Telle cette nuit
ce flottement dans le temps
ce petit fauteuil de pierres
je m'étais adossée ,
cette masse noire de mer
le mur silencieux des tombes,
entends la nuit marcher au coeur
son pas ,
les blocs de glaces s'entrechoquent se soulèvent se brisent
pointent des gemmes étranges, des cristaux de moraines,
l'océan craque grogne et gronde
incessant charroi de carillons argentés
dragon fantastique émergeant de la fosse sombre
haute silhouette impassible et son cortège ruisselant d'ailes ciselées au diamant ,
quelque chose de rouge vivant dans la lune
elle joue du couteau
folles herbes de cristal grandes fougères dorsales et cailloux ras
pourpoints d'écailles de rubis , sostenuto ,
pas un arbre ,
ma toute pleine noire
de toi , de moi et de chants de trépas ,
une remontée de temps ,ventricule d'encre ,
mémoire que chaque mot trahit
que chaque chant laisse venir monter
une étoile est tombée loin de tout emprisonnement
de toute appropriation ,
que chaque mot brûle pour laisser place
que chaque face grimaçante extermine
que chaque noir du dessus où transpirent
chaque couleur chaque forme aux douceurs
imbibant mon coeur en dessous
merveilleux nageur solitaire dans le crâne
insolites vols glissements de peaux
je me laissais partir
fins tissus de baille
doux creux de faille
un intervalle d'étoiles nous nous sommes coulés
alors ma main sur l'eau
une courbe
un névé
un caillou
je me suis allongée
une barque d'aube lumineuse
un miroir de nuages aux soyeux taffetas ,
plaine maritime , de grands bouquets d'oeillets suspendus aux gorges désolées des moraines,
j'ai entendu la mer ,
la déchirure du grand matin prend silence dans le vol d'oiseaux
l'écorchure du visible,
tout prend silence ,
cela s'écrit , un temps ,
la lumière hivernale joue sur ce qui s'est écrit , elle se joue de la nuit , je joue avec elle et les mots jouent aussi , cascade sur l'eau , louvoie , longe les fenêtres , au vent aigu réveille et ensanglante les toits ,
vive dans le cours d'une chair d'un poisson d'argent elle entraîne le perçant d'un sillon , des nids de pierre où elle s'ébat dans un éclat de bleu colbat , éclaire la bande étroite de gros galets bruns le long du mourant des flots , assombrit la veine d'une colline dans son bandeau de terre basanée , un jeu de rayons , un jeu d'écume sur un cou , une joue , un bras sur une table , une fenêtre, elle est partie dans son avalanche d'heures , blondit le vieux ponton brûlé , bleuit les noirs , empourpre les gris , ocre les verts , déguste les grelots de gel , pique les petits pieds d'oiseaux solitaires de paillettes cuivrées , chatoie les glacis aux vertes tiges dans le ventre de l'iceberg , lèche superpose se lève et se couche , glisse sur les points de clarté et d' obscur pour une neige de glace de mousse et de crème , un satin sur la jambe d'un chemin , vole un éclair de son oeil , déguste une déflagration de couleurs , un bouquet d'oeillets , ce que je n'attendais pas est là .
Un seul petit souffle dans la main , cela disparaît, cela revient par touches légères , un éventail qui s'ouvre au bord d'un visage , paresse sur la tourbe au détour d'un nuage , l'océan un vase opaline de glaçons où s'écrit et se peint une phrase de fin , un flocon vient s'ouvrir et se mêler de gris sur la table .
Je me réveille et je t'écris un poème , la première fois lorsque tu t''éveilles , j'ai senti le sommeil sur ta bouche saillir dans la clarté , et le vent chaud sur les herbes onduler par la fenêtre, un nuage était là
Tiens il pleut
Tiens il pleut
jeudi 10 janvier 2013
jeudi 3 janvier 2013
dimanche 30 décembre 2012
Et la rue s'est vidée
un bateau est passé ,
le nez tout chiffonné
un baiser ,
comme un vent dans la tête
petit trou dans mon coeur
une écluse de notes d'eau ouvertes ,
un saxo penche son col
ses boutons de manchettes s'envolent
les bouches s'arrondissent au cercle sombre de la nuit ,
équipage de cerf- volant
les étoiles virevoltent voltent
des tanins d'éponge de lune
carmin sur les dents du piano,
le vent dans la tête
une silhouette
un bateau est passé ,
une épissure de loch sur l'épaule du ciel
le vent se lève mange l'île de pointes de soleil ,
des grandes langueurs grises sur la vague
la plage a le dénouement châtain clair des cheveux de printemps
des huiles de lin des éclats d'étain
des fleurs blanches de roulis
des rus de coquillages brisés , bercés,
brisés , brisés .
C'est un été
le silence regarde
la dune petits grains du soir ,
boit
les yeux duvetés de lune gorges blondies de violette ,
nuanciers crépuscule sur la nuque de mer
merveilleux nageur solitaire solaires moires
l'amure à gros torons de chevelure d'or
agules folles tournoyantes
grappes de mouettes piquées dans les enlacements de la voilure
le bateau contrebasse est passé ,
le silence écoute
flâneuse d'écume ivresse blanche ,
éternel fantôme de l'éternel enfant
du sang bleu de l'écriture dans le crâne
toute entière et pour toujours jusqu'à ce que .
Un baiser
l'encre d'une fleur
un souffle dans le cou
une feuille à l'âme
Je te regarde dormir
au rêve de ton sommeil
si près si loin
tu ne m'as pas vu passer
un bateau est passé ,
le nez tout chiffonné
un baiser ,
comme un vent dans la tête
petit trou dans mon coeur
une écluse de notes d'eau ouvertes ,
un saxo penche son col
ses boutons de manchettes s'envolent
les bouches s'arrondissent au cercle sombre de la nuit ,
équipage de cerf- volant
les étoiles virevoltent voltent
des tanins d'éponge de lune
carmin sur les dents du piano,
le vent dans la tête
une silhouette
un bateau est passé ,
une épissure de loch sur l'épaule du ciel
le vent se lève mange l'île de pointes de soleil ,
des grandes langueurs grises sur la vague
la plage a le dénouement châtain clair des cheveux de printemps
des huiles de lin des éclats d'étain
des fleurs blanches de roulis
des rus de coquillages brisés , bercés,
brisés , brisés .
C'est un été
le silence regarde
la dune petits grains du soir ,
boit
les yeux duvetés de lune gorges blondies de violette ,
nuanciers crépuscule sur la nuque de mer
merveilleux nageur solitaire solaires moires
l'amure à gros torons de chevelure d'or
agules folles tournoyantes
grappes de mouettes piquées dans les enlacements de la voilure
le bateau contrebasse est passé ,
le silence écoute
flâneuse d'écume ivresse blanche ,
éternel fantôme de l'éternel enfant
du sang bleu de l'écriture dans le crâne
toute entière et pour toujours jusqu'à ce que .
Un baiser
l'encre d'une fleur
un souffle dans le cou
une feuille à l'âme
Je te regarde dormir
au rêve de ton sommeil
si près si loin
tu ne m'as pas vu passer
jeudi 13 décembre 2012
lundi 10 décembre 2012
dimanche 9 décembre 2012
Octobre a tissé ses confidences sur la plaine pluvieuse
l'hiver s'est couché sur son vin de feu
le vent sirote
la brume roucoule
la pie s'envole
Aujourd'hui il n'y eut pas de mot plus haut
que la petite pousse d'herbe penchée sur l'oiseau
il ne chante plus , son bec est cendres rose, il ne chante plus
vidé sur la fenêtre de verre ,
la neige a les mains dans les poches
le rouge aux pieds brindilles, le froid,
l'hiver ,le rouge à la gorge, sur les marches il était là
le soleil est bleu impavide
de ce ciel doux blanc noir échiqueté d'or et d'azur
se rendant roi de ce qui ne vit pas, flasque comme une joue lourde,
l'hiver s'est couché sur son vin de feu
le vent sirote
la brume roucoule
la pie s'envole
Aujourd'hui il n'y eut pas de mot plus haut
que la petite pousse d'herbe penchée sur l'oiseau
il ne chante plus , son bec est cendres rose, il ne chante plus
vidé sur la fenêtre de verre ,
la neige a les mains dans les poches
le rouge aux pieds brindilles, le froid,
l'hiver ,le rouge à la gorge, sur les marches il était là
le soleil est bleu impavide
de ce ciel doux blanc noir échiqueté d'or et d'azur
se rendant roi de ce qui ne vit pas, flasque comme une joue lourde,
dimanche 2 décembre 2012
j'avais j'ai toujours cru que l'amour c'était de l'amour
l'innocence de la vie si jolie
une fraîcheur de soleil sur la table
au creux de l'assiette un renflement de fruit
l'immensité du ciel au dessus
l'immensité de la mer en dessous
entre deux
et tes cheveux
je ne pouvais m'empêcher de passer mes doigts en ce lieu secret
la nuque de ton sommeil
la goutte d'eau de la nuit sur ta peau
je la sais
est-ce parce que le parfum du lilas sent plus fort le soir
la couleur des écorces
le chant d'un oiseau entendu par un autre oiseau
les cernes qui se font tendres
les boutons de ta veste
l'innocence de la vie si jolie
une fraîcheur de soleil sur la table
au creux de l'assiette un renflement de fruit
l'immensité du ciel au dessus
l'immensité de la mer en dessous
entre deux
et tes cheveux
je ne pouvais m'empêcher de passer mes doigts en ce lieu secret
la nuque de ton sommeil
la goutte d'eau de la nuit sur ta peau
je la sais
est-ce parce que le parfum du lilas sent plus fort le soir
la couleur des écorces
le chant d'un oiseau entendu par un autre oiseau
les cernes qui se font tendres
les boutons de ta veste
mercredi 21 novembre 2012
lundi 19 novembre 2012
dimanche 11 novembre 2012
L'océan fleurit
les rosées du couchant ,
au plus près des vagues s'étirent les liqueurs des nuages,
une broussaille solitaire d'oiseaux prend l'air
j'entends au ciel battre l'aile
la plume abordée par la neige
le trait mascara piquer l'oeil ,
fous silencieux sur les glissants chauds d'un fuseau de soleil
voilier noir martinet dormant en vol
au coin du bec
un rire aux fossettes gonflées d'hirondelles
une épuisette d'îles à colibris cirrus
vendredi 19 octobre 2012
La page est blanche
la berge les oiseaux et les roseaux pleuvent doucement
l'océan s'est retiré et les rochers dorment
la brise est sur les herbes
le corps de l'eau sur l'horizon
vapeurs de carrare
la page blanche
assise au bord de l'eau
la page blanche folâtre
sous la patte d'un oiseau la superbe calme luxuriance
la gorge d'un ruisseau gouleyant sur la feuille
fragile esquif une saignée de terre
nous avions de jolis chapeaux
le vent sur la jetée les envoyait promener
sur la mer parfois ils dansaient
le soleil à gorges déployées riait sur le sable
le chapeau s'est envolé .
J'attends
et tout dans mon coeur l'anatemps
à l'intérieur un tapis
la neige lentement encercle la ville
discrète comme la ville qui n'a plus de nom
les noms de l'attente et du silence se gonflent
un flocon
un enfant qui s'amuse
un rire
un poisson à grosse tête bleue
vendredi 20 juillet 2012
mercredi 18 juillet 2012
Cela pouvait être un grand lièvre ou un petit kangourou
j'aurais pu dire smock smourk brock debrock ou chpounk
c'est un grand lièvre
un petit kangourou
je suis brock debrock
broor avec un m
un m avec un a
le piano est une baleine noire aux dents d'ivoire
le violoncelle le vent de l'eau berçant la forêt de fougères
Le soleil pleure
les fleurs garderont - elles la trace de l'abeille
le chant des plaines
la fraîcheur du caillou à leurs pieds ombrés
l'empreinte du jour et de la nuit dans leur parfum léger
la voix du printemps en hiver
la lune dans une boîte de fer blanc , un biscuit serein et suave ,
des mélancolies sur les bouches rouges des cerises
une maison de papier où gratte un grillon
je trébuche
le soleil me fait pleurer
une fantaisie de marches si hautes que je ne les sens pas sous les pieds
un ballon blanc sur l'océan
des boucles de cheveux
pleine lune ronde bouée bleue discrète liseuse
n'est-ce pas plutôt
de cet envol à la lune
que la lune nous rend à la terre
un blanc frotté à peine soufflé
une ligne d'eau déclinée bleu nuit à bleu d'aube
j'aurais pu dire smock smourk brock debrock ou chpounk
c'est un grand lièvre
un petit kangourou
je suis brock debrock
broor avec un m
un m avec un a
le piano est une baleine noire aux dents d'ivoire
le violoncelle le vent de l'eau berçant la forêt de fougères
Le soleil pleure
les fleurs garderont - elles la trace de l'abeille
le chant des plaines
la fraîcheur du caillou à leurs pieds ombrés
l'empreinte du jour et de la nuit dans leur parfum léger
la voix du printemps en hiver
la lune dans une boîte de fer blanc , un biscuit serein et suave ,
des mélancolies sur les bouches rouges des cerises
une maison de papier où gratte un grillon
je trébuche
le soleil me fait pleurer
une fantaisie de marches si hautes que je ne les sens pas sous les pieds
un ballon blanc sur l'océan
des boucles de cheveux
pleine lune ronde bouée bleue discrète liseuse
n'est-ce pas plutôt
de cet envol à la lune
que la lune nous rend à la terre
un blanc frotté à peine soufflé
une ligne d'eau déclinée bleu nuit à bleu d'aube
Raina pluisque
Même pluie
same rain
même traîne sur le ciel
same rain
même sillons rayés sous la pluie
farandoles d'oiseaux baleines noires
touches blanches ventres mantas
vinyles parapluies
même peine sous le ciel
même pluie
same rain en zig zag une tige de jonquille
same rain qui sème des graines des robes en forme de poires
sur le fil toute droite
same rain,
boulevard vert forêt d'algues bercée par le vent d'eau
colliers de baisers humides coupoles de méduses doux cils nez de chat
pieds de ballerine
farandoles d'oiseaux baleines noires qui s'ouvrent sur le fil
it's a rain in the rain
my babe,
une souris grise du soir qui joue à joue avec la nuit s"enflamme
une peine qui sourit
une lune de peine pleine,
une boule de poussière
vue du ciel
qui nage dans le noir,
it's a rain
une graine qui se noie
dans l'océan d'oubli pas de bruit
my babe, une braise ,
sur la mer tranquille nagent des bleus naufragés fragiles
c'est la pluie tout en dedans de moi qui pique les toits,
une boule de poussière
vue du ciel
minuscule
qui nage dans le noir
dans les rets du temps danse
et s'éclate sur la torche du soleil
pluisques it's a rain in the rain
my babe arc en ciel fantasque aéré
dragon papillon réveillé sous nos paupières
les couleurs ne crient pas
elles émergent elles montent
vasques sensibles des bleus naufragés fragiles
same rain
même traîne sur le ciel
same rain
même sillons rayés sous la pluie
farandoles d'oiseaux baleines noires
touches blanches ventres mantas
vinyles parapluies
même peine sous le ciel
même pluie
same rain en zig zag une tige de jonquille
same rain qui sème des graines des robes en forme de poires
sur le fil toute droite
same rain,
boulevard vert forêt d'algues bercée par le vent d'eau
colliers de baisers humides coupoles de méduses doux cils nez de chat
pieds de ballerine
farandoles d'oiseaux baleines noires qui s'ouvrent sur le fil
it's a rain in the rain
my babe,
une souris grise du soir qui joue à joue avec la nuit s"enflamme
une peine qui sourit
une lune de peine pleine,
une boule de poussière
vue du ciel
qui nage dans le noir,
it's a rain
une graine qui se noie
dans l'océan d'oubli pas de bruit
my babe, une braise ,
sur la mer tranquille nagent des bleus naufragés fragiles
c'est la pluie tout en dedans de moi qui pique les toits,
une boule de poussière
vue du ciel
minuscule
qui nage dans le noir
dans les rets du temps danse
et s'éclate sur la torche du soleil
pluisques it's a rain in the rain
my babe arc en ciel fantasque aéré
dragon papillon réveillé sous nos paupières
les couleurs ne crient pas
elles émergent elles montent
vasques sensibles des bleus naufragés fragiles
mardi 17 juillet 2012
Igor
Igor au parc , aussi grand que fort, stentor il les a énormes , il peut m'écraser entre ses deux battants de chair , ses mains des battoirs , il roule des bouts de papier de bonbons du bout de ses doigts doucement, comme s'il réveillait des fourmis multicolores endormies, dès la porte franchie , je lui ôte de sa poitrine ce bout de carton tenu par une ficelle où est vilainement inscrit son nom et son prénom , il émet un sifflement bref , un vol expiré , il marche un peu comme un pigeon se dandinant à peine, le cou rentré , mais sa démarche est aisée et ses pas sont sûrs , sa tête ne fait pas de bruit , sa peau souple , c'est lui sur le même banc
Igor du fond de sa poitrine cherche à remonter les mots, il assène l'espace flottant , sa voix terrible un trou noir que le vide entoure , une poche d'air , du fond de sa poitrine à remonter les mots qui grondent et qui caressent la peau du ciel , cerf volant changeant que l'aube ouvrant ses lèvres embrasse le feu noir , le vin frais de ses poumons en flammes
Le soir dans sa chambre , il vérifie si personne n'a dérangé la pyramide de livres qu'il empile au bout de son lit , depuis des années ,du plus grand au plus petit , si rien n'a bougé il grommelle satisfait ,
il attend l'instant , tous les soirs où je lui demande comment coller un timbre poste dans la tête d'une mouche, toute la nuit durant il parle en dormant , ses grosses mains sur le drap , deux faces de lune paisibles sur le lit.
Le lendemain au parc , il attrape toutes les mouches à sa portée sans les écraser, d'une main à l'autre il jongle , dans ses mains refermées une bulle de couleur et d'air , bruissantes les étourdies, il dégage un passage et les dépose dans ma poche , un collier vivant, une nouvelle collection commence , avec précaution nous découpons les papiers de bonbon en minuscules morceaux , un minutieux travail , une main à la poche , l'autre au papier , un point de colle sur la tête noire et ce soir là , elles décollent et s'envolent , des vaisseaux de timbres -mouches ,
c'est aussi le cimetière des oiseaux morts , un jardin à poils ras, un poux sur un chien , parfois le musée des vivants qui flottent dans des habits trop grands , des poussières d'or au lever de la nuit sur l'océan , les étoiles du matin, sur le même banc
dimanche 8 juillet 2012
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