Tiens il pleut
Tiens il pleut
vendredi 31 octobre 2014
mardi 16 septembre 2014
dimanche 14 septembre 2014
Le chat dort dans le placard
la pluie emberlificote
drache drache drache menue
sur l'oreiller infusent les marquises
pluie merveilleuse catastrophe
dans la lointaine province de Filandres
par le plus doux des contes d'automne
un unijambiste a volé une chaussure
pluie pluie merveilleuse catastrophe
à cloche pied
sur le fil de l'araignée danse
Solitaire le long du fossé
je jette les violettes carnassier froissé
sous les chemises de famine
je jette les ombres aux lumières d'essaim
les lumières aux ombres gibecières
je jette les violettes au fossé.
Un chien à la barrière aboie
les frelons frisent les tuiles des maisons
solitaire je me jette à la route
l'horizon tranche sa grenade d'explosion muette
les larmes coulent émue d'une mer étale de fruit mûr
samedi 6 septembre 2014
samedi 16 août 2014
Pluie lue-divine
les aréoles de myrte
exsudent leur moiteur
sur les flancs des collines,
au loin, les derniers fantômes impriment les nuages,
des pêcheurs fendent le flot
de leurs lourdes rames,
sur la grève des vapeurs blanches d'oiseaux glissent
s'élèvent des tombeaux,
pieds d'ange
qui laissent sur la pierre
une courante sente de fleurs
imaginaire enfant sur une phrase, un cheval errant,
mains dans la main du temps
tu chemines sur ta chimère
à travers la redoutable terre,
pluie bue-divine
un voile de vent secoue l'échine d'océan ,
merveilles et douces impatiences,
sur la grève s'élèvent
des vapeurs claires de chair d'oiseaux ,
un château de pluie
décline les soleils collines dans tes cheveux feuillage persistant
empreintes des parfums
nos pieds dévalent jusqu'à la mer
pour y baigner leurs rires d'air
vendredi 8 août 2014
lundi 21 juillet 2014
Je ne sais pourquoi
l'encre sèche si vite,
ni pourquoi certain soir, si triste,
tant de fois un secret tenu, une joie qui craque
je lève la tête
je soulève les yeux
l'après midi est bleue
le soleil majuscule
brûle les rues ouvertes à ma rêverie d'ombre
mais la feuille est déserte
et quelquefois il pleut
le monde bouge, tremble,
vacille et vit à l'instant qui se tait
samedi 12 juillet 2014
jeudi 12 juin 2014
lundi 26 mai 2014
mardi 13 mai 2014
La nuit a ouvert l'enclos des troupeaux
leur souffle puissant une poitrine noire d'alcôve
museaux humides cornes à la foulée des haleines chaudes de sable
vermillent les pacages des prés à l'abandon ,
buissons d'aube , chèvre pied-vermeil ,
la courbe échine nègre sur le fleuve
encorne les capes de brume et d'or
et gronde la flambée des âmes ,
auprès des arbres
lignages de lunules de l'aube
au diable les couronnes
auprès des arbres le désespoir survient
auprès , nulle colonne de chiffres
auprès des arbres terrasses des hommes
au diable les couronnes qui fanent.
Le noir n'est pas la peur ni la nuit ni l'heure
c'est cette corne qui pointe au jour de la vie,
cette corne qui fait mal , ce cri qui inspire et expire.
Auprès des arbres
non loin de la terre, à l'humus auprès des arbres ,
fragile entêtée , je souris ,
à l'humus enlacées les violettes sous l'ombre douce des forêts
grouillantes d'insectes et de vie et de mort brusque ,
juste place étendue sous les lignages d'oiseaux brisés
à l'humus de la terre surgie .
vendredi 2 mai 2014
lundi 24 mars 2014
dimanche 16 mars 2014
lundi 3 février 2014
samedi 1 février 2014
samedi 11 janvier 2014
mercredi 1 janvier 2014
Poème de Robert Ganzo / Lespugue /
| La Vénus de Lespugue |
Lespugue
| L’ultime pas, le dernier feu, tout signe, le chaos l’efface. Rien que des vents plein de froid bleu entre des mâchoires de glace. Dans l’ombre de ton lourd sommeil parmi les neiges et les pierres, un premier rêve éclôt, pareil au gel qui brûle tes paupières. Ton souffle comme une eau s’élève vers quel fleuve encore incertain ? Ouvre les yeux au bout du rêve ; voici l’aube et le ciel s’éteint. C’est donc ici ? Faims, soifs, saccages, tumultes : nous fûmes conduits. Seules tes mains, comme des cages, gardent ce qui reste des nuits. Comme les dents d’une morsure, te levant quand je me levais, tu me suivais esclave sûre, et peut-être, je te suivais, esclave sans effroi, moi-même. Ainsi, mornes, indifférents, accouplés, deux signes errants dans l’hostilité d’un ciel blême. Bois immobiles sans poussière ; lacs noirs où rien n’avait baigné ; chemins de sang ; haltes de pierre : au gré du troupeau résigné nous fûmes conduits. Tout s’efface. Au bout du rêve ouvre les yeux ; rien que ton corps chaud et frileux ; rien que mes yeux de bête lasse. Le jour. Regarde. Une colline répand jusqu’à nous des oiseaux, des arbres en fleurs et des eaux dans l’herbe verte qui s’incline. Toi, femme enfin- chair embrasée – comme moi tendue, arc d’extase, tu révèles soudain ta grâce et tes mains soûles de rosée. Tes yeux appris aux paysages je les apprends en ce matin immuable à travers les âges et sans doute à jamais atteint. Déjà les mots faits de lumière se préparent au fond de nous ; et je sépare tes genoux, tremblant de tendresse première. Où finis-tu ? Je t’ai laissée Dans la chaleur de notre abri ; mais tu marches dans ma pensée et me dépasses, comme un cri. Les loups n’ont pas clameur plus grande lorsque s’abat celui qui meurt ; et les vents n’ont pas la rumeur que je porte ainsi qu’une offrande. Je te laisse et tu m’accompagnes jusqu’aux pénombres de ces bois, dans ces ravins, sur ces montagnes où se déchirent les nuages ; et dans mes mains, lorsque je bois, c’est ton visage que je vois, le premier de tous les visages ouvert pour la première fois. L’ombre monte et tu m’es ravie. Jusqu’à tes confins poursuivie, tu t’endors. Et moi, vigilant, j’écoute l’oiseau te frôlant, les sources, les bruits de ta vie venu de son plus lointain gîte, et le feuillage gris qu’agite un souffle plein d’appels et lent. Où finiras-tu ? Quand je retrouve tes bras qui m’attendent, tes fièvres, et le mystère de tes lèvres pareilles à ce feu qui couve ? Tu souris aux abords du règne où va ton regard pénétrant ; et ta force, comme un torrent, jaillit de ton ventre qui saigne. Si ma fureur prise à la grappe de ton corps tranquille et puissant crie et se mélange à ton sang, ton visage éloigné m’échappe. Ta chair immense que j’étreins riait et pleurait dans ma moelle, et je trouve, au fond de tes reins, la chute sans fin d’une étoile. |
Rien que des vents plein de froid bleu
entre des mâchoires de glace.
Dans l’ombre de ton lourd sommeil
parmi les neiges et les pierres,
un premier rêve éclôt, pareil
au gel qui brûle tes paupières.
Ton souffle comme une eau s’élève
vers quel fleuve encore incertain ?
Ouvre les yeux au bout du rêve ;
voici l’aube et le ciel s’éteint.
C’est donc ici ? Faims, soifs, saccages,
tumultes : nous fûmes conduits.
Seules tes mains, comme des cages,
gardent ce qui reste des nuits.
Comme les dents d’une morsure,
te levant quand je me levais,
tu me suivais esclave sûre,
et peut-être, je te suivais,
esclave sans effroi, moi-même.
Ainsi, mornes, indifférents,
accouplés, deux signes errants
dans l’hostilité d’un ciel blême.
Bois immobiles sans poussière ;
lacs noirs où rien n’avait baigné ;
chemins de sang ; haltes de pierre :
au gré du troupeau résigné
nous fûmes conduits. Tout s’efface.
Au bout du rêve ouvre les yeux ;
rien que ton corps chaud et frileux ;
rien que mes yeux de bête lasse.
Le jour. Regarde. Une colline
érpand jusqu’à nous des oiseaux,
des arbres en fleurs et des eaux
dans l’herbe verte qui s’incline.
Toi, femme enfin- chair embrasée –
comme moi tendue, arc d’extase,
tu révèles soudain ta grâce
et tes mains soûles de rosée.
Tes yeux appris aux paysages
je les apprends en ce matin
immuable à travers les âges
et sans doute à jamais atteint.
Déjà les mots faits de lumière
se préparent au fond de nous ;
et je sépare tes genoux,
tremblant de tendresse première.
Dans la chaleur de notre abri ;
mais tu marches dans ma pensée
et me dépasses, comme un cri.
Les loups n’ont pas clameur plus grande
lorsque s’abat celui qui meurt ;
et les vents n’ont pas la rumeur
que je porte ainsi qu’une offrande.
Je te laisse et tu m’accompagnes
jusqu’aux pénombres de ces bois,
dans ces ravins, sur ces montagnes
où se déchirent les nuages ;
et dans mes mains, lorsque je bois,
c’est ton visage que je vois,
le premier de tous les visages
ouvert pour la première fois.
L’ombre monte et tu m’es ravie.
Jusqu’à tes confins poursuivie,
tu t’endors. Et moi, vigilant,
j’écoute l’oiseau te frôlant,
les sources, les bruits de ta vie
venu de son plus lointain gîte,
et le feuillage gris qu’agite
un souffle plein d’appels et lent.
Où finiras-tu ? Quand je retrouve
tes bras qui m’attendent, tes fièvres,
et le mystère de tes lèvres
pareilles à ce feu qui couve ?
Tu souris aux abords du règne
où va ton regard pénétrant ;
et ta force, comme un torrent,
jaillit de ton ventre qui saigne.
Si ma fureur prise à la grappe
de ton corps tranquille et puissant
crie et se mélange à ton sang,
ton visage éloigné m’échappe.
Ta chair immense que j’étreins
riait et pleurait dans ma moelle,
et je trouve, au fond de tes reins,
la chute sans fin d’une étoile.
Où finiras-tu ? La terre oscille ;
et toi, dans le fracas des monts,
déjà tu renais des limons,
un serpent rouge à la cheville ;
femme, out en essors et courbes
et tièdes aboutissements,
lumière, et nacre ombres et tourbes
faites de quels enlisements ?
je vois tes seins s’épanouir
et parfois ton ventre frémir
comme un sol chaud qui se soulève.
Tu m’apaises et je m’étonne
de ces pouvoirs que tu détiens ;
et je sais, femme, qu’ils sont tiens
les miracles roux de l’automne.
Ta voix chante les longs passages
de nos frères multipliés
aux horizons, et leurs messages
noués au tronc des peupliers ;
les noirs charniers des jours torrides
les faims, les soifs insatiables
et le rire égrené des sables
déchirants des poitrines vides ;
les griffes, l’empreinte des dents,
les flammes vacillantes dans
la nuit des plaines infinies, la sèche attente des momies,
le dur et blanc dédain des os,
l’ordre frappé sur la peau morte
roulant aux ailes des échos,
et tout ce que la terre porte.
Et chante aussi que tu m’es due
comme mes yeux, mes désarrois,
et des cinq doigts d’ocre aux parois
de la roche où ta voix s’est tue.
Le silence t’a dévêtue,
- chemin d’un seul geste frayé –
et mon orgueil émerveillé
tourne autour d’une femme nue.
Première et fauve quiétude
où je bois tes frissons secrets
pour connaître la saveur rude
des océans et des forêts qui t’ont faite, toi, provisoire,
île de chair, caresse d’aile,
toi, ma compagne, que je mêle
au jour continue de l’ivoire.
Ton torse lentement se cambre
et ton destin s’est accompli.
Tu seras aux veilleuses d’ambre
de notre asile enseveli,
vivante après nos corps épars,
comme une présence enfermée,
quand nous aurons rendu nos parts,
de brise, d’onde et de fumée.
Robert Ganzo / Poète vénézuélien d'expression française / 1898 - 1995
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