Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mercredi 17 avril 2019



La bouche du rosier
lilas gobe le soleil
tiens il pleut !

dimanche 14 avril 2019

Pantalon gris



      Le chat gris
dans son pantalon gris
balaye la rue avec sa queue


      Minuit dix
un nuage gris
traverse la rue en chemise

   
     Minuit  nuit
un équipage de patachons
traverse le pont  à grand bruit

vendredi 12 avril 2019

Histoire de la pluie


Boule de poils de pluie
qui fait la fleur qu'on souffle

mercredi 10 avril 2019

Histoire sans pluie



La mer a ses façons
la mer boucle les rochers de fluettes campanules
     bouche d'or
presqu'île d'herbe aux nègres écumes
la mer a ses façons délicates
ses échappées radieuses
ses anthracites fluides
   bouche d'or
ventre rose
huile épaisseur de la nuit
presqu'île d'herbe aux façons de la lune
anneaux de saturne
saison des boréales en cavale
presqu'île de sable veinée de chaloupes
bottes de coquillages
parfums dans les fossés de fougères
le temps a ses façons
la porte sur un trait de plume
    bouche de houle
la mer a ses façons


mardi 9 avril 2019



Le goéland me plume la tête
pique du bec la peau fêlée de mes poèmes
donne le coup de grâce en avalant
tous mes petits vers sans rimes et sans raison


Photo en pluie



La femme et l'enfant
sur la photo
de noir marchant
chassant la maison blanc vif derrière leur sillage ,
le jardin ,
personne autour ,
la petite fille cligne des yeux
les doigts en éventail sue le front trempé de lumière ,
l'ombre s'ouvre sur la mur de pierre muet ,
les pommiers en pleurs ,
les pommiers grimpent le long de la muraille morte ,
corolles de pleurs fleuris ,
les pommiers dépoitraillés
les pommiers en fleurs

Histoire de la pluie



Viendra la nuit
suie
étain
mandibules de pendule
longues heures décharnées ,
viendra  elle viendra
ouvrir les yeux
dans un courant d'air qui passe  ,
viendront cancaner
les goélands crieurs
marcheurs boiteux sur le toit brouillassé
viendra
le voleur et son sac de voyage
sa grande bouche large
pépites fauves dans ses yeux nuageux ,
kamikaze en chute de topaze
brasse coulée
dans la nuit torrentielle
des éclats sonores
octaves d'acrobate ,
kyrielles d'âges déliés
des balles dans le coeur ,
une fleur d'ancolie violette sombre
glaçon de calaminthe  odorante ,
les filets du temps qui s'amusent et s'envolent ,
des hirondelles , des creux de mains ,
des donzelles aux  joues fardées de coccinelles ,
des trapèzes en pointillés ,
viendra la nuit ,
c'est l' heure des tartines  beurrées de ciel
passager heureux des marées ,
viendra le matin pleuvoir dans tes mains ,
le silence du buveur d'océan

lundi 8 avril 2019

Histoire de la pluie



Il rentre chez lui sous la pluie
dans le piano du vent
des années de passées
des chats de gouttières
des queues de pie
des châteaux noyés ,
derrière la porte
pas de lumière
pas de bruit
et dans le bois de son lit
une rivière de météores dort
frottements d'étoiles dans un film muet
un drap de poussières de rires ,
une rue mauve le temps de ciller
dans les initiales du soleil ,
des tanins de vin fument
des papillons funambulent
des barbelés de roses crèvent les automnes ,
un matin dans la chambre des brisées du vent

jeudi 4 avril 2019

Histoire de la pluie





Par moment
ma voix s'enroue
se brise
se casse
part sans parole ,
puis revient un peu tard
divaguer à l'étiage du temps
sur les blanches coquillages qui traînent
aux mauves de la soirée ,
des mains de fantômes sur le gris des galets
des nuits de nids de sable lumineux d'indigo ,
par moment
l'océan gronde
gonfle son ventre
lève la voix
monte ses tons graves sur les rochers
s'affale sur la plage
et puis repart dans son éternité de vent
sa chair bleue d'eau
hématome d'îles
pourpre aux joues du soir
vert noir des nénuphars des yeux de l'aube
revient dans le ressac des âmes immobiles
le contempler infiniment

dimanche 31 mars 2019

Histoire de la pluie


Je soulève les tuiles du toit
je loge sur les solives des mots
il pleut dans l'encrier insaisissable des rêves
je soulève les paupières du sommeil
je m'envole avec lui
dans la nuit
un cheval rouge danse
un violon galope
la forêt s'enveloppe d'écharpes de soie
devenue parchemin
griffée de plumes d'oie,
un pic vert pique une note, plume une lettre
et la plante dans ta main
une petite blessure dans le bois du papier ,
une barque passe sur la nervure noire
les rameurs sont aveugles
et les âmes muettes emportent
des fragments légers d'étoile ,
un oiseau poète s'agrippe à leurs poitrines de lierre
ne pas mourir trop vite
très mort très vie ,
une maison chante
à la fenêtre une silhouette de bougie

lundi 25 mars 2019

Histoire de la pluie et du printemps



La petite perruche bleue
penche la tête sur le côté de la feuille verte
elle a cette douceur
de l'inclinaison de l'épaule du ciel
sur le jardin à la fontaine de pierre ,
l'araignée se baigne
le lilas naissant gobe le soleil ,
la bouche du rosier a des boutons de fièvre
qui saignent écorchés des duretés de lumière ,
la pluie et la déflagration du printemps

lundi 11 mars 2019



Les vaches qui gambadent dans les prés
c'est beau comme un matin de neige
éblouissant de légèreté ,
les battements du sang pulsent dans le silence
le métronome de la musique 

vendredi 8 mars 2019

Histoire de la pluie par temps calme



Un rhinocéros est enrhumé
il cornifle dans mes draps sales ,
mais que sait-on de lui
quand il ne cornifle pas ,
il se peut qu'il pleuve
et ne pleuve pas ,
un oeil baigne au fond du trou de mon oeil
je le ferme
je m'endors

jeudi 7 mars 2019

Histoire de soleil




Je lève la tête
je soulève les yeux
l'après midi est bleue
le soleil majuscule
brûle les rues ouvertes à ma rêverie d'ombre
mais la feuille est déserte
et quelquefois il pleut

vendredi 1 mars 2019

Histoire de la pluie et du chat



J'ai roulé sur le flanc du chat
une goutte miniature ,
me suis séchée sur son ventre ronron
rond absorbé par son parfum de chaume
brève plongée dans l'herbe humide
me suis endormie sur sa peau ,
dans le silence tacheté de ses yeux
amande féline sombre et cire de jonquille
je glisse aux coulées de l'abîme
où la braise tressaille et oscille

jeudi 28 février 2019

Histoire de la pluie



Tombée tombée retombée
crépitée
arrachée des nuées
chutée chutée
dans les rafales
tournée tournée volante
trépidante ,
les visages invisibles sous les cous repliés
filasses des cheveux plumes tombantes
de grands oiseaux noyés et immobiles
les hommes chouinent les hommes chuintent
les hommes pleuvent aussi ,
cri des enfants
pavés glissants
un bateau craque les amarres
une voile tend son corps d'avant
dans la violence bleue
et les gerbes de tulle
le tumulte écorché par un bec d'oiseau
un petit feu fragile ,
il n'y eut pas de mot plus haut
que la petite pousse d'herbe penchée sur l'oiseau ,
de ces mots que l'on ne voit ni n'entend ,
il ne chante plus , son bec est cendres rose ,
il ne chante pas , vive terre ailée ,
hiver , neige bleue tempête blanche ,
le rouge aux pieds brindilles ,
hiver le rouge d'éclair à la gorge ,
sur les marches de l'océan ,
il est là ,
lumière impavide se rend reine de ce qui n'est plus là ,
un petit désarroi roulé en boule
au fond de ma poche ,
mouchoir de plumes
pour la lune à la fenêtre de la nuit
un éclair de lumière
un petit feu au coeur ,
toucher ces mots sur la bouche de l'herbe
les sentir les lire les écrire , les chanter,
sensibles au jardin des éphémères
le parfum des nuages noirs
l'odeur de la chair de la terre .


mardi 12 février 2019

Enfance de la pluie



C' est ma mère qui m'a appris à me laver les pieds,
plus tard ,
j'ai su que si je savais me les laver
c'était la grâce enveloppée de son bras confiant,
son bras qu'elle avait abandonné au jardin ,
dormante à la chaise longue de bois
la toile tendue et dodue de son ovale,
bouche entrouverte ,
une jonque filet de roses humides assoupies
sous la haie.
Elle sentait le savon frais de l'herbe ,
à la veine de sa tempe gouttait le ru ,
des sillons de langue de soleil tremblaient sur ses mains ,
la cire du parquet terreux gouaché ,
j'entendais l' ocarina bondir en troupeaux blanc de billes
sur les carreaux des fenêtres de faïence ,
les huiles de lin glacis d'été glisser sur mon enfance ,
le couteau dans le pain du dimanche ,
la trace de la grâce et rien d'autre que cela .
Tout était dans ses bras charnus
graines au vent ,
un vase fuseau à la taille de cotonnade tiède ,
une alliance ronde et drue de grains de peaux ,
je lisais à l'eau claire ,
à l'écho
la cuvette d'émail fêlée
les linges des orages
leurs éclats sautant les fleurs à pied joint ,
à frétilles de poissons ,
le trottoir éclaboussé d'automne diamantaire
penché de rigoles , giboyeux de boutons de nacre .
Les passants veston sur l'épaule
manches remontées ,
ces bleus soleil leur riant aux basques ,
joyeux , ils sifflaient au bain ! Au bain!
Les brodeuses d'eau !
Les dentelles
les draps  des lilas dans les chaudrons ,
au bain , au bain dans les dés à coudre .
Au bain passementières !
Passagères et violettes jambières .

histoire de la pluie à pleuvoir



Il a plu
il va pleuvoir
tiens il pleut
sempiternelle tendance à la chute
alors rideau

jeudi 7 février 2019

Histoire de la pluie


L'oiseau me cueille sur la branche
dans son sac d'arpèges
un grelot de neige ,
la cristallerie du merle
et ses tiroirs d'hiver
ouverts comme ça
sous le manteau des aulnes
dans la pénombre bleutée du matin

mercredi 30 janvier 2019

Histoire de la pluie



Les oiseaux ont des robes mauves
la moiteur du ciel
une écume de soleil humide
mon indécision
mon apaisement
la douceur d'un nuage cotonneux
une saison et une saison
puis une autre
les oiseaux ont des ombrelles
des secrets des folies
des soucis
des petits
des plumes sur un perron de pierre
le ciel a des ombres mauves
la moiteur des oiseaux
mon écume à l'horizon