Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mercredi 20 mars 2013

Une voix blanche


J'ai échafaudé un igloo de livres, il est là, trépied de sang sombre pantelant,
dressé une table abondante de sucs de viande, de caramel roux, de rôtis dodus à la ficelle, de troupeaux d'oies qui cacardent et blondissent sur la braise tendre, vasques de fruits opulents, des crécelles de fous aux chapeaux emplumés de cailles vivantes,délicates, dodelinent de la tête.
Dôme transparent roucoule de brunes peines,
flambeaux cirés de givre,
les mots prennent le goût de la neige exquise et le feu des marquises de gel ,
l'haleine bleue des pages cylindres enluminés à la taille ceinte d'orfraies dénouées souffle les phrases ,
aurore nuit soir enturbannés de boréales et d'orphéons, pincée d'or et de raisins,
feuilles éparses que rien ne rassemblait
feuilles que tout rassemble dans la vague déferlante,
autant que l'arbre déployant l'espace entre deux chants,
il faudrait toujours pleurer de joie, vaines sont les asséchées,
embrasser les suées sur la tempe douce de l'enfant endormi,
le rai de lumière qui coule sur sa joue,
sa main qui bouge, son nez plissé, sa moue de grâce et son rire fuselé,
ses bras qui s'ouvrent et son sourire au bord des larmes
il entend le silence de la musique monter ,  l'allégresse ,
simple pas, se quitter avant le matin ,
se quitter transparent avant de se connaître,
sans hier et sans demain.
Une aube d'igloo, un lac enflammé de pivoines où les patineurs tracent les cercles de l'univers
dans un jaillissement neuf.
Les pingouins ont revêtus leurs fracs blancs manteaux
sur leurs épaules la lumière brille, noire.
Cela ne tient à rien, l'allégresse.
Le bol de lait caillé immobile et songeur
où nage une baleine près de l'iceberg ensoleillé,
les nids de pluie et de soleil au regard des passants sur le cul du ciel,
dès que les yeux aveugles s'ouvrent
en dedans et en dehors du monde ,
les cortèges interminables de fleurs à la trompette
pointues triangles ouvertes à la gorge par un rêve habité,
habillé déshabillé, habité déshabité ,
les planches à claire voie où la terre tremble,
le silence et la voix qui se fait,
cela ne tient à rien .


 je ne sers à rien

 ce rien devenu fou 

la frange moussue des vagues

la nuit écume nègre

l'heure secrète d'un grain de sable

pupille de crocus d'une heure , seule ,

le songe neige sans bruit

une voix blanche dans la nuit

la pluie qui sourit sur les fleurs

pas grand chose et qui meurt

mardi 12 mars 2013

Une musaraigne traverse la plage en courant
elle a des ailes
un point coeur rouge du firmament
petite fiancée du printemps
seule en moi
avec elle
elle éveille le ciel
elle ouvre les parfums des bleus
 calmes silencieux

lundi 11 mars 2013

dimanche 10 mars 2013

L'empreinte de pattes d'un oiseau dans le sable mouillé
le sens de l'absence
premier son
première lettre de l'alphabet
inmaîtrisables insolent et merveilleux
 

lundi 4 mars 2013

Les yeux

Le soir est venu poser sa joue sur  la fontaine
presque timidement ,
puis il a posé sa main plus fermement sur le ruban de l'eau chantant
les doigts entremêlés de mots frais et chauds, le crépuscule , tissant ,
et puis et puis et puis , une courbe ,
la nuit est venue captivant  tenant et déroulant les passements de ses deux lacs bleus,
tapisserie d'étoiles d'une courbe à l'autre ,
l'eau n'a pas de cicatrice , 
un éventail de jardins  , dissemblables  et unique,
noir profond
cuivre sombre
bleu de front



vendredi 1 mars 2013



moi , j'ai du chagrin d'avance ,
je n'ai pas le temps , 
je le perds  dans le passage imperceptible d'une fin d'après midi
les étoffes du soir, les fils de soie pâle ,
 les beiges de la lune,
 boule cotonneuse
 entre les brindilles des herbes
écoute la pincée de pluie de son oeil
chante l'écriture dans l'herbe et dans le sable
le ressac dans la veine violette
soliloque du vent hâve
la chaux vive des étoiles
irréel nous n'avions jamais été ,
perdu le temps dans le sable des jeux ,
même le perdu est d'avance ,
infidèle au monde ,
traînant mes vieux fantômes dans l'aube et l'ombre des roses.




mardi 26 février 2013

A peine effleuré très  tôt
 l'oiseau,
ecchymoses de mots , les couleurs d 'osmoses
l'hémorragie du ciel et de la mer
une fenêtre dissimulée dans la nuit
lac sombre
une absence révélée
ne plus regarder et voir,
une rencontre ,
nuit plus loin que la nuit
j'ai vu le soleil se coucher
vive rivière plus loin que le soupir des choses
Aube , vive rivière de roses

vendredi 15 février 2013

Blau

Vent et soleil,
gros ballots de nuages poussés rieurs ,
grande lumière que rien ne vient troubler,
petites fosses marines où les oiseaux viennent se reposer ,
lisser leurs plumes , hisser leurs yeux agiles au bleu du ciel,
la quiétude et l'excitation des nuées dans le cercle de l'oiseau à s'envoler ,
soir où l'horizon se cabre noir , tout vient d'encre et de fusain ,
l'herbe palpite fontanelle sépia tendre de la terre
un doigt attentif sur le battement balbutié
les vagues aux crinières blanches déferlent sur le ventre de la plage

mardi 22 janvier 2013

Musique
















le ciel de la nuit pulse comme un banc de poissons
et derrière les yeux des poissons
un oeil encore derrière
celui du peintre  du poète
c'était avant , c'est maintenant ,
comme on se baigne
air liquide 
comme on tournoie
comme on vide son coeur sur la terre
et comme ils  regardent vivre .


Tout dans ce monde expliqué , des plans précis ,  pas le temps,
vérifier vérifier, c'est là bien tout ce qu'il sait faire, établir des listes , faire tourner le vent sans le moindre sens , cultiver le malheur , des échelles comparatives , du mou de veau.


 Ferme les yeux
poursuivre en solitude
les oiseaux se sont tus au vent
dans les nacelles d'arbres
une lettre repliée dans leurs ailes ,
on entendrait dormir la mer
au pas vêtu de pincées de pluie
et les étoiles posées sur l'épaule  tisser leurs toiles  d'aube,
tout cela est si mince ,
du bord de la bouche de sable d'herbe de pierre
la langue de mer
au plus loin de l'horizon.
Nous entendons dormir la mer
berceau d'eau .


Que traduire , que trahir ,
que serait la terre sans eux

Elle tournerait encore et encore et encore
 Goûtons voir si le vin est bon








































Vivaldi / Concerto pour mandoline /


Vivaldi / 9 concertos pour flûte traversière /


lundi 21 janvier 2013

Les chevilles de nacre
et la tourbe d'étoiles en lacs plaines et collines
des roulis de mica la gorge ouverte
des flammes d'eaux des lacets d'oiseaux
et la phrase du fleuve qui monte du ventre
qui roule à la peau du cheval , palmes fluides et galops sauvages,
l'homme vertébrale femme de fleur
courbée de roseaux , de jarre de terre,
d'amphore aux épaules violette
dans les satins de chair
les aréoles glissent vers la nuit des lunes voilées de larmes
les étriers de mots dans le châlit des moissons
les yeux coraux d'aubépine.

Mémoire du monde aux cercles des arbres
aux cernes d'un baiser
la femme ouvre ses paupières sur la pierre
la rivière glane les blés
sa voix diaphragme aux cités de l'âme.

vendredi 18 janvier 2013


La nuit est pâle
pâle de peau rosie 
pâle un baiser de nénuphar
la mer se ride
un ourlet violet

Un vieil homme vient de fermer sa porte
une orange mûrit dans sa pendule de papier
sous la table un vieux chat perd ses poils
une plume d'encrier noircie de lettres

Près du marais jaune une grenouille chante

Cru le coeur d'un élan
les sabots chargés de neige
la forêt épaissie de branches
le feuillage de la lune
le voyage des étoiles tape à la vitre de la nuit

jeudi 17 janvier 2013

 Lumière particulière ,
poème des terres forêts naissantes du loup
la gueule brillante , un bourgeon noir cherche ,
de l'ours langue encore enluminée de miel
dans la gorge coulent les elléborines rouges
le ventre frottant  la caverne et la pierre ,
corneilles aux cris de becs sur l'écorce ,
l'eau passe entre les  chevilles de la maison
et les poissons sifflent  baignent leurs jours entre deux ports lointains ,
les moulins continuent de tourner au vent
 les frênes et les bouleaux s'épanchent ,
de très loin j'entends venir le galop du soleil entre les claquements de robes des nuages ,
je n'ose ouvrir la bouche
les pétales s'engouffrent dans la mer
je n'ose ce poème
joie et lumière
le son sur la pierre blanche de l'océan , gentiane ,
des floquets de linaigrettes joyeuses parsèment la huppe des vagues ,
je sirote au bouquet d'oiseaux




jeudi 10 janvier 2013

Telle cette nuit

ce flottement dans le temps
ce petit fauteuil  de pierres
je m'étais adossée ,
cette masse noire de mer
le mur silencieux des tombes,
entends la nuit marcher au coeur 
son pas ,
les blocs de glaces s'entrechoquent se soulèvent se brisent
pointent des gemmes étranges, des cristaux de moraines,
l'océan craque grogne et gronde
incessant charroi de carillons argentés
dragon fantastique émergeant de la fosse sombre
haute silhouette impassible et son cortège ruisselant d'ailes ciselées au diamant ,
quelque chose de rouge vivant dans la lune
elle joue du couteau
 folles herbes de cristal  grandes fougères dorsales  et cailloux ras
pourpoints d'écailles de rubis ,   sostenuto ,
pas un arbre ,
ma toute pleine noire
de toi , de moi et de chants de trépas ,
une remontée de temps ,ventricule d'encre ,
mémoire que chaque mot trahit
que chaque chant laisse venir monter
une étoile est tombée  loin de tout emprisonnement
de toute appropriation ,
que chaque mot brûle pour laisser place
que chaque face grimaçante extermine
que chaque noir du dessus où transpirent
chaque couleur chaque forme aux douceurs
imbibant  mon coeur en dessous

merveilleux nageur solitaire dans le crâne
insolites vols   glissements de peaux
je me laissais partir
fins tissus de baille
doux creux de faille
un intervalle d'étoiles nous nous sommes coulés
alors ma main sur l'eau
une courbe
un névé
un caillou
je me suis allongée
une barque d'aube lumineuse
un miroir de nuages aux soyeux taffetas ,
plaine maritime  , de grands bouquets d'oeillets suspendus aux gorges désolées des moraines,
j'ai entendu la mer ,
la déchirure du grand matin prend silence dans le vol d'oiseaux
l'écorchure du visible,
tout prend  silence ,
cela s'écrit  , un temps ,
la lumière hivernale  joue sur ce qui s'est écrit  , elle se  joue de la nuit ,  je joue avec elle et les mots jouent aussi   , cascade sur l'eau , louvoie  , longe les fenêtres , au vent aigu  réveille et ensanglante  les toits ,
vive dans le cours d'une chair d'un  poisson d'argent  elle entraîne le perçant d'un sillon ,  des nids de pierre  où elle s'ébat dans un éclat de  bleu colbat , éclaire la  bande étroite de gros galets bruns le long du mourant  des flots ,   assombrit la veine d'une colline dans son bandeau de terre basanée , un jeu de rayons , un jeu d'écume sur un cou , une joue , un bras sur une table , une fenêtre,  elle est partie dans son avalanche d'heures , blondit le vieux  ponton  brûlé , bleuit les noirs , empourpre les gris , ocre les verts ,  déguste les grelots de gel , pique les petits pieds d'oiseaux solitaires de paillettes cuivrées  , chatoie les glacis aux vertes tiges dans le ventre de l'iceberg ,  lèche superpose se  lève et se couche , glisse sur  les points de clarté et d' obscur pour une neige de glace de mousse et de crème , un satin sur la jambe d'un chemin ,  vole un éclair de son oeil ,   déguste  une déflagration de couleurs ,  un bouquet d'oeillets , ce que je n'attendais pas est là .
Un seul petit souffle dans la main  , cela disparaît, cela revient par touches  légères , un éventail qui s'ouvre au bord d'un visage ,  paresse sur la tourbe au détour d'un nuage , l'océan un vase opaline de glaçons où s'écrit et se peint une phrase de fin , un flocon vient s'ouvrir et se mêler de gris sur la table .
Je me réveille et je t'écris un poème ,  la première fois lorsque tu t''éveilles , j'ai senti le sommeil sur ta bouche saillir dans la clarté , et le vent  chaud  sur les herbes onduler par  la fenêtre, un nuage était là