Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 27 mars 2011

samedi 26 mars 2011

Chère Louise ,

Je t'écris  de mon enfer et de mon paradis ,  une marge étroite où j'ai trouvé mon langage ,une langue pleine de sang, je me demande ce que je fais encore là à mes frivolités, la fin et le commencement , une arrivée en mes terres , une arrivée en exil , une vie et mort , un large champ d'oiseaux où il n'y a pas de place pour les tribunes , tout cela était dans ma tête , enfant déjà je le savais sans pouvoir alors poser les mots , je chantais pour toute chose et ne pouvais être tout à fait avec les autres , quelquefois j'ai un peu peur, une inquiétude , j'ai tué Grabuge avec des mots , mais cela était nécessaire, tu le sais, il voyait trop toute chose belle et laide, un chat à devenir folle, cela me vient la nuit , aveugle à devenir , je m'entraîne à ne plus allumer les lampes, je me déplace dans le noir pour ne pas devenir mauvaise et bonne à enfermer .
J'ai mal aux yeux , ils creusent leur tombe , ils s'enfoncent à l'intérieur de ma tête , je n'ai pas de remède , alors je les baigne dans de l'eau de rose , de l'eau de bleuet , cela m'apaise ;
Ecrire m'a isolé , les autres parlent de partage mais ils ne lisent jamais tout à fait, , ils raturent , ils biffent, ils corrigent, ils annotent , ils aiment bien , ils rassemblent ,ils concordent , papillotent, brocardent, les édifices aux bonnes phrases  et bonnes âmes, ils se tripotent les esprits pensant avoir de l'esprit , ils ne lisent jamais tout à fait ce qui est écrit , ils préfèrent renoncer en s'accordant un sursis ferraillant dans les références et les aphorismes , en veux-tu en voilà , j'en ai soupé des leçons et des devoirs , maintenant je dîne et je goûte car ce qui écrit est moi  et l'autre en moi,  écrire isole , je le sais .
L'isolement apprend à se taire ,  apprend à vivre , une fleur pousse , le jour se lève et le soleil pique une rose au jardin, une incertitude obstinée qui tourne les jours et les nuits dans un délicieux miracle  , tourner les pages blanches dans le noir  où tout vient et va , les saisons humaines, pleurer et rire , tout cela n'est en rien différend , j'écris le même livre,  aimer, obstinément léger , tout est différend , une poussière soulevée sur les chemins de fièvre , des sueurs de pivoines sur le fleuve le soir où nous passons sous les arbres buissonnant d'oiseaux  qui ne sauront pas notre nom , une fantaisie .
Je n'ai pas rêvé , je rêve, je n'ai pas aimé , j'aime , je n'ai pas écrit , j'écris , ce soir à ma table Mozart pétille de larmes et je me demande ce que je fais encore  à danser les pieds dans le crime , la vie

Itzhak Perlman - Mozart Violon Concerto No. 5

vendredi 25 mars 2011

Presqu'île nord

 Commencement à la toute fin,
asservis, enchaînés et libres parfois,
écornés de chagrin, boiteux, têtes nues,
écorchés, radieux d'un matin,
grelottants insoumis
et brûlants d'automnes en regain.
N'est- ce que cela
qui nous tient,
du début  à la toute fin
il pleut et nous ne savons plus,
des grappes de soleil, des bouches de silence aux yeux,
n'est ce que l'amour qui vint.
Que feras tu,
que feras tu chère Violette,
n'est-ce que cela
qui fit frémir ta tête grain de raisin
et pleurer un radieux vertige,nuées d'un matin.
N'est-ce que cela
qui nous mit la foulée légère
et nous fit bouleverser, tremblants et guerriers
les champs immenses de la terre.


La mer a ses façons
la mer boucle les rochers de fluettes campanules
bouches d'or presqu'île d'herbe aux nègres écumes
La mer a ses façons délicates
          ses échappées radieuses
                      ses anthracites fluides
                                         fluette campanule
                      bouche d'or ventre rose
                                  presqu'île d'herbe aux nègres écumes
                                                 anneaux de saturne
                                                           folles saisons des boréales
                                              presqu'île d'herbe au cristal de flûtes d'ébène
                                                  nuages aux parfums dansés
                      je crois que le temps les porte sur un trait de plume




              





lundi 21 mars 2011

J'avais pensé mettre un timbre sur ma lettre
j'avais pensé des tas de choses
ce que je ne pouvais peindre et dépeindre
mais ce que nous pensons tout d'abord
ce que je pensais tout d'abord 
que pouvais je en faire
je ne pense plus à rien
je suis fatiguée à la fin,
mon manteau est trop long
mes oiseaux sont de traverses
sous les feuillées ils dorment ils pleurent ils noircissent les pages,
ils sont inquiets,
les affaires se concluent au bistrot
les affaires se font aux ventres des cadavres encore chaud
les affaires succombent
quelle gloire!
Aimer ne m'a pas servi
aimer ne sert pas
les livres se vendent
domestiques il leur faut des têtes pourvu qu'elles soient immondes
puis il y en aura d'autres et puis d'autres
tout est bien tout est chaud
les oies cacardent
tout ce qu'il aurait fallu faire,
sous les feuillées les oiseaux  mangent  des fleurs
tout est calme sur le fleuve.
Il y a ça et ça
et merde allez vous faire foutre
pour le plus et le moins pesés, vous vous sentirez sans doute un peu mieux,
cela ne dure pas, 
allez vous faire foutre le bien que cela vous ferait de jouir un peu,
allez compter.
Je ne quitterais plus ma chambre
et que rien me tombe sur la tête pour le bleu du ciel ,
ils vous saignent au bas-ventre
bah tout est bien et tout va
et rien de tout cela ne pèse,
le cheminement, la promenade,
encore un moment Louise je t'écris , l'ennui est tel,
le souffle de la vie , une trêve ,
il fait grand soleil et je choisis le passage le plus drôle,
là où la gloire règle son compte sur une ardoise au bistrot
je pars en riant
c'est beau le printemps,

dimanche 20 mars 2011

Brahms Danse hongroise n° 1 / Laurent Korcia /

Brahms Danse hongroise n° 4 / Laurent Korcia /

La java de l'entomologiste de la mer

Papillon du jour toujours toujours l'amour
papillon du soir toujours toujours mouchoir

J'écarte au fil de soie les ailes sous les globes de verre
j'encarte les îles à l'aiguille d'un cocon de vair
l'entomologiste anatomise la mer,
presse la poussière d'ancre et d'ambre sur la mer,
bouilleur de cru d'encre,

papillon du jour, toujours toujours l'amour
Un soir d'orage au musée
la beauté fut volée
sur la mer le bateau vogue
la lune peigne d'ivoire ourle les voiles


papillon du soir mouchoir mouchoir
un prince assis sur le volcan qui fume la pipe pleure
la beauté fut volée
le bateau aux marins chantant au vent les ailes sur l'océan
bouilleurs de cru d'encre

y aurait-il autre chose
et le silence se fait et se défait
Le printemps fait pleurer les rivières
assez sombre pour en sourire
c'est beau le printemps
une larme

vendredi 18 mars 2011

Tout est fait pour se plier dans les cartons du monde,
tout est fait .

J'ai beaucoup de mal à y plier mes jambes
l'une  traîne derrière
l'autre devant
je vois des fantômes plaisant , inquiétant,
l'autre nuit ,  un à chapeau sans visage qui me fixait ,
un parapluie ouvert au dessus de sa tête , penché sur mon visage,
est-ce lui qui rêvait
est-ce moi qui dormais, ou le contraire,
je lui propose une verveine , il n'a  pas soif ,
quelques limaces , quelques vers de terre en réglisse, des boules de coco, il n'a pas faim,
il a peur,
les yeux,  fermés, ouverts  , il n'est plus là ,
juste la pluie rayonnant sous le lampadaire dans la rue déserte.

Rome l'après- midi , octobre déambulant entre pluie et soleil ,
la rue commençant à un angle continuée à un autre plus loin,
une place où d'autres rues viennent  naître ou  mourir ,
perdue la rue que je cherchais , elle a un prolongement et sur le plan il n'est rien dit, rien écrit,
personne,
les passants passent ,
le temps s'arrête, un homme est là , un homme , pas vraiment , de l'air , du feu, de l'eau, une musique souriante, hors du temps,
la rue que je cherche est interrompue  par cette place,
il me parle , la rue est  là , il faut traverser , elle se poursuit de l'autre côté de la place,
  il a disparu aussi vite qu'il était venu,
aucune porte aucune maison aucun endroit d' où il aurait pu surgir, se tenir, se cacher , s'engouffrer,
la rue était déserte, le temps de me retourner,
il avait disparu.


A Rome , cela prête à sourire,
et pourtant , il était là ,
bien incapable de le décrire celui là,

il n'avait pas d'ailes, il ne marchait pas, il ne volait pas,  sa voix n'avait pas de son , il me semblait de lui tout connaître, tout très précisément exact , tout était calme, comme s'il n'était pas là .
L'imprévisible tourbillon du baiser et de la morsure.
Un ange .
La petite aube avant la grande
une orgie de silence lorsque je ne sais si sur la colline les oiseaux vont chanter à nouveau,
leur sommeil frôlant encore la nuit
leur étonnement surprenant les fleurs marines
le ciel d'une note à l'autre le nez dans les senteurs des rives
intensément solitaire douloureux 
léger un chardonnier sauvage 
une goutte de sang
une goutte de sang
le soleil a froid les pieds aux fers
la langue sèche
la main
les doigts se brisent
une goutte de sang
je chante Louise
j'écris dans la veine les oiseaux dans les encriers
les femmes baignant leur nudité ,
goutte à goutte les poissons bouches de sel
le château la rivière la vallée
les montagnes bleues dévalées dans les rires
les mèches de cheveux caressées doucement
une assiette un cheval de bois un plancher de jonquilles
les abricots gorgés de miel
les ports où les navires festoient
un corbeau bec orange le ciel pousse dans les yeux
l'océan emplit les creux
les enfants montent les tours
et le chat veille au coin du feu
des villes des cités
les saisons à Venise un diamant de cerise brassé dans les eaux
une goutte de sang
le ciel flamboie

samedi 5 mars 2011

Venise

De la dentelle de pierre  s'appuie à l'eau

levée des eaux

un chapeau rose et gris

le coeur du voyage

la poitrine fêlée d'oiseaux

un vase ébréché où pousse une fleur

 parme un fruit tinte noir

Le post-it

Danser sa vie sous les bombes
ce matin il fait grand soleil
je me suis dit que chacun enterrait ce qui plaisait et ne  plaisait pas,
je me suis dit que le jour de ma mort
je ne serais pas là imaginaire
que je parlerais avec un chat à l'école buissonnière
ils enterreraient ce qu'ils leur plairaient  ou pas
ils mettaient des post-it ,
feuillets détachables et adhésifs partout,
je ne serais pas là
tant mieux pour moi
je serais partie à l'école buissonnière
sous la pluie et le soleil
mon jardin ma forêt de cahier
la musique la plus douce est celle que l'on entend pas
celle d'avant qui est là et toujours après
la musique en bouche
la part de l'oeil
je souris  terrible et doux enfer  

vendredi 4 mars 2011

le pont de mort le point de vie

L'aube est mouillée
une iris penche
un point de grillon gratte la tête de la terre
les premiers toits coulent dans les fleuves muets
une débâcle où la ville se noie
un cheveu derrière une fenêtre à la dérive
une fine peau pellicule de nuit cargo d'oiseaux
 le délire vertige tourne tourne sur la mer
tournée par les pieds le grillon éclate ma tête
le corps est bleu de fièvre dans l'épaisseur crépusculaire


une moitié de lune
une moitié de soleil
au mitan du fleuve
l'aube est mouillée un feu blanc
et le monde crie un enfant de pluie

 Quatre heures ch’est l’archinoir
 à l'armontée calme
les pivoines sous la haie grignotent  le muret
le chat trois -pattes sieste enroulée sous les cassis
une respiration de nuit  dans son sommeil  d'or




 Des patois usités dans le Pas de Calais .
L'archinoir :  l'heure du goûter
L'armontée : l'après midi qui monte vers la nuit

lundi 28 février 2011

J. P. Rameau - Dardanus - Tambourins I & II (1744)

Capriccio Stravagante - Marais & Barre -

Marin Marais / Les voix Humaines /

Ensemble A 2 Violes Esgales
Sylvia Abramowicz - bass viole
Jonathan Dunford - bass viole
Thomas Dunford, Theorbo