , Le Pérugin , nous parlerons à tous et chacun se reconnaîtra en cette passante , ce passant , des drapes de bouquets et des ensoleillements subits, des bruines qui font briller les coupoles , un vol d'oiseaux , des églises à l'heure la plus chaude où je m'assieds au frais , la musique , la lecture et la fenêtre de la porte où je les vois tous passer comme des anges clandestins qu'ils sont de la renaissance multipliée par autant de portraits de madone qu'ils ont aimé , autant d'hommes qu'ils ont aimé .
Ils les ont peint et ils sont là à Venise , le bras à la fenêtre , Le Bernin et ses statues marchent dans la rue.
Inexplicable , la nécessité est intérieure .
Auto portrait / Raphael Sanzio /
![]() |
| La Madone Sixtine |
![]() |
| Détail de la Sixtina |
![]() |
| Ingres / portrait de raphael / |
mercredi 20 mars 2013
Une voix blanche
J'ai échafaudé un igloo de livres, il est là, trépied de sang sombre pantelant,
dressé une table abondante de sucs de viande, de caramel roux, de rôtis
dodus à la ficelle, de troupeaux d'oies qui cacardent et blondissent
sur la braise tendre, vasques de fruits opulents, des crécelles de fous
aux chapeaux emplumés de cailles vivantes,délicates, dodelinent de la
tête.
Dôme transparent roucoule de brunes peines,
flambeaux cirés de givre,
les mots prennent le goût de la neige exquise et le feu des marquises de gel ,
l'haleine bleue des pages cylindres enluminés à la taille ceinte d'orfraies dénouées souffle les phrases ,
aurore nuit soir enturbannés de boréales et d'orphéons, pincée d'or et de raisins,
feuilles éparses que rien ne rassemblait
feuilles que tout rassemble dans la vague déferlante,
autant que l'arbre déployant l'espace entre deux chants,
il faudrait toujours pleurer de joie, vaines sont les asséchées,
embrasser les suées sur la tempe douce de l'enfant endormi,
le rai de lumière qui coule sur sa joue,
sa main qui bouge, son nez plissé, sa moue de grâce et son rire fuselé,
ses bras qui s'ouvrent et son sourire au bord des larmes
il entend le silence de la musique monter , l'allégresse ,
simple pas, se quitter avant le matin ,
se quitter transparent avant de se connaître,
sans hier et sans demain.
Une aube d'igloo, un lac enflammé de pivoines où les patineurs tracent les cercles de l'univers
dans un jaillissement neuf.
Les pingouins ont revêtus leurs fracs blancs manteaux
sur leurs épaules la lumière brille, noire.
Cela ne tient à rien, l'allégresse.
Le bol de lait caillé immobile et songeur
où nage une baleine près de l'iceberg ensoleillé,
les nids de pluie et de soleil au regard des passants sur le cul du ciel,
dès que les yeux aveugles s'ouvrent
en dedans et en dehors du monde ,
les cortèges interminables de fleurs à la trompette
pointues triangles ouvertes à la gorge par un rêve habité,
habillé déshabillé, habité déshabité ,
les planches à claire voie où la terre tremble,
le silence et la voix qui se fait,
cela ne tient à rien .
Dôme transparent roucoule de brunes peines,
flambeaux cirés de givre,
les mots prennent le goût de la neige exquise et le feu des marquises de gel ,
l'haleine bleue des pages cylindres enluminés à la taille ceinte d'orfraies dénouées souffle les phrases ,
aurore nuit soir enturbannés de boréales et d'orphéons, pincée d'or et de raisins,
feuilles éparses que rien ne rassemblait
feuilles que tout rassemble dans la vague déferlante,
autant que l'arbre déployant l'espace entre deux chants,
il faudrait toujours pleurer de joie, vaines sont les asséchées,
embrasser les suées sur la tempe douce de l'enfant endormi,
le rai de lumière qui coule sur sa joue,
sa main qui bouge, son nez plissé, sa moue de grâce et son rire fuselé,
ses bras qui s'ouvrent et son sourire au bord des larmes
il entend le silence de la musique monter , l'allégresse ,
simple pas, se quitter avant le matin ,
se quitter transparent avant de se connaître,
sans hier et sans demain.
Une aube d'igloo, un lac enflammé de pivoines où les patineurs tracent les cercles de l'univers
dans un jaillissement neuf.
Les pingouins ont revêtus leurs fracs blancs manteaux
sur leurs épaules la lumière brille, noire.
Cela ne tient à rien, l'allégresse.
Le bol de lait caillé immobile et songeur
où nage une baleine près de l'iceberg ensoleillé,
les nids de pluie et de soleil au regard des passants sur le cul du ciel,
dès que les yeux aveugles s'ouvrent
en dedans et en dehors du monde ,
les cortèges interminables de fleurs à la trompette
pointues triangles ouvertes à la gorge par un rêve habité,
habillé déshabillé, habité déshabité ,
les planches à claire voie où la terre tremble,
le silence et la voix qui se fait,
cela ne tient à rien .
ce rien devenu fou
la frange moussue des vagues
la nuit écume nègre
l'heure secrète d'un grain de sable
pupille de crocus d'une heure , seule ,
le songe neige sans bruit
une voix blanche dans la nuit
la pluie qui sourit sur les fleurs
pas grand chose et qui meurt
mardi 12 mars 2013
lundi 11 mars 2013
dimanche 10 mars 2013
lundi 4 mars 2013
Les yeux
Le soir est venu poser sa joue sur la fontaine
presque timidement ,
puis il a posé sa main plus fermement sur le ruban de l'eau chantant
les doigts entremêlés de mots frais et chauds, le crépuscule , tissant ,
et puis et puis et puis , une courbe ,
la nuit est venue captivant tenant et déroulant les passements de ses deux lacs bleus,
tapisserie d'étoiles d'une courbe à l'autre ,
l'eau n'a pas de cicatrice ,
un éventail de jardins , dissemblables et unique,
noir profond
cuivre sombre
bleu de front
presque timidement ,
puis il a posé sa main plus fermement sur le ruban de l'eau chantant
les doigts entremêlés de mots frais et chauds, le crépuscule , tissant ,
et puis et puis et puis , une courbe ,
la nuit est venue captivant tenant et déroulant les passements de ses deux lacs bleus,
tapisserie d'étoiles d'une courbe à l'autre ,
l'eau n'a pas de cicatrice ,
un éventail de jardins , dissemblables et unique,
noir profond
cuivre sombre
bleu de front
vendredi 1 mars 2013
moi , j'ai du chagrin d'avance ,
je n'ai pas le temps ,
je le perds dans le passage imperceptible d'une fin d'après midi
les étoffes du soir, les fils de soie pâle ,
les beiges de la lune,
boule cotonneuse
entre les brindilles des herbes
écoute la pincée de pluie de son oeil
chante l'écriture dans l'herbe et dans le sable
le ressac dans la veine violette
soliloque du vent hâve
la chaux vive des étoiles
irréel nous n'avions jamais été ,
perdu le temps dans le sable des jeux ,
même le perdu est d'avance ,
infidèle au monde ,
traînant mes vieux fantômes dans l'aube et l'ombre des roses.
mardi 26 février 2013
A peine effleuré très tôt
l'oiseau,
ecchymoses de mots , les couleurs d 'osmoses
l'hémorragie du ciel et de la mer
une fenêtre dissimulée dans la nuit
lac sombre
une absence révélée
ne plus regarder et voir,
une rencontre ,
nuit plus loin que la nuit
j'ai vu le soleil se coucher
vive rivière plus loin que le soupir des choses
Aube , vive rivière de roses
l'oiseau,
ecchymoses de mots , les couleurs d 'osmoses
l'hémorragie du ciel et de la mer
une fenêtre dissimulée dans la nuit
lac sombre
une absence révélée
ne plus regarder et voir,
une rencontre ,
nuit plus loin que la nuit
j'ai vu le soleil se coucher
vive rivière plus loin que le soupir des choses
Aube , vive rivière de roses
mardi 19 février 2013
vendredi 15 février 2013
Blau
Vent et soleil,
gros ballots de nuages poussés rieurs ,
grande lumière que rien ne vient troubler,
petites fosses marines où les oiseaux viennent se reposer ,
lisser leurs plumes , hisser leurs yeux agiles au bleu du ciel,
la quiétude et l'excitation des nuées dans le cercle de l'oiseau à s'envoler ,
soir où l'horizon se cabre noir , tout vient d'encre et de fusain ,
l'herbe palpite fontanelle sépia tendre de la terre
un doigt attentif sur le battement balbutié
les vagues aux crinières blanches déferlent sur le ventre de la plage
gros ballots de nuages poussés rieurs ,
grande lumière que rien ne vient troubler,
petites fosses marines où les oiseaux viennent se reposer ,
lisser leurs plumes , hisser leurs yeux agiles au bleu du ciel,
la quiétude et l'excitation des nuées dans le cercle de l'oiseau à s'envoler ,
soir où l'horizon se cabre noir , tout vient d'encre et de fusain ,
l'herbe palpite fontanelle sépia tendre de la terre
un doigt attentif sur le battement balbutié
les vagues aux crinières blanches déferlent sur le ventre de la plage
vendredi 25 janvier 2013
mardi 22 janvier 2013
Musique
le ciel de la nuit pulse comme un banc de poissons
et derrière les yeux des poissons
un oeil encore derrière
celui du peintre du poète
c'était avant , c'est maintenant ,
comme on se baigne
air liquide
comme on tournoie
comme on vide son coeur sur la terre
et comme ils regardent vivre .
Tout dans ce monde expliqué , des plans précis , pas le temps,
vérifier vérifier, c'est là bien tout ce qu'il sait faire, établir des listes , faire tourner le vent sans le moindre sens , cultiver le malheur , des échelles comparatives , du mou de veau.
Ferme les yeux
poursuivre en solitude
les oiseaux se sont tus au vent
dans les nacelles d'arbres
une lettre repliée dans leurs ailes ,
on entendrait dormir la mer
au pas vêtu de pincées de pluie
et les étoiles posées sur l'épaule tisser leurs toiles d'aube,
tout cela est si mince ,
du bord de la bouche de sable d'herbe de pierre
la langue de mer
au plus loin de l'horizon.
Nous entendons dormir la mer
berceau d'eau .
Que traduire , que trahir ,
que serait la terre sans eux
Elle tournerait encore et encore et encore
Goûtons voir si le vin est bon
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