Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mardi 21 février 2012

Par cette soirée je rentrais
la neige ne dansait plus sous les lampadaires
ce n'était plus l'hiver
ce n'était pas encore le printemps
le rue devenait bleue
sur la soie des statues de glace
la tristesse fondait doucement

dimanche 19 février 2012

monsieur Reboulot et madame Reboulot

Tout a été dévoyé , tout a été déchiré atrocement , la frénésie du pouvoir , les outrances , l'amour , l'aveugle avait les yeux révulsés et faisait tourbillonner sa canne blanche au dessus de sa tête , il harcelait le noir le blanc les couleurs , il harcelait la lumière que cela soit, je vais te trouver disait il , sa voix semblait le tonnerre, je  t'entends respirer , je vais te trouver , fouillis fouillis, il cognait les murs , abattait les forêts  et derrière toute sa famille criait  nous allons te trouver nous t'entendons respirer , il poursuivait sa grande quête  , des moulinets de  vent qu'il encornait  , il soufflait fort je vais te punir je suis la vérité,  il a fait quelques pas  puis il est tombé , toute sa bibliothèque sur lui s'est écroulée  , puis encore en gémissant , je vais te trouver , je t'entends respirer,

vendredi 17 février 2012

                                            











                                        Bienheureuse solitude
Sarkosy a promis d'avoir une idée par jour
il y en a beaucoup d'autres derrière et devant
Je vous laisse présager de l'avenir
l'avenir et les délires s'ensuivent
Personne ne demande d'où je viens où je vais
personne ne me demande
je ne suis pas à l'ordre
vous n'êtes pas aux miens,
ma bouche aura parfois la voix du mensonge
ma bouche sourira impénétrable
ma bouche s'ouvrira sur une soie de poire
 la rencontre du regard qui regarde un autre regard
regard pénétrant, l'intimité pénétrante d'un masque,
s'appliquant par touches à le révéler
est sans doute une des plus belles choses au monde,
la touche c'est quelques minutes dans une rue où tout bouge et se fixe,
qui donne et offre l'éternité,
 le peintre à sa palette immobile
le musicien à ses notes immobile
le poète immobile à ses lettres masquées où les oiseaux de passage s'envolent et s'enflamment

Je suis en terre dérisoire
je suis en terre en mer poésie,
pour  vu  , qu'ils passent sans nous voir ,
nous portons des masques 
pourvu le dérisoire pourvu mon amant pourvu d'un jour l'autre qu'ils sachent
la feuille blanche et noire  la couleur la poésie au corps de l'amour
le sac est vide la neige est bleue je m'efface,
nous ne  nous sommes rien dit , je flâne en feuilletant les bouches
je pagine le fleuve
je fume une maladie rare
l'herbe du soleil le coeur battement
cela nous emporte illuminés ivres
un baiser

Le sang léger

 Je ne suis pas une marionnette, sans pour autant dire que je ne l'ai pas été à des moments et à d'autres , je suis restée modeste , et je ne trouve rien à en dire puisque c'est ce que je suis, j'ai des failles , je les connais un peu plus qu'avant, le ventre et la tête de nos ancêtres ont pourvu  pour ce temps, et décider ce qui est vanité ou pas , n'est pas de mon ressort, et personne ne nous apprend à vivre et à mourir,  et je crois modestement qu'ils ont essayé pour eux- même tous les poisons possibles et impossibles les hommes  et qu'ils sont morts pour les vraies et les fausses raisons qui nous amènent  à apprendre à réfléchir pour soi , ils sont morts  un petit trou dans la poitrine,et s'échappent du livre , d'une illusion, d'une maison , d'une main aimée , d'un portrait que nous aurions voulu leur faire définitifs , ils sont morts et se sont échappés d'un livre .C'est ici que nous sommes  seuls et demeurons seuls et accompagnés de tels instants, de telles fois , de telles émotions , de tels imprévisibles, de tels amours , de  telles impulsions , telles sensations, de tant de faiblesse et de force que nous ne serions démêler de ce que fut leur vie, ils se sont accomplis , ils sont morts le sang léger  , je mourrais  et de ce que nous savons  nous pouvons présager de ce seul avenir.
 Porter des masques pour ne pas se confondre , un baiser n'est ce pas là le seul masque et tous les autres que nous portons, portons les longtemps sans réserve et sans contrainte sans alourdir le monde en se perchant sur les épaules des autres , on ne voit pas plus loin , on pèse.
Certains comportements  et autres concrets ajoutés au concret , quelle dureté , sont contraignants , et poussent la faiblesse jusqu'à l'insulte  rajouter l'insulte , la contrainte à la contrainte, il n'en est pas question , l'escalade, je n'y céderais pas, encore une fois , si j'y ai cédé parfois c'était un mauvais jeu de cartes, un mauvais bourreau , un mauvais vin , une piquette de complot, un mauvais sang et de mauvaises nuits,  ,   je suis , à la plume , au flocon ,   à la fugue , seule dans mon placard ,  de grâce que l'insulte ne se mêle pas des ombres.

jeudi 16 février 2012

No Limit

le poste, attention période de grand froid vous êtes en hiver ,
attention tout le monde meurt en ce moment,
les sans domicile fixe sont priés de rester chez eux
éteignez les chauffages,
ouvrez les fenêtres pour aérer
groupez vous autour du poste de garde
puis une corde autour du cou pendez vous en tombant de votre radiateur si cela par malheur ne suffisait pas,
ouvrez le gaz,
des hauts parleurs continuellement attractaient , tractaient concentraient divisaient multipliaient , diluaient , comptaient les morts,  enfumaient, je t'en soustrais deux en douce et je t'en rajoute trois, je suis bilingue
 Développer le cancer
faire le tour du monde en quatre vingt jours chrono
    puis
léguez votre corps à Boris Cyrulnik
Forum de l'entrepreneur social

Cinq euros onze de l'heure par prisonnier , programme de communication avec l'extérieur,  installation organisation  de centrale téléphonique pour vendre portes  fenêtres chariot élévateur ascenseur
 échafaudage cric en tout genre


Le bouillon de minuit , dressage  des pauvres, dressage des morts , redressage  et puis quoi encore

mercredi 15 février 2012

Ma sensibilité n'était pas intellectuelle
et ne l'est toujours pas

lundi 13 février 2012

La force fine de l'humour est d'en avoir pour deux
mais le forcer est pire que de ne pas en avoir du tout
ne rien forcer


si j'ai pesé , je suis ignoble


" pas de limite "  C'est pour moi la façon  de reconnaître les béats stupides

dimanche 12 février 2012

j'ai toujours fait semblant de travailler
je suis une grosse paresseuse
 et j'ai de grosses mains
la vérité ne m'a jamais intéressée
je ne sais pas dessiner

je préfère les bouches les yeux les silhouettes

vendredi 10 février 2012

Si vous cherchez l'apparence vous trouverez l'apparence
et une autre et une autre encore
masques bergamasques valses musique

dimanche 5 février 2012

Cette petite ombre que je suis
me suis sans cesse
elle s'allonge et se rétrécit
la terre tourne
un ballet de clarté
des nocturnes
Anna a posé le livre sur ses genoux
nous ne savons pas si nous conversons  si nous rêvons
si nous écrivons
ce poteau
ce pilier qui tient le mur la chambre la maison le monde,
je fixe un point là tout en bas ,
jusqu'à ce qu'il disparaisse et je m'endors ,
je sais alors que ce point c'est le mien en toute chose
et toute chose est ce point qui n'est pas le mien
que tout ceci est provisoire ,
ce nocturne  champ d'étoile
une nuit s'offre
et la mer de lune à soleil
une belle journée au parc , des toupies de feu , d'espace,
tournant tournant amants
un baiser

dimanche 29 janvier 2012

Valse

 Entendre la mer  bercer mugir murmurer
baigner les visages aux nuages voyageant hors du temps.
Toujours trop tôt et trop tard
où est parti le printemps,
printemps le sablier aux grains d'or
printemps douce violence,
grande violence ,
charmants petits becs rouge crocus sur la robe de neige,
la fleur pousse sans bruit , les fruits sont éclatants
la feuille craque et se déroule dans le vert
palmes légères
les bouquets de pivoines dans la chambre
le lilas dolent sur la lucarne du grenier
qu'un rire tout à coup vient saisir sur le gisement clair de l'après midi
versent les mauves vifs sur le soir épanoui
des touffeurs de mimosas nocturnes
fiole véronèse buissons de cheveux
des parfums de miel et de sel
des ruissellements de poissons
les tilleuls couvent les tiédeurs boules de chat dans les bourgeons ,
mousse d'orge dans les bocks

Jean ouvre son cartable
nos pieds nus sur le plancher pour enjamber la nuit
les yeux ouverts un bouquet sur la fenêtre de l'enfer
un bouquet sur le visage
comme porter la misère
porter la beauté
du jaune du bleu  du rouge du noir
luxuriance de l'aube pâle
comme nos visages
un oiseau un arbre la mer une terre,
j'aurais pu faire plus
humble coeur
des copeaux de papier jetés à l'eau et délébiles
des mines de crayon sur le feu des promenades
des battements de coeur sur les vieillies poitrines
des plages au parfum d'églantine
de l'eau et de la terre sous les pieds ,
ils me disaient au petit matin vide de larmes et vides de paroles
lèves le poing et cries notre douleur de vivre et de mourir,
vos chagrins ont ouvert des fenêtres,
je n'ai rien fait de cela ,j'ai parlé des roses
 de ce vertige étroit entre la mort et la vie
la mer
ces largesses de sable 
ils sont quelque part perdus comme moi
sur le bord de la bouche une morsure douce d'enfant
le sang des fleurs sur l'aube où l'air bleuté  chante à leur tombeau,
une enfant au bord de la mer
un nuage qui passe
un miroir dans un café
une bourrasque
un présent habité


tout ce qui est arrivé
tout ce qui n'est pas arrivé
parce que demain ne dure pas
une ville merveilleuse où j'étais venue
ces belles portes ruines de silence
les volets fermés d'une maison où les enfants s'amusent dans la rue
cette mer qui leur parle à l'oreille
l'aube qui pousse sur la nuit
et son visage dans l'air sur la pierre frôlant l'herbe du soleil
telle fois tel son torsades d'émeraude
chant de pluie de cailloux remontée du fleuve
vol d'orphies
une ville où je suis dans ses parfums vifs
 de la chair crue du temps sur les murs
une brise fraîche de la gorge soufflée  sablé gris un ventre de verre
les yeux de silice dans le feu des vins mélodieux
filet d'or sur la bouche
 la lagune inspire le crépuscule roux coupe de fruits
taffetas noir
expire l'aube doux froissement d'amaryllis sous la brume
roulis nuageux où fuse un rubis 

Autant, je me contente de la mer
de sa grâce de sa violence  de son indifférence
de sa cruauté de son chant de sa beauté  de son calme apparent,
de ses abîmes de ses colères et de ses débordements,
de ses pièges et de ses couleurs
de ses aubes libres où tout se dénoue autour de mon cou
où tout se trouve et se perd ,
jusqu'à ses démences ses rages et ses délires obsédants,
ses tons ses talents et ses perfidies ,
ses huiles, ses écumes et ses heurts,
l'aube qui pousse sur la nuit
son visage sur la terre sur la pierre dans les veines du bois
frôlant l'herbe du soleil
l'odeur de sa chair de sa peau
je la porte dans mes os
d'aussi loin que je ne peux dire,
l'odeur de sa peau dans la mienne
ses écorces d'algues qui n'ont plus de parfum
séchées  tannées d'après midi immobiles
un grand esclavage auquel je consens
qu'elle me tue si elle le désire mais en douceur

Cette petite ombre que je suis
me suis sans cesse
elle s'allonge et se rétrécit,
une confiance , une menace,
une complice ,  la terre tourne
un ballet de clarté
des nocturnes d'étoiles
Anna a posé le livre sur ses genoux,
nous ne savons pas si nous conversons,  si nous rêvons,
si nous écrivons,
tu vois  ce poteau
ce pilier qui tient le mur la chambre la maison le monde,
je fixe un point là tout en bas ,
jusqu'à ce qu'il disparaisse et je m'endors ,
je sais alors que ce point c'est le mien en toute chose
et toute chose est ce point qui n'est pas le mien
que tout ceci est provisoire ,
ces nocturnes  chant d'astres radieux
une  nuit s'offre
et la mer de lune à soleil
une belle journée au parc , des toupies de feu ,
d'espace voluptueux
tournant tournant volutes amants