Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

samedi 14 août 2010












Calamité
je mourrais dans un abîme de vase de boue
je me noierais dans une barrique de vin saumâtre
ventre percé
je me pêcherais à l'asticot
pendant que les enfants apprendront à vivre
j'apprends à mourir
une bourriche d'eau sur le dos
un filet de rein
une arête de hareng dans la main
les racines de pieds dans les antres de la mer.

pour rien pour rien
ceci n'est pas important.


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Tziganes
















je suis promeneuse de poule , de poissons du Nil, oreille percée d'écailles de crocodile , anneau du fleuve et des langues du désert.



Dans les mains les émaux du moulin qui cisaillent le vent brun, des roches de fleurs. Nous sommes dans toutes les merveilles et toutes les poussières , sur les chemins maigres d'arbres haridelles, des horizons délayés d'yeux de chouette au détour d'un fossé , où de grandes femmes vigoureuses , lianes de rousse et tourbe des voyages du monde, roulent les doigts sur les hanches des feux , les pieds légers d'embruns , quelques éclats de glaise sur les cuisses, un archet voleur de robes , frondeur , assez fort pour vaincre les rouilles grinçantes des grilles .
Au pays du silence , marchant aussi pauvre que le malheur d'un ciel qui ne finit pas de ces odeurs, ces chevaux de passage, ces couleuvres de marais, ces vives salines qui percent le coeur, des hauts cols de flèches , de fièvre porcelaine.

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La natte de pluie plein fouet sur la vitre
je suis obsédée par le ru qui s'étoile
à l'angle de la tempe
fissure de chair
obsédée par le verbe
sa couleur
son mouvement
sa défaite
sa victoire
sa vie et sa mort
à l'instant
la vitre le visage du monde
sur lequel mes doigts sont absorbés
contre toute attente
je ne dévale pas l'escalier
des trombes de mots
explosent mon coeur
et dévorent mon corps
la buée du soleil sur l'humus des forêts,
ce beaucoup qui n'est pas important.


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vendredi 13 août 2010




















Les masques de la nuit
orange d'oriflamme ,
sur l'horizon propagent leurs ombres
d'écho en écho, des fontes de nuées
de langue du couchant fleuve
aux barques de l'aube
une respiration d'oiseau s'amuït ,
à la pâleur de craie dans la main d'un enfant
sur le tableau noir encore empreint de chant.



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Per te.

Petites heures perdues
les yeux dans les flammes serpentines
le craquement d'une bûche
au feu des cheminées d'hiver,
les cuivres des arbres éclatent frayant la pénombre
d'étranges vers luisants aux oreilles de l'âme ,
la neige est ce doux portrait de toi
en son bleu de chair exquise
gravité légère sur la fenêtre penchée de ton regard
ma douleur est joie
les yeux baissés tu poses sur mes mains ton sourire brun.
Alvéole de cendres que la nuit ouvre à la braise
sans plus de force qu'un silence, une solitude refluant
à la frontière de l'invisible,
portons les ces mots,
buées sur les anneaux cartilages cricoïdes
ceux de l'eau et de la bouche avide
ceux de la bougie aux dernières heures de cire épuisée,
portons les ces colliers aux gorges des poitrines du monde
bracelets d'hiver aux rubis des couvées profondes
cailloux dévalant les ravines
pieds bleuis aux étriers de la mer impassible
ces mots voleurs des fossés
où les berceaux de fleurs abondent
comme unique est la mort en nous
portons les, seuls et innombrables,
ce mot de l'amour , portons le ,
aux poignets , forçats des boutons de pluie,
des prisons sans barreaux, partagées de solitude douce,
de ces mots d'amour à nous dissoudre dans le feu des nuits couvées brillantes,
portons l'amour dans le vertige de ses failles
portons le fracassé aux vagues mourantes du monde,
portons le doucement près de la cheminée
d'étranges vers luisants aux oreilles des âmes
Ta main posée sur mon ventre
la main du monde.


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mercredi 11 août 2010

Pierre Desproges / Les cintres /

Pierre Desproges / L 'ascenseur /

Parole.




Regard
                 

 

     
  Visage


                                      
La face se tournera vers la face du monde
la nuit vers l'aube


Parole .../



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La mer
jamais rien vu de pareil
est-ce la pluie
est-ce le ciel
est-ce la mer
le soleil est dans l'eau
la lune aux arbres
les arbres aux collines
la simplicité du sel
le sel porte le voyage
porte le départ
porte le retour
le sel du guerrier derrière les masques d'oiseaux.


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dimanche 8 août 2010


Nous ne choisissons pas nos ciels, nous les inventons.

sommeil d'éveillé     

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  Crépuscule,
la sève renfle,
  fleurissent les cheveux des arbres,
  des sels et des sucs.

Brindilles des soleils en eaux
cayeux aux chevilles de la nuit entrelacée
diamants tubercules,chenal de violettes,
nacelle d'écorce noueuse
les élytres de l'onde frottent les chemines marines des cieux,
le pourpre coucher gagne les  longues plaines hirsutes
serpent de langue oblongue de jonquilles,
bouche bée ,
ronces d'oiseaux , écritoire de fins berceaux charbonneux,
bissac de lèvres déliées de chant
 grenaison de pépiements,
vitrail rosace des ramages,
forlane galbée de cuisses
rondeur de hanches
jupe de torsades d'argile
marne de boléro
pisé de chaume et de pain
danse mon amour à la taille du crépuscule
les doigts aux osselets bleus.
Danse l'amour du monde
dans les arbres des collines en avalanche,
turgides soleils  d'eaux .

Jouons avec les arbres du crépuscule
grimons  les tourbières
eau  lune soleil , charbon des yeux,
 gerbes d'onde en nos mains
moquons nous  du monde.
Vêtus de nuit
dansons l'innocence et le péril  à la déshabiller d'aube fragile.

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vendredi 6 août 2010

J'ai une méchante mouche dans les oreilles
qui pince
les cordes d'un violoncelle
les pattes aiguës
et son air est si grave

Ne venez pas à mon chagrin
s'est jeté dans la grande faille
un oiseau est remonté
l'enfant traverse nuit et matin
ne venez pas à mon chagrin.

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Claude Debussy / Rêverie /

mercredi 4 août 2010

Un temps froid
un temps chaud
un matin quelconque
des cous de poulet aux bagues d'or
le tout dans les mains
c'est tout comme ça
les bons
les vaillances
les purulences
les bons enfants
les mauvais comme de la grêle,
les terreurs
la peur
la chimère,
se noircir au parfum des fleurs,
un temps quelconque
un matin
ça s'arrange tout seul
tout dans les mains,
ça viendra,
ça vient la mort 
mauvais teint gris
titube des fumées du jour,
d'une crasse,
ça s'arrange tout seul , la mort,
on n'en parle pas c'est vrai ,
des histoires d'homme ,
certains ça les prend par le ventre,
ça bouture et puis ça craque doucement,
 plus rien qui tient,
ils partent par les pieds,
parce que la tête
ça passe par le ventre,
d'autres c'est le tibia,
tout sec , du verre, du bois des années durant,
ceux là , ils se brisent,
alors ils partent par la tête,
si tu touches à peine , ils se brisent,
tout sec.
Juste avant , il y avait  les livres, les aimés , les aimants,
les foucades, les coups de tête, les ruades,
on se serre dans les bras,
on se tord la tête,
ça s'arrange tout seul la mort,
pas besoin d'écrire.

mardi 3 août 2010

La poésie
je suis pas fanatique
moi non plus Louise,
j'ai pendu au clou le premier poulet
la première poule.

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lundi 2 août 2010

La lune monte le long de l'arbre
la nuit est calme
un saut d'ange
l'aube ce détail de la rose
une épine sur l'acacia.

l'eau palabre sous les roches
la nuit est calme
la brise porte le goût de son ombrage.

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samedi 31 juillet 2010

Nous avons pris le ferry
les grands paquebots aux toupets de perroquet
sont déjà loin
le ferry cligne des yeux dans la nuit
les dernières ramures des îles blondes
se noient dans la baie brune d'épices fugitifs,
l'océan borde les reins , un calice,
nous fermons les yeux pour oublier les ors
nous fermons les yeux
nous avons pris le ferry,
les ors , suif de lustre bancale,
le ferry cligne des yeux dans la nuit
il nous reste nos mains en cordes de limon d'argile,
éclisses de chardon sur les roches houleuses.


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mercredi 28 juillet 2010

Sarah Vaughan / My favorite things /





My favorite things , ces trois mots , je les aime toutes ces choses, je n'ai pas de choses favorites , j'aime tous les mots , nous trouverons poussières , nous serons au pays des plaines que la mer laboure du ciel aux orties , du chardon à la coque des maisons de dentelle , nous serons chez le jeune et l'ancien, sur les canaux en hauts cols de briques, dans les chaudrons à bouillir par les pieds , la tête dans une cloque de brûlure , dans les mains les émaux du moulin qui cisaillent le vent brun, des roches de fleurs. Nous sommes dans toutes les merveilles et toutes les poussières , sur les chemins maigres d'arbres haridelles, des horizons délayés d'yeux de chouette au détour d'un fossé , où de grandes femmes vigoureuses , lianes de rousse et tourbe des voyages du monde, roulent les doigts sur les hanches des feux , les pieds légers d'embruns , quelques éclats de glaise sur les cuisses, un archet voleur de robes , frondeur , assez fort pour vaincre les rouilles grinçantes des grilles .
Au pays du silence , marchant aussi pauvre que le malheur d'un ciel qui ne finit pas de ces odeurs, ces chevaux de passage, ces couleuvres de marais, ces vives salines qui percent le coeur, des hauts cols de flèches , de fièvre porcelaine.

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