Tiens il pleut
Tiens il pleut
lundi 15 avril 2013
Fazil Say / Marche Turque / Mozart en raghtime
Fazil Say pianiste virtuose turc , condamné à dix mois de prison avec sursis pour avoir affiché son athéisme, il s'était également moqué de l'appel à la prière du muezzin, citant des vers du grand poète persan du XIe siècle, Omar Khayyam.
Il est parfois dangereux d'avoir tort mais plus dangereux encore d'avoir raison
dimanche 14 avril 2013
samedi 13 avril 2013
Je n'ai pas bu trois verres de vin rouge,
je ne suis pas allée danser ,
j'ai l'air d'un crapaud pâté de vert
j'ai l'air d'un rien,
je m'endors à pas d'heure
et range mon coeur au frigidaire
et malgré le climat , il bouge, mais plus beaucoup,
j'ai mon âge d'enfant et celui du calendrier
Un poisson rouge monte le ton et
je parle le soir à mon ange ,
je suis un scribe inattendu,
attentif et silencieux ,
je suis sur la terre ,
le ciel de l'enfance,
je suis un morceau d'ardoise grise ,
j'efface les majuscules de craie
Toujours assise sur le derrière
inopérante bipède
je regarde la pluie faire la pluie,
je suis comme le chat , tout confus, tout boulus,
je suis à la frontière,
j'ai baissé les armes ,
je suis partie chercher le pain
et je reviens avec la fièvre
Je cours au delà ,
je me rend invisible, impossible,
je suis désarmée ,
j'ai perdu la parole
je n'ai pas de patience pour les rêves,
je suis le déluge
il pleut partout,
je donne le change en feuilles de papier
Je suis dans le fil à conversation, et je laisse tomber ,
j'aime le ventre de l'océan,
je n'utilise plus le mot tranquille
depuis que je suis née hier,
je me perd dans les rues,
je suis la bouteille à l'envers,
je suis une boule de nerfs,
j'ai des douceurs à l'intérieur
Je n'ai pas bu trois verres de vin rouge ,
je n'ai pas de parachute ,
je n'ai plus de saisons ,
j'avais des élans , des candeurs,
j'ai des questions d'enfant,
je n'ai pas la raison,
je n'ai plus ma raison ,
je chante doucement
Je connais des chansons
j'aime la mer déchiquetée de sel de rochers ,
de calme et de changeant,
j'aime la mer , les villes de fleuves ,
les longues rues où le soleil accroche ses souliers,
je n'ai pas la raison
je n'ai rien d'utiliser
je ne suis pas allée danser ,
j'ai l'air d'un crapaud pâté de vert
j'ai l'air d'un rien,
je m'endors à pas d'heure
et range mon coeur au frigidaire
et malgré le climat , il bouge, mais plus beaucoup,
j'ai mon âge d'enfant et celui du calendrier
Un poisson rouge monte le ton et
je parle le soir à mon ange ,
je suis un scribe inattendu,
attentif et silencieux ,
je suis sur la terre ,
le ciel de l'enfance,
je suis un morceau d'ardoise grise ,
j'efface les majuscules de craie
Toujours assise sur le derrière
inopérante bipède
je regarde la pluie faire la pluie,
je suis comme le chat , tout confus, tout boulus,
je suis à la frontière,
j'ai baissé les armes ,
je suis partie chercher le pain
et je reviens avec la fièvre
Je cours au delà ,
je me rend invisible, impossible,
je suis désarmée ,
j'ai perdu la parole
je n'ai pas de patience pour les rêves,
je suis le déluge
il pleut partout,
je donne le change en feuilles de papier
Je suis dans le fil à conversation, et je laisse tomber ,
j'aime le ventre de l'océan,
je n'utilise plus le mot tranquille
depuis que je suis née hier,
je me perd dans les rues,
je suis la bouteille à l'envers,
je suis une boule de nerfs,
j'ai des douceurs à l'intérieur
Je n'ai pas bu trois verres de vin rouge ,
je n'ai pas de parachute ,
je n'ai plus de saisons ,
j'avais des élans , des candeurs,
j'ai des questions d'enfant,
je n'ai pas la raison,
je n'ai plus ma raison ,
je chante doucement
Je connais des chansons
j'aime la mer déchiquetée de sel de rochers ,
de calme et de changeant,
j'aime la mer , les villes de fleuves ,
les longues rues où le soleil accroche ses souliers,
je n'ai pas la raison
je n'ai rien d'utiliser
mercredi 10 avril 2013
Conversation sous les étoiles
un vieux très vieux cahier chuchote la pierre et le sel
des lignes serrées d'encre de seiche
des marches blanches impalpables à son poignet léger
un vieil très vieil homme ne pèse plus sur la mer
il attend le vent le vieux vent
une ancienne boussole dans ses mains décharnées
j'écoute le vent
le dessillement des paupières de la dune
l'alouette grisoller
la feuille filant au ruisseau
le soleil sur la pierre effleurer
la nève bleu gracile la ligne de mer
il ne pèse plus sur la mer
j' entends le vent se confier juillet de pluie de fleurs
le long du grain du bois s'épancher flottantes,
délicates tempes argentées de lune
des lignes serrées d'encre de seiche
des marches blanches impalpables à son poignet léger
un vieil très vieil homme ne pèse plus sur la mer
il attend le vent le vieux vent
une ancienne boussole dans ses mains décharnées
j'écoute le vent
le dessillement des paupières de la dune
l'alouette grisoller
la feuille filant au ruisseau
le soleil sur la pierre effleurer
la nève bleu gracile la ligne de mer
il ne pèse plus sur la mer
j' entends le vent se confier juillet de pluie de fleurs
le long du grain du bois s'épancher flottantes,
délicates tempes argentées de lune
mardi 9 avril 2013
chambre noire
ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
cité aux murs rougis de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire
l'offrande de la blondeur sur la nuit d'océan
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
cité aux murs rougis de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire
l'offrande de la blondeur sur la nuit d'océan
chambre noire
ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
cité aux murs rougies de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
cité aux murs rougies de cendres
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire
Silence libre
Le silence comprend tout prend tout et tient la main,
la ligne musicale
bateau sous les étoiles dans sa toile d'eau,
la ligne filigrane
myriadaire frôlement de chair d'écho
les fils d'étoiles et les saisons d' eaux
tout en haut les flots d'étoiles et les pluies crépuscule percale d'ouïes ,
le levant haubanne sur les pointes vertes des îles
les feuillées déroulent leurs calices pointillés d'émail
palmes oiseaux d'aigues et d'opale sillonnés de marines ,
clappe la langue charnue cochenille dans les voiles d'aube
le soleil écoute étinceler la pluie
pincées d'étoiles
hormis le flocon qui passe
le silence est libre
hormis le flocon qui passe
le doux chancellement d'yeuses
la ligne musicale
bateau sous les étoiles dans sa toile d'eau,
la ligne filigrane
myriadaire frôlement de chair d'écho
les fils d'étoiles et les saisons d' eaux
tout en haut les flots d'étoiles et les pluies crépuscule percale d'ouïes ,
le levant haubanne sur les pointes vertes des îles
les feuillées déroulent leurs calices pointillés d'émail
palmes oiseaux d'aigues et d'opale sillonnés de marines ,
clappe la langue charnue cochenille dans les voiles d'aube
le soleil écoute étinceler la pluie
pincées d'étoiles
hormis le flocon qui passe
le silence est libre
hormis le flocon qui passe
le doux chancellement d'yeuses
dimanche 7 avril 2013
Chambre noire
Nous sommes ces hommes et ces femmes devenus poètes
ces poètes devenus hommes et femmes,
il n'y a pas d'ordre dans cela, il faut quitter ,
de la violence et de la douceur ,
chacun y donnerait un sens où il n'y en a pas,
cette puissance qui existe et n'existe pas pourtant ,
un temps de bataille , féroce,
ce temps de blancheur impalpable,
ce temps de noir que nous croyons mauvais ,
la mer ce temps de voiles dressées ,
les chants les espaces où voler où respirer les parfums des fleurs ,
bleu , cieux immenses de bonté , de musique où les cerises pleurent,
pourpre où le sang s'est noyé ,
le mur des morts est là ,
nous sommes ce temps qui n'a pas existé et qui existe , temps de fièvre , de pain , d'os , d'huile de chandelles et de mains, ce temps d'orage et d'écriture ,
sans nombre et dans l'instant ,
ces temps de regards , de retard et d'avance ,
perdus décharnés par les heures de peur où nous sommes tombés ,
temps arrachés et retrouvés,
l'urgence dans l'ombre du noir , ces temps d'angoisse et de gouffre ,
ces temps d'homme et de femmes, ces vacarmes,
sans cicatrices hormis ce flocon qui passe ,
une rose ,
un silence où j'ai trouvé la présence et l'absence,
arrêtée un temps dans ce temps
le bateau sous les étoiles dans sa toile d'eau,
la musique a levé le monde des flots
jusqu'à s'étendre et nous tenir tout entier
ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire ,
il faut quitter
ces poètes devenus hommes et femmes,
il n'y a pas d'ordre dans cela, il faut quitter ,
de la violence et de la douceur ,
chacun y donnerait un sens où il n'y en a pas,
cette puissance qui existe et n'existe pas pourtant ,
un temps de bataille , féroce,
ce temps de blancheur impalpable,
ce temps de noir que nous croyons mauvais ,
la mer ce temps de voiles dressées ,
les chants les espaces où voler où respirer les parfums des fleurs ,
bleu , cieux immenses de bonté , de musique où les cerises pleurent,
pourpre où le sang s'est noyé ,
le mur des morts est là ,
nous sommes ce temps qui n'a pas existé et qui existe , temps de fièvre , de pain , d'os , d'huile de chandelles et de mains, ce temps d'orage et d'écriture ,
sans nombre et dans l'instant ,
ces temps de regards , de retard et d'avance ,
perdus décharnés par les heures de peur où nous sommes tombés ,
temps arrachés et retrouvés,
l'urgence dans l'ombre du noir , ces temps d'angoisse et de gouffre ,
ces temps d'homme et de femmes, ces vacarmes,
sans cicatrices hormis ce flocon qui passe ,
une rose ,
un silence où j'ai trouvé la présence et l'absence,
arrêtée un temps dans ce temps
le bateau sous les étoiles dans sa toile d'eau,
la musique a levé le monde des flots
jusqu'à s'étendre et nous tenir tout entier
ce rien tout en haut des flots d'étoiles et d' eau ,
je me suis abandonnée à ce quelque chose qui n'a pas encore de nom,
écouter le vent , la neige, la pluie et le soleil dormir derrière nos yeux ,
il suffit que la faille s'ouvre et que la mort sourit ,
il pleut doucement et personne ne répond et personne n'écoute,
il pleut dans mon coeur sur cette ville tendre
hormis ce flocon qui passe
seule au milieu et sans mots pour dire ,
il faut quitter
samedi 6 avril 2013
jeudi 4 avril 2013
jardin d'été
Le jardin sonne
ronde
rondeau
feuilles et roses
calmes et closes
Tige après tige
feuille après feuille
fleur après fleur
vase de parfums
une livrée de joie
En dessous et en dessus de toute chose
le jardin monte vers la lumière
ces choses minuscules
un point d' étoile
les sons infinis d'une nuit
Dans la chambrée voilée de pluie d'été
un ange a renversé les cartes sur la table
les jeux sérieux de l'enfance
les rires mutins s'élancent encore
et le soleil roux sur l'allée bordée d'arbres en corps
déjà entrés dans la pointe de la mort
j'étais dans ces mêmes rires
à cette même table
sous l'allée bordée d'arbres
dans ces mêmes mots
je suis dans ces mêmes mots
dans ce même corps
les rires criblés d'air
la nuit criblée du son des étoiles
les arbres criblés de lumière
le tamis des rousseurs
amour
déjà entrés dans la pointe de la vie
lundi 1 avril 2013
| La fontaine des livres à Rome |
Dans la chambre de verre
la lune éclaire
à l'écart
un musoir
je peux fermer les yeux et voir
les nuages
Nuque inclinée
Pudeur de lumière
Corps de bandeaux
Un jeune cerf boit
Le fleuve pagine l'eau
Je peux ouvrir les yeux et boire
à l'écart
le musoir
la lune éclaire
dans la maison de verre
les nuages
vendredi 29 mars 2013
le pinceau à la bouche
Petits colliers de landes de coquillages
mouchoir de sable
je suis partie à la pêche
le fleuve et ses charmes moustaches d'oiseaux
des lagunes de hautes herbes
ses foulées de pierres
la plage la mer
la ligne d'algues violettes sous l'aube
double écluse de fleurs
des pupilles jaunes battent dans la brume
le flot mélèze
un chant
une ligne de crayon
un trait de peinture danse
un chant
une lettre
un mot
mouchoir de sable
je suis partie à la pêche
le fleuve et ses charmes moustaches d'oiseaux
des lagunes de hautes herbes
ses foulées de pierres
la plage la mer
la ligne d'algues violettes sous l'aube
double écluse de fleurs
des pupilles jaunes battent dans la brume
le flot mélèze
un chant
une ligne de crayon
un trait de peinture danse
un chant
une lettre
un mot
mardi 26 mars 2013
B Marcello,A Corelli,2 Oboe Concertos I Solisti Veneti,C Scimone
Aller à Venise , c'est aller à Venise ,
rêver de Venise , rêver Venise c'est y être .
Les choses , les villes , les rêves , les hommes , les femmes , ne sont jamais là où nous croyons qu'ils sont ,
y aller c'est déjà revenir ,
la musique est là pour nous la rappeler , rêve jamais tout à fait fini , pas achevé ,
destination inconnue , la mer et ses bras de navires , écrire .
Terre en mer
mer en terre
Venise rêvée
le rire de Venise lorsqu'il sort du tableau et lorsqu'il y retourne
les rires
des rires
pas un pareil
mais tous ne savent pas qu'ils sont là
amour de la poésie
Nous y verrons une madone à la table d'une trattoria buvant un café , échappée de Rome d'un tableau de Raphael Sanzio , Ingres passant le temps à peindre une autre sur l'épaule de Raphael , lui même peignant son auto portrait , des petits anges espiègles faisant des ronds dans l'eau du canal et Canaletto rencontrant une jeune étrusque à la porte d'un palais secret , un jardin égyptien où les morts somnolent à l'ombre d'une église.
Un vieux savant vivant pour les étoiles , des marauds qui coupent les bourses des passants , les marchands discutant âprement , Michel Ange , Le Pérugin , nous parlerons à tous et chacun se reconnaîtra en cette passante , ce passant , des drapes de bouquets et des ensoleillements subits, des bruines qui font briller les coupoles , un vol d'oiseaux , des églises à l'heure la plus chaude où je m'assieds au frais , la musique , la lecture et la fenêtre de la porte où je les vois tous passer comme des anges clandestins qu'ils sont de la renaissance multipliée par autant de portraits de madone qu'ils ont aimé , autant d'hommes qu'ils ont aimé .
Ils les ont peint et ils sont là à Venise , le bras à la fenêtre , Le Bernin et ses statues marchent dans la rue.
Inexplicable , la nécessité est intérieure .
Auto portrait / Raphael Sanzio /
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| La Madone Sixtine |
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| Détail de la Sixtina |
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| Ingres / portrait de raphael / |
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