Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 19 décembre 2010

Patience mon coeur
patience mon coeur
sous le kiosque à musique
grand merci pour l'existence de ces fleurs 
ces voix rouge de ciel
ces eaux givrées d'haleine de silence
ces chairs qui mûrissent au vol d'abeille
ces plaines où s'ancrent les mers
ces ports d'arrivée encriers des âmes hémophiles
patience ces gorges où s'ébouriffent les oiseaux d'aube
brindilles dans les racines profondes
la nuque au flocon bleu.
Paris glisse et valse sur la Seine
lents des escaliers de cuivre descendent au jardin
esquissés au fusain brun
miroitent des baisers d'aras à l'oasis blanche,
le fleuve chante ses îles de truites et la cité est magnifique
.

vendredi 17 décembre 2010

                                                 Chère Louise ,

Je suis trop spontanée , cela me fait  faire des malices, je ne devrais pas ôter mon chapeau , laisser les rêves dans les cheveux ,porter les aubes, patience de plaine dans le ventre de l'été dans les villes , le chapeau sur l'oreille, une escarpe en pente douce, une porte entrouverte sur l'océan  capé sans fortune, de poissons de mâts et d'horizon, remontant les cols du fleuve, bruissant de voyelles et de consonnes , des vocables de houle , des flûtes d'hippocampes, des étraves de solens cliquetant sur le dos des vagues, les coupant finement , pages en pages , déliées autant la brise feuilleter les arbres d'eaux .

jeudi 16 décembre 2010

L'imaginaire
l'enfance
le seul monde qui est
reste
lorsque tout a fui en avant.
Quand à tout écrire sur le présent et l'avenir,
l'imaginaire est le seul monde qui est encore à découvrir.

Tous les monstres
 toutes les beautés
toutes les merveilles y sont
tout y est
sauf le travail très heureusement
et la morale du travail et de la fourmi.

Très heureusement il n'y a pas que les cigales qui chantent,
quelquefois elles crient , absurde brouhaha de mine,
très heureusement ce qui n'est pas à aimer s'oublie,
malheureusement un roman  peut être pire que la réalité décrite au microscope, auquel cas cela ne serait pas un roman , mais un rapport  administratif aux services de l'institution.
L'impudeur  le sarcasme la raillerie font ,
faire la victime,
faire son deuil,
faire le travail.
Jamais Louise , jamais Louise , nos conversations sont douces, tout cet argent de faillite qu'il nous faut avaler sans broncher.
Je ne donne pas chère de ma peau car vivre et écrire, c'est la foi et la folie .Tout ce qui n'existe pas existe, attendons le livre, le roman, la poésie et cela vient un soir , un merveilleux soir de surprise qui ne se referme pas , ne meurt jamais.
Le merveilleux, le bon usage  de la promenade, les pieds des mots accompagnent, ils semblent être fait pour cela.

mardi 14 décembre 2010

Mi à quatre heures, j'archine eune bonne tartine,
  à  ch'theure du corbillard ,
l'estafette,
savez -vous ce qui rend la vie ?
J'archine eune bonne tartine I bot un d'mi.
 






.

dimanche 12 décembre 2010

Quelquefois nous verrons le soleil tomber lentement à la mer
un oiseau foudroyé de sang de liqueurs et de roses
manger ces pâleurs de poitrines
ce pays que je n'ai  pas quitté.

De ces orages qui éclatent
que rien ne laisse prévenir
de ces nuages écarlates
qui battent au cou des fleurs de pluie. 

Marcher et descendre la dune
serait déjà t'étreindre sur mon coeur.

vendredi 10 décembre 2010

J'aime les chats
ils ont de l'oreille, de l'esprit ,
ils entendent ce que l'on ne dit pas.
Ils mordent dans le cou les parfums de bouches
ils caressent  les bras avec leur gorge
des feuillages d'aube qui traversent l'air
aux queues des cerfs volants
des mots de voyage sur les toits
des trois pattes râpeux de langue
des coques ventrues de blés de chaume aux yeux pointus
le nez dans la meule effarouchant les plaines mûres
des lucarnes ouvertes à voile pers levant les oiseaux
roucoulades fantasques
aux lents ensoleillements de griffes
broches broderies orientales
amarantes lapant les lunes rousses
damas d'été fleurissant sous le souffle de la fugue
oreilles aiguisées fin silex
feux immobiles fumeurs de mystères
veilleurs
chapeaux sur les têtes des femmes
pattes sur les épaules
veilleurs des cités à lire.
Toutes les villes sont des femmes
toutes les nuits des larmes de la mer
tous les crépuscules les danses dans les mains du soleil couchant.

dimanche 5 décembre 2010

Je veux tes bottes me dit l'inconnu ,
je ne les ai plus
un chien les a dévoré ,
je veux tes pieds alors ,
je ne les ai plus
ils sont partis dans le ventre du chien ,
je veux ce chien ,
le chien est mort de peur
terrorisé par un chat immortel ,
donne-moi ce chat ,
ce chat est mort je l'ai tué.

Que fais -tu ici à cette nuit si profonde au bord de l'eau ,
une fourmi noire
sous un caillou noir
à la nuit noire,
j'aime le cheveu au mitan de la spire de l'eau ,
fin un passage libre
le pavillon de l'oreille de la rose,
un château dont personne ne voit plus la moindre tour,

vendredi 3 décembre 2010

                        Chère Louise,


Un vide où je plonge étrangère
un pressentiment où je connaîtrais sans connaître
c'est étrange éclair qui me bascule
il me semble être à l'envers
et pourtant à l'endroit,
ce lieu d'éclair sans paroles et sans mots
sans ombre et sans lumière
une pleine d'âme et de chair
connaître sans se connaître
ce que je n'attends pas .

ce que d'autres me disent sur l'amour


j'écoute mais n'entends pas

leurs bouches se déforment



je me suis séparée et n'en souffre pas.

Rien absolument rien que cela.

Lorsque nous apercevons une étoile filante
n'a-t - elle  pas filé depuis si longtemps
des brisées d'un temps d'ailleurs
une trace qui nous laisse à ce temps mort.

Envahissement à la nuit calme de l'improbable baiser
et pourquoi et sur qui ma tête se penche dévoilant sa nuque ,
une vie avancée .