Tiens il pleut
Tiens il pleut
lundi 28 octobre 2013
La femme et l'enfant sur la photo
de noir marchant
chassant la maison blanc vif derrière leur sillage,
le jardin, personne autour,
la petite fille cligne des yeux
les doigts en éventail sur le front trempé de lumière,
l'ombre s'ouvre sur le mur de pierre,
les pommiers en fleurs,
les pommiers grimpent le long de la muraille,
corolles de pleurs fleuris
les pommiers dépoitraillés,
les pommiers en fleurs.
Déjà publié en 2010 et 2011 , alors 2013
samedi 26 octobre 2013
jeudi 24 octobre 2013
Le saule pleure de chatons mimosas ,
les jonquilles au pré lèvent la tête à la douce heure qui boit la sieste bleue,
les mousses éponges de verveine blotties sous la ployée de lumière, froncent l'étang ,
ses liqueurs frissonnent d 'alevins , ventrus blancs,
des chants d'herbes appareillent, la carpe à l'oeil de cerceaux d'agate,
des colliers des sautoirs des plongeons , des cordes à sauter ,
petites filles des récréations,
des nattes de jonc,
sur le bord de la rive nous tapons du pied
et les têtards boule d'alphabet nouveaux- nés s'ouvre et se ferme
une fleur d'eau noire pulse et bat à l'impact mat de nos pas
dans la verdeur calme de l'eau,
au loin , la maison perce ses premiers bourgeons sur les murs de rousseur,
son teint de lait , passoire de sons ,
l'épeire a brodé un diadème étiré sur la lucarne du grenier
elle recommencera demain à l'ourlet des rosées du levant,
fine brodeuse sous sa pèlerine de mica
couronne d'arc en ciel
enfants de printemps
demain la mer
je m'endormais avec elle dans mon coeur
un petit sac de sable .
Nous ne sommes pas allés si loin que les cap horniers,
pilotins de cassonade
tartine brune renversée crissant sur le sable
écraseurs de crabes
sous les plantes de pieds
les diamants de rocaille,
les pommes rouge caramel barbouillées
à la bouche , criant à la bourrasque
levez le pouce
levez les voiles !
Fuyons , alevins dans la nasse ,
touons les orpaillages aux blanches gorges enfantines
bois de vent
cheveux de bataille
mousse d'écume entortillant le ventre de serpents à têtes d'algues,
dans les flots fuseaux d'acier ouvrant la poitrine
les jeunes apprentis cherchent les grandes baleines blanches.
Nous sentions la mer nous emporter,
grappes de bras, épaules saillantes
alysses maritimes s'amuïssant aux salines
entremêlées de lames d'azur,
couteaux brillant sur l'horizon en fuite
nous tenions la mer entre nos cuisses
chevaux indomptables foulant les brisants,
cavaliers d'infortune
nous battions la vague , cracheurs de spume,
la terre sur un dernier souffle,
volupté terrifiante,
poitrine palpitante de vases éventrés.
Un petit sac de sable
samedi 19 octobre 2013
Rouge
soir aux têtes d'arbres
petites gueules de renards
dans le grésil noir des rues
des glapissements pointus
tarde tarde un peu
les mouchoirs bleus les yeux de bistrots
tarde tarde un peu
derrière les carreaux
bleues bleues
petites bouches
aux bouches du métro
petits oiseaux noirs sur les cordes contrebasse
bougent les pattes
pétulant sur les rambardes
un colleur d'affiche assis sur le marchepied
rue blanche
têtes d'arbres
pointes de moineaux petites gueules de renard
mardi 15 octobre 2013
Un petit matin de brume hallucine les rues citadines,
des petites formes glissent sous les réverbères en cloche,
des serpents de trains clignotent leurs guirlandes
avalent constricteurs les pieds, les semelles
les jambes , les nylons ,
les portes jarretelles , les caleçons,
les épaules , les petites mains,
les chapeaux , les secrétaires , les valises,
les poches à crayon , les équerres , les architectes ,
un garçon de chantier , une paire de lunettes , des lettres secrètes,
des livres aux pages cornées ,
les paupières et les bouches froissées de sommeil ,
des nids d'hirondelles des rayures de ciel,
des pas silencieux dans la ville,
l'aube est tranquille
calme
les tisons reprennent feu
une porte s'ouvre
quelqu'un est parti tôt
on ne sait où
un enfant se frotte les yeux dans la cuisine
une tasse de café chaud sur la table .
dimanche 13 octobre 2013
Promenade dans les bois
promenade
la terre est ronde , chemin assoupi , blanche heure ,
le ciel est dessus nos têtes , pétillant de sarcelles ,
les arbres tournent de l'oeil ,
l'approche de nos pas,
les gnomes jettent des pierres en sifflant les poissons,
le lac au repos,
le souffle de nos bouches danse sur l'air
s'éparpille comme oiseaux sur un coup de tête du vent ,
des nuages comme des couettes
glissent des balles de coton sur les grands champs
les allures de l'hiver rentrant ses troupeaux ,
chaumières ensevelies de paille
nos mots chuchotés à moitié
des rires sans dire
des douceurs sans faire
nos haleines sur l'air des pas lents
oreilles bleuies
col de laine nid brindille
vapeurs de lune sur le ciel étincelant
une tache rousse, un chevreuil bouge les branches ,
le soir s'enroule frileusement sous la lueur douce lustrée
du ciel de neige qui descend sans bruit
uniformément doux gris,
l'aile d'un flocon ,
jeudi 10 octobre 2013
mercredi 9 octobre 2013
samedi 5 octobre 2013
Les pageots d'oiseaux
Les cieux sont changeants
la mer est sonore
sang améthyste dispersé ,
soleil ,
femme citron sur l'oeil de la pierre ,
langue de sable déroulée
les petits crabes bagotent dans les trous d'eau tiédies,
boutonnière rouge du soir posée ,
soleil,
miroir de fruit couché,
et le vent qui passe dans les arbres
s'amuse à remuer les feuilles
une bouffée de vent ,
soleil ,
une voiture passe nuitamment
une bouffée tabac bleu d'oiseaux
lundi 30 septembre 2013
Je suis l'eau
et je prends tes yeux je les enlève
du fond de la rivière
sur une pierre
Je suis le burin
et je taille tes peines
à petits coups ciseaux patients
sur le dos de tes mains
Je suis l'herbe
et je mêle ton chant
ondulant à mon galop courbe
à travers la plaine, âmes hanches d' étamines
Je suis le temps
qui frappe ta poitrine
étrange instant des réveils
où le mur tremble
où les objets s'animent de lumière
où le chat sorgue assis sur le toit
de borgnon qu'il est, étire deux paupières, liquides pers
et conciliabule avec la cité au soleil, des géants allongés là,
mains de glaise et de feuilles où chantent les lierres,
mystérieux instant où le point s'ouvre
et délie le soleil et la lune en ficelles nègres
peignes d'ivoire aux gibernes de clavecin
beauté et effroi des réveils où je me ploie sur ces cordes de vie,
la Seine une empoignade de tourbe, le pont a bougé ,
les cygnes nagent tout autour de nos chevilles
l'océan qui baigne ma tête de rouges et de vertes îles amarantes
Et l'automne qui vient
sa main
son flanc pluies rousses
pain de châtaignes
pente ronde de bois regard d'eau tourbillon calme
le lit des yeux verts où boivent et vivent les jours perdus
la nuit s'étend sur la ligne de grains de lune
colline blanche chauve marbre de corps
de l'eau dans l'encre
le trait d'aube
C'est dimanche et je dors
petit sommeil d'or,
c'est dimanche je me lève ,
sous ma peau le chemin de la fièvre,
c'est dimanche à midi ,
et j'ai faim , petit morceau de pain ,
c'est dimanche , et je vais
vers la mer de mai ,
c'est dimanche , elle est plane et pierre ,
je la regarde
sculpter ses poissons de marbre ,
c'est dimanche et je rêve ,
sur le sable , et sans bruit , l'après midi,
c'est encore son ventre plein
qui réclame le mien ,
je reviens , le vent dans les mains ,
c'est dimanche et le soir
à l'encre noire du ressac va boire
la gorgée mystérieuse de la nuit,
c'est dimanche à minuit
je m'endors , petit serpent de mort ,
c'est encore la nuit
et l'ange volubile luit
c'est lundi
mercredi 25 septembre 2013
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