Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 19 juin 2016

jeudi 2 juin 2016

Mozart Sonate n° 8







Comme sa musique court coule vole bondit s'élève et s'envole et court toujours devant le vent ,
pendant la mort des étoiles , toujours devant , sur la pierre  elle trace la ligne de l'échine redoutable et court devant le vent  , neige bleue étincelante , vole la pluie , vole le vent , vole entre deux silences muets noyés de désert

mercredi 18 mai 2016



Un chat blanc pleure dans le bosquet
un pigeon sur le toit monte descend
compte recompte  les tuiles du toit
remonte redescend
la tourterelle rit en deux temps
gorgées  de roulades au vent
des éclats de vie
le rosier monte au mur
ses fleurs boivent la lumière d'été
débordent les hauts d'ocre de pierre
un lézard fuit dans les broussailles
le ciel se défait d'un nuage
et se refait à la nage du soleil
la rivière s'habille de miroir vert pâle
un tas de poussières sous mes pieds
le sable passe entre les orteils
des petits poissons glissent sur la peau
des esquisses du temps ,
j'écoute les cailloux chanter le feu de l'eau
cette chaleur coulée de longs et lourds tissus de miel ,
vibrations d'oiseaux   l'avalement  des éclairs
becquées de foudre aux futaies de l'onde


mardi 17 mai 2016

Tchaikovsky - Les saisons - Décembre , Juin , Octobre ...








                                                                                                                   



mardi 3 mai 2016

Loire





Le vent coule d'oiseaux
la longue houle pagine le fleuve
je rêve aux oiseaux
paresse sur le dos
les herbes en paniers de pluie
averses d 'étourneaux de soleil
la tiède odeur renflée de leur ventre sur le mien
les oiseaux voleurs d'alevins  sur le banc de sable ,
des veines de mains , des contours de visages ,
des silhouettes mouvantes , des tourbillons de navires ,
des mers d'arbres sous le souffle des songes ,
des forêts d'îles se profilent dans les moiteurs du soir ,
le ciel verse les nuages petits scarabées lapis lazuli
dans le pas de la Loire , des éponges bleues ,
toute la place aux poussières d'étoiles
de minuscules éclats de nuit  aux pattes fines des roseaux ,
sur l'autre rive satin
la robe rouge du soleil a fondu
sur les ondoiements ardoises de l'horizon
le rêve s'ébouriffe  les ailes
dans son nid de brique aux yeux noirs




samedi 23 avril 2016



Aujourd'hui il n'y eut pas de mot plus haut
que la petite pousse d'herbe penchée sur l'oiseau ,
il ne chante plus , son bec est cendres rose,
il ne chante plus vive terre ailée

L'hiver, la neige, le rouge aux pieds brindilles, le froid,
l'hiver ,le rouge à la gorge, sur les marches il était là ,
le soleil est bleu impavide
se rendant roi de ce qui ne vit pas, flasque comme une joue lourde

Un petit désarroi roulé en boule
la forêt le prend sous son aile braise
paisible blanche rouge
lui tisse un linceul de bois chaud
les arbres se sont resserrés
autour de sa plainte à demie étouffée
dans son cou roule la brise levée
roux coule aux yeux sans voix


L'été fut lent de douceurs
allongé dans l'arrière - saison ,
de la pointe de  ton bec
jusqu'au bout de ta queue

l'été fut long
je t'ai entendu ,
pluie bleue mordue de janvier
j'ai froid dans la main du soleil

La glissade
de la pointe de ton bec jusqu'au bout de ta queue
dans la lumière du matin
baignade caressée d'aube verte

nous nous sommes vus
un jour à la fenêtre  penchée la siffleuse de pluie
il n'y eut pas de mot
l'herbe est montée au gorgerin chaud

Peut- être le vent  , au loin
j'entends le bruissement
le berceau gracile  la peau du feuillage tendre
 dans la chambre minuscule du chant

samedi 16 avril 2016



Le nuage gris ne veut pas se coucher
toute la nuit il a pelé , gratté ses pellicules ,
jeté ses épluchures noires
dans une feuille de papier journal
au coin de la  rue ,
il a laissé un petit paquet mouillé
en lui toute la nuit contenue
des coulées d'hiver
un sourire comme un coucher de soleil
pour les choses qui n'ont pas besoin d'être dites ,
il a plu
et l'aube s'est ruée
un coup de pied sur le trottoir
un coup de boule sur l'épaule
l'aube éclate ,
un point vert tendre qui palpite ,
un point éblouissant , très loin devant nous ,
à l'horizon de l'écriture ,
les voix d'encre aux mauves fleurs des pochoirs
sinuent sur les visages flous à travers les fenêtres de  la ville lavoir  ,
les lettres fines ruissellent aux pavés ,
la  bouche de ciel nous croque d'un grand coup de mâchoire
le soleil nous gobe la tête ,
nous , l'air surpris comme  piteux lièvres
attrapés par les oreilles et levés
les prunelles saisies par la futaie de lumière
pris dans les filets de sa matière
tenus au collet  noeud vital invisible
peaux  cuirs  animaux
et souffle haletant de vent



vendredi 11 mars 2016





Les cieux sont changeants
la mer est sonore
sang améthyste dispersé ,
          soleil ,
femme citron sur l’œil de la pierre ,

langue de sable déroulée
les petits crabes bagotent dans les trous d'eau tiédis
boutonnière rouge du soir posée ,
         soleil,
miroir de fruit couché,

et le vent qui passe dans les arbres
s'amusant à remuer les feuilles
une bouffée de vent ,
        soleil ,
une voiture passe dans la nuit ,

une bouffée tabac bleu d'oiseaux
l'abordage gracieux
bouches de plumes,
       soleil ,
les arbres à bec tintinnabulent ,

La mer est sonore
la langue de sable déroulée roulée
la vague tosse et vient chercher nos pieds ,
la mer tient la main du jour
      le soleil
    tient debout

lundi 7 mars 2016



La nuit a ouvert l'enclos des troupeaux
leur souffle puissant une poitrine noire d'alcôve
museaux humides cornes à la foulée des haleines chaudes de sable
vermillent les pacages des prés à l'abandon ,
buissons d'aube , chèvre-pied vermeil,
la courbe échine nègre sur le fleuve
encorne les capes de brume et gronde la flambée des âmes,
auprès des arbres
lignage de lunules de l'aube
au diable les couronnes
auprès des arbres le désespoir survient
auprès nulle colonne de chiffres
auprès des arbres terrasses des hommes
au diable les couronnes qui fanent.
Le noir n'est pas la peur ni la nuit
c'est cette corne qui pointe au jour de la vie,
cette corne qui fait mal, ce cri qui inspire et expire.
Auprès des arbres,
non loin de la terre,à l'humus ,auprès des arbres,
fragile entêtée, je souris,
à l'humus enlacées, les violettes sous l'ombre douce des forêts
grouillantes d'insectes et de vie et de mort brusque,
juste place étendue sous les lignages d'oiseaux
à l'humus de la terre surgie.

F. Chopin / nocturne n° 20 /



Schumann / Radu Lupu /





Réveillez vous
ma sœur ma fille
j'ai dormi dans la cendre
réveillez vous j'ai dormi
sommeil vivant
réveillez vous
la porte est un réveil
un sommeil
je pose le pied
la terre tremble

la pierre a bougé
mille visages harassés
la pierre est vivante
les yeux sont ouverts dans la nuit
un commencement

dimanche 6 mars 2016




Les mers ,
chanteuses du bois rude roide des vagues
clameurs des cernes violettes du soleil en gerbes,
dormeurs des passages,
écraseurs de crabes,
haleine des rousseurs de blés
conque là-bas déchirée d'îles vives d'arêtes ,
ronde brisée de sel,
cristal chaviré de pleine chambre rouge
là-bas terre où les hommes vivent,
murènes aux lèvres , chantres de ventres affamés,
l'oeil percé de solives liquides levées de colonnes
les dos adossés aux collines ondoyantes d'or et pain brûlé,
bouillons  d'écume aux cieux mascara d'inconnu,
puits d'étranges odeurs
où les jeunes étoiles étincellent de grappes d'acrobates
tombent leurs cheveux  à la renverse en pluie tressée de houle et de vent
jeunes éclats noyés au lointain des ressacs
salives percutants la nuit



Chanteurs du bois des vagues, les cernes violettes du soleil tombé, dormeurs des passages,écraseurs de crabes, haleine des rousseurs de blés conque là-bas déchirée d'îles vives d'arêtes , ronde brisée de sel, là-bas terre où les hommes vivent.

Purcell / Alfred Deller /





samedi 5 mars 2016



 


Je te raccompagnais chez toi
et chez toi
tu me raccompagnais chez moi
et chez moi
je te encore
et tu me à nouveau
encore à nouveau à nouvelle
à pied à lune à nuages et ritournelle
à pas à conversation à chemin de soleil
je te raccompagnais chez toi
et chez toi
arrivés tu me raccompagnais
je te
tu me
toi -même un peu
moi- même un peu
raccompagnés
soi même lointain
en silence parfois autour d'un verre
dans un vieux bistrot italien qui poussait la chanson
par petits bouquets de fleurs de papiers
humé les effluves vagabondes de la Seine
au noir , au gris , au vert ,
aperçu un oiseau au rouge pudeur sur un bout de pont ,
des fenêtres , des chemises accrochées de saisons ,
ainsi nous avons fait le tour du quartier
le tour de la ville
le tour du pays
le tour de la terre

O solitude
nous-même un peu  ,  un souffle
où nous avons jeté nos cœurs ouverts avec douceur

Coleman Hawkins







Le ciel est rose

ose ose       ose

le cueillir

avant la fuite


les arbres sont restés blottis
au bout du doigt un écureuil bondit
une finesse inattendue
traverse tendue dans l'air

langue étrangère

j'ai  rêvé

seule         la mer

la mer est rose

j'ai rêvé seule




jeudi 3 mars 2016




L'incessant grésillement des insectes
broutant les herbes
grognant sur les écorces
broyant les miettes
suçant les sucs
frottant les harpes épeires
frôlant les sucres miel  et les épices des menthes
traversant l'air de bourgeons tendres
feuilletant nos nuits de livres vivants
et s'élance

que peut être l'étoile
se poudrerait le visage de la rumeur invisible
le couchant du crépuscule
où crépitent les champs
où chantent les ruisseaux de solfèges minuscules
le ru court sur les pierres brunes
canicule blonde de la nuit
virgules vertes velues de chenille
la guenille vidée d'un papillon


elle s'endormirait noircie d'ivresse
sur le ventre blanc dodu de l'aube
dès potron-minet d'innombrables cochenilles
à la portée d'une escarcelle légère
une motte de terre
une rose de vin nouveau
un brin de bleu
une  échappée de fourmi
des heures de douceur
la peau du monde sur la langue