Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

samedi 1 septembre 2018

Histoire de la pluie



La bobine du soleil s'effiloche sur les champs
le doux frémissement des ses fils caressent les haies
où les fleurs s'endorment emmêlées de vent ,
la course du ciel lentement se blanchit de nuages
où je viendrais octobre murmurer
silhouette de la petite musique d'automne ,
gouttelettes infusées dans les veines de l'après midi
tombant sur les dernières roses efflanquées ,
je tomberais fluette , un cheveu d'argent ,
que déjà je ne serais plus là .


jeudi 19 juillet 2018

Histoire de la pluie



Je me la coule douce
mon encre de nuit
glisse le long du volet de l'aube ,
l'aube ah ! l'aube épieuse ,
l'épieuse l’œil entrouvert derrière son carreau  de ciel ,
la pipelette ,
apercevoir la ligne  fragile de la rupture ,
la bascule des étoiles ,
la brindille enflammée sur la crête des vagues,
ah l'étoile ! La vague !
La brindille
la brindille petite timonière acrobate
trapéziste des marées




La ville a les yeux gonflés
baudruches de l'aube
les rêves sont en miettes
les pigeons viennent au banquet
des bouquets de fleurs courent le long des rues
l'aube fait le siège des balcons
premier baiser de l'oiseau

lundi 16 juillet 2018

histoire de la pluie



Des anges se penchent sur le ruisseau
ce sont des oiseaux
les oiseaux du ruisseau ,
la rose sur la gorge
leur ouvre des chants d'eaux ,
sous la voûte des arbres
ils m'appellent la pluie ,
le résédas vert pâle
inonde la colline ,
des fraîcheurs d'iris en lacs d'ombre
le tintement léger des feuilles degouttelées
ce sont les oiseaux ,
des nichées de nuages
où vont se percher les corbeaux ,
broches noires satinées
sur les nuées ,
je m'ébroue dans la clairière
dont je ne sais si elle tournera jour ou nuit,
clair obscur dans un feuillage tissé d'oiseaux
et de bois odorant , une barque de terre ,
ils me nomment la pluie
longue orange sanguine
dans les lenteurs du soleil à mourir ,
rouges paroles silencieuses
le vent s'est couché sur ma joue



vendredi 6 juillet 2018

Histoire de la pluie



Que le soleil baigne les arbres
de ses premières lueurs
ruissellement de nacre à l'heure des oiseaux ,
la forêt palpite
frémissement de l'air
la farouche tourterelle chatoie du bout des ailes
brusque claquement , elle est partie ,
elle avait un petit ventre doux comme un gris ,
les rémiges du vaste champ du ciel agile
s'engouffrent
dans les sentiers secrets du bois d'ombre ,
sur les mousses fraîches sont tapies
les fines mauves de la nuit
elles teintent mes pupilles humides
d'ocelles d'ocre bleu




jeudi 5 juillet 2018

Histoire de la pluie



Je suis à la traîne des nuages

je me roule

je me coule dans leurs entrelacs

je roucoule derrière l'orage

justaucorps gonflé de noir velours

grain de peau  mousseline d'organdi ,

je n'habite pas dans la pluie

je l'habille dans les draperies de l'imagination

je couche mes pensées dans les draps de l'aube

je les lève la nuit pour les rêves et les fleurs

mardi 3 juillet 2018

Histoire de la pluie et le rot de la chenille



la chenille verte a sorti le bout de son nez
a bu dans le fond de ma bouteille  à petites gorgées,
puis du bout des dents
grignote en se tortillant
bien décidée à manger la matinée crue toute entière ,
la matinée avalée
tu n'écriras plus sur ce matin là ,
feuille blanche ,
de l'écriture à son estomac
la chenille a roté repue .

samedi 23 juin 2018

Histoire de la pluie



Je me suis glissée sous la porte des arbres
lac de mots vaporeux de la forêt
le ciel bourgeonne de parfum fort
les menthes se pressent au poivre des écorces
je me lie aux flancs de leurs amphores à l'étal
reposée dans les lises de l'oubli du monde
coucher mes pensées dans les légers draps de l'aube
rubans humides de fleurs et de flamands roses
sur les broussailles emmêlées des nuages
je disparais dans les précipités du jour .




dimanche 20 mai 2018

Mozart Adagio concerto n° 23



Histoire de la pluie




Aujourd'hui je me suis promenée
des mousselines rosées
des yeux d'oiseaux  fleurissent  sur les branches du cerisier ,
un enfant de la vie
un nuage bleu sur son épaule chute sans bruit

mardi 15 mai 2018

Histoire de la pluie parmi d'autres



Terre terre
mes pieds sur ta peau
ta peau sur mes pieds
pieds à peaux
peaux à pieds
tu frissonnes de noir suie
un chaudron ondulant de cuivre
tu suintes dans mes veines ,
ton sang sur la plaine
bat peau à peau
corps à corps
fugace artifice  d'un rêve
lentement disparu ,
la nuit
je glisse parmi les étoiles filantes
rideau de murmures mouillés sur l'écorce vive des nuées





jeudi 19 avril 2018

Histoire de la pluie


Nuit d'été sous les branches ployées
l'air sourit ,
sur les mousses bouclées
un baiser léger de pluie ,
le chant de la chevêche est allègre
sur la pointe des pieds
dans le rond noir de l'arbre
sonne le battement de son cri ,
l'air fleurit

mercredi 11 avril 2018

Histoire de la pluie



La  nuit a un grain de blé au fond de sa bouche

je murmure les parfums de l'ondée

la lune crache son foin

le vent tourne ses moulins

la campagne est grise

les pierres jonchées de lierre sont calmes

sur le bord de la fenêtre fermée

dans la nuit devenue immobile

je m'écoule et je rêve

je traîne à la plage mon chemin

dans la gorge d'un filet de sable




jeudi 5 avril 2018

vendredi 23 mars 2018

Histoire de la pluie



J'ai plié le rire du soleil dans l'aube ,
les arbres , les oiseaux frais ,
les yeux plissés des pivoines
tous tiédissent sous la larme fauve ,
c'est encore un peu la nuit
un instant d'éternité
les brins d'herbe d'étoiles poussent dans la prairie,
la texture du temps
où le nuage fond comme neige ,
des robes de vin gris grisent le jardin douci ,
des flots de lumière cognent à la fenêtre ,
éprise d'un oiseau je me suis envolée avec lui ,
la poule picore
le soleil dévore la pleine matinée





jeudi 8 mars 2018

Histoire de la pluie




Je suis tombée en arrêt devant le scarabée
si noir qu'il en bleu
si bleu qu'il en est noir
méloé méloé dans les herbes tendres
samouraï des prés
tunique d'écailles frottée par le soleil naissant ,
une petite aube s'envole réveillée
par un bouton de vent
le scarabée dégringole d'un bourgeon
déboutonné du plastron
le voici parti la fleur cherchant
dans les giboulées de corolles






dimanche 4 mars 2018

Claude Debussy - Rêverie -




Histoire de la pluie




Je ne sais pourquoi
l'encre sèche si vite ,
ni pourquoi certain soir , si triste ,
tant de fois un secret tenu ,
une joie qui craque,
je lève la tête
je soulève les yeux
l'après midi est bleue
le soleil majuscule
brûle les rues ouvertes à ma rêverie d'ombre
mais la feuille est déserte
et quelquefois il pleut