Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

vendredi 22 octobre 2010

Un roman où nous avons perdu pieds
nous dérivons flamme de bougie au vent
vertige étroit entre la vie et la mort
un noeud destiné à réunir ,
vestibules où se murmurent les toi , les moi ,
le nous qui s'entend  sur la guérison qui ne guérit pas
derrière les bruyères brûlées de blanc
les sources ont pris poitrines rouges de fleurs
l'eau abonde autour des cailloux
petits remparts fragiles
l'eau tourne autour
au courant des dérives
les cailloux sages aréoles de chair
j'oublie d'écrire
les souffles chavirent  lentement
chaque guérison qui ne guérit pas
chaque guérison ouvre les mots
chaque mot perce pique et mord,
chaque guérison tourne à la dérive
livrés aux fleurs, l'automne craque ses bogues dans nos veines
renard au crépuscule de lune
fileur de rouet cheveux bleu
verrine de la nuit le diamant au doigt sur la bouche
des sentiments troublant l'étal méthylène muet,
chaque repos sur une  brèche,
les digitales enlacées , foison de paroles,
 foison de paroles, petits marteaux sur la cloche tintent
lentement arrivés pour ne pas survivre,
j'oublie d'écrire.
La phrase refluait et affluait
plutôt mourir
cette phrase avait une particularité
la particularité vive  de vivre .

Isobel Campbell & Mark Lanegan

mercredi 20 octobre 2010

Pour ce que nous sommes
qu'est ce que tu as au bout des doigts,
des ongles,
qu'est ce que tu as dans tes mains,
des doigts,
la main fermée s'ouvre
et bientôt la main ouverte
se fermera , close dans une parenthèse,
une rue ouverte au chant d'oiseau qui s'approche de chaque chose.

Le tigre.

Le tigre a des rayures
je reste  libre de croire
dans la jungle noire
qu'il en est revêtu pour moi, sans moi  ,
je reste libre de croire qu'il en est revêtu pour moi,
pour d'autres,
qu'il ne sautera pas d'un trépied à un autre,
ni sous le fouet dans les cirques et négoces,
les invectives, les stratagèmes , les pastiches sordides,
les compliments, les applaudissements,
les railleries et les crachats,
les starts cliques.

Qu'il ne dansera pas pour moi .

Je reste libre de croire
qu'il est cette lumière fauve qui reste vivante
quand l'aube s'éveille aux ramages des oiseaux frégates
quand l'oiseau pleure et qu'il a froid
quand le poisson vrille d'eau ,
quand le tigre bondit d'un saut mat,
ambre furtive sous les ombrages muets,
troncs froissés de parfums de langue,
le khôl des arbres bruissant dans le fleuve étrange de son oeil,
qu'il ne dansera pas pour moi,
et s'envole  sur une fuite d'échine de nuages
pigments doux et sauvages.

je reste libre de croire
qu'il  est libre  de se revêtir pour moi,
nulle autre,
pour d'autres,
je reste libre de croire
qu'il ne dansera pas pour moi.
Le brame du commerce saisonnier du livre ,
"  Pousse -toi de là , que je m' y mette " .

En pointe :
Le philosophe éclairé et éclairant tant qu'à faire, vivez comme je dis.En général , ils ont de gros sourcils brouissailleux , bruisailleux , qui me filent le désir de mille ans de bon commerce d'entente avec moi même.
j'ai des soupçons de fuite.
Le sociologue expliqué et expliqué et expliquant , pour des siècles et des siècles comme je l'explique.
l'économiste tout va mal et tout va bien comme buzz l'éclair et la chenille qui s'étire en accordéon  ,cent cinquante ans d'espérance de vie.
Les manuels de pratique , savoir bricoler, savoir construire sa maison , savoir jardiner, savoir partir en fin de semaine avec un plein écologique.

Trois petits cochons pendus au plafond
tirez leur la queue
ils pondront des oeufs
combien en voulez- vous ?




dimanche 17 octobre 2010

j'ai penché la tête
à travers le miroir clair
et je t'ai senti sourire et respirer
la nuit un ventre tiède,
 ils parlent de guerre
et moi, j'attends l'hiver.

Mahler / Adagietto /

Guiseppe Verdi / Rigoletto le Trouvere /

samedi 16 octobre 2010

Je ne vis pas pour écrire
et n'écris pas pour vivre
un cahier
pour ainsi dire vivant
il meurt chaque aube
chaque nuit
l'arbre secoue ses feuilles
en passant
entre-temps les roses d'outremer
d' îles en îles dérivent sur le fleuve
entre-deux l'imagination sur les blessures
un cahier
qui s'ouvre sur une pierre
et se ferme sur une fleur








vendredi 15 octobre 2010

Pierres effondrées
le flanc des marées a couché le soleil dans la pourpre
brûlure
brûlure
buisson de jais où se parle la langue
mourir car nous sommes vivants
danser sur la pierre fleurie en nous
pivoines de la vie
de l'aube au crépuscule
la nuit à l'écho
une chambre d'argile
un chant .

mardi 12 octobre 2010

Le corbeau et le renard .

Dissonant autant que gracieux
 emportée par le fil de l'eau
le courant
 chavirée
oh le fil

Je rêve une chaise
un flocon de neige
je tombe sur la fenêtre bleue
de ma caravelle
je sombre
je tombe sur le fil

Dentelle
assise sur le sable
un coquillage ouvert
je rêve sur la page
de mon enfer
je tombe.

je sombre
étrange cavalière
dans la douceur d'une ombre.

Je rêve
assise sur un oiseau
de l'étendue du monde
cruel
déchirée de mon pas
muette et ronde.

Nous sommes sur le fil
oh le fil
des mots d'émaux
la main sur l'ombre ténue.