Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

samedi 21 août 2010

À partir du sein du silence
la mer épouse l'avalanche des collines
les arbres prennent corps de l'aube
transparence chaume épanoui
pivoines hémophiles
tiges perlant de lait
les vagues mangent l'automne
les rousseurs à l'eau d'ébène
le feu des équinoxes
l'écume écarlate ventre jailli de la langue
fanal cuivré léger de gaze bouche bleue
bouche noire et de feu
bouche de cristal brisé
lire et parler vite
avalanche calme marnière mouvementée de réhaut
d'âme et poitrine pressées de mourir
aux chevilles d'argile des fleurs d'océan
fleuve de ruisseaux.


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vendredi 20 août 2010

/ Ella fitzgérald / scat singing /

/ Billie holiday / Nina Simone / Strange Fruit /











STRANGE FRUIT

Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black body swinging in the Southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
And the sudden smell of burning flesh!

Here is a fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for a tree to drop,
Here is a strange and bitter crop.
Etrange Fruit



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Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles, du sang aux racines,
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud,
Etrange fruit pendant aux peupliers.

Scène pastorale du "vaillant Sud",
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum du magnolia doux et frais,
Puis la soudaine odeur de chair brûlée.

Fruit à déchiqueter pour les corbeaux,
Pour la pluie à récolter, pour le vent à assécher,
Pour le soleil à mûrir, pour les arbres à perdre,
Etrange et amère récolte.



( Traduction trouvée sur un site internet de jazz)




La mémoire des arbres , lorsqu'ils chantent parfois les fruits, les étranges fruits,
les incompréhensibles floraisons des hommes , immobile balancement de leurs cordes.

jeudi 19 août 2010

mercredi 18 août 2010

Entendu chaque bruit
le sourd
la porte claque.

La pression précise et brève à deux mains,
le bris sec net
de l'ampoule de verre
à son col rétréci ,
jointure intacte,
l'aspiration du liquide
une lettre pointue d'aiguille
un mot de tuyau
lente coulée huileuse épaisse.

le tintement, le choc vide sur le plateau blanc.
le gargouillis de la douleur
décapitée ,
le lit du dos en pinces de titane
la pousse lente de l'os et la chair qui pousse
autour et envahit les broches lacérant les lambeaux de souffrance,
chaque visage troublé s'estompe, s'efface,
les suies de larmes essuyées sur la vitre terne.

Seule rangée dans le désordre des sueurs de draps rêches
les yeux au trou béant du plafond
la nuit absorbe la chambre et le rai de lumière
derrière la porte file aux pas des heures,
Seule et c'est bien ainsi.


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And two indigos









mardi 17 août 2010




Ce Nada




Les petites cités sont menteuses
menteuses de calme de paix et de sérénité
les grandes cités menteuses aussi
de vie d'amour et de plaisir
le fleuve un grand roman passeur de jungle et de tigresse
passeur de désert et de pluie
passeur des mots perdus en chemin et ornières
perdus en soleil et lune
retrouvés en racines dans le ventre des hommes.

le fleuve battant le long des hautes herbes
saignant de tout son flanc
les incendies de l'aube
où viennent boire les troupeaux
disparus dans le vent gris
poussières d'acier .

Ils n'étaient pas que beauté
ils savaient manier les mots de l'eau
les phrases du fleuve filant entre nos cuisses
au pas de l'instant des crépuscules et des aubes.




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Je me suis endormie
couché sur ma bouche
charbon de nuit
la course de l'étoile en grand silence
mouvemente la mort
un éclat brisant aux marines
courbant l'écume de nage ravie
boire langue immobile
sourd à entendre
aveugle à l'infini des angles
arrivée des chants de poissons qui dansent la pluie.
Équarrissage du ventre des enfants,
Je perds mon temps dans un fossé de violettes
où la forêt de la terre s'est levée à l'arbre humble
un roseau amble de rus et de fleuves
les mains de la nuit pressées sur les fleurs.


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dimanche 15 août 2010

Chère Louise,


Implacable timidité qui me condamne , l'être tant que je suis terrifiée à la seule idée de dire ou d'écrire que je le suis, épouvantablement timide , un aveu ultime qui me cloue , épinglée dans un angle ,le mien, je ne peux l'articuler tant il m'intimide.
D'une gaucherie, qu'en marchant il me semble que je m'éparpille aux angles des carrefours, une jambe timide qui traîne derrière , une autre qui hésite devant , un bras qui qui bat de l'aile entre le trottoir et le passant pressé qui me dépasse très décidé, , qui n'évite pas l'obstacle de la main intimidée et se la prend en pleine face, et l'autre main balbutiant d'étranges borborygmes, miasmes incompréhensibles, entre la rue des teinturiers et celle de mon fromager préféré.
il n'y a guère que toi, à qui je puisse l'écrire , et cela me coûte une embarrassante béquille que je viens d'infliger à cette lettre clopinasse , béquille si intimidante que je n'ose plus marcher.
J'ai pourtant entendu dire maintes et maintes fois que marcher délie l'esprit.

La langue joue des tours parfois, des tours qui s'enroulent autour d'un cheveu , à ne plus savoir où se niche la timidité.
J'en rougis jusqu'à la racine.

Ce qui pourrait expliquer seulement en partie mon esprit rebelle à toute entreprise d'association productive de chevelure photogénique.
Le cheveu se loge parfois dans la narine et fait éternuer la réelle brièveté de tout état d'âme productif de longévité admiraaable!


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samedi 14 août 2010












Calamité
je mourrais dans un abîme de vase de boue
je me noierais dans une barrique de vin saumâtre
ventre percé
je me pêcherais à l'asticot
pendant que les enfants apprendront à vivre
j'apprends à mourir
une bourriche d'eau sur le dos
un filet de rein
une arête de hareng dans la main
les racines de pieds dans les antres de la mer.

pour rien pour rien
ceci n'est pas important.


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Tziganes
















je suis promeneuse de poule , de poissons du Nil, oreille percée d'écailles de crocodile , anneau du fleuve et des langues du désert.



Dans les mains les émaux du moulin qui cisaillent le vent brun, des roches de fleurs. Nous sommes dans toutes les merveilles et toutes les poussières , sur les chemins maigres d'arbres haridelles, des horizons délayés d'yeux de chouette au détour d'un fossé , où de grandes femmes vigoureuses , lianes de rousse et tourbe des voyages du monde, roulent les doigts sur les hanches des feux , les pieds légers d'embruns , quelques éclats de glaise sur les cuisses, un archet voleur de robes , frondeur , assez fort pour vaincre les rouilles grinçantes des grilles .
Au pays du silence , marchant aussi pauvre que le malheur d'un ciel qui ne finit pas de ces odeurs, ces chevaux de passage, ces couleuvres de marais, ces vives salines qui percent le coeur, des hauts cols de flèches , de fièvre porcelaine.

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La natte de pluie plein fouet sur la vitre
je suis obsédée par le ru qui s'étoile
à l'angle de la tempe
fissure de chair
obsédée par le verbe
sa couleur
son mouvement
sa défaite
sa victoire
sa vie et sa mort
à l'instant
la vitre le visage du monde
sur lequel mes doigts sont absorbés
contre toute attente
je ne dévale pas l'escalier
des trombes de mots
explosent mon coeur
et dévorent mon corps
la buée du soleil sur l'humus des forêts,
ce beaucoup qui n'est pas important.


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vendredi 13 août 2010




















Les masques de la nuit
orange d'oriflamme ,
sur l'horizon propagent leurs ombres
d'écho en écho, des fontes de nuées
de langue du couchant fleuve
aux barques de l'aube
une respiration d'oiseau s'amuït ,
à la pâleur de craie dans la main d'un enfant
sur le tableau noir encore empreint de chant.



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Per te.

Petites heures perdues
les yeux dans les flammes serpentines
le craquement d'une bûche
au feu des cheminées d'hiver,
les cuivres des arbres éclatent frayant la pénombre
d'étranges vers luisants aux oreilles de l'âme ,
la neige est ce doux portrait de toi
en son bleu de chair exquise
gravité légère sur la fenêtre penchée de ton regard
ma douleur est joie
les yeux baissés tu poses sur mes mains ton sourire brun.
Alvéole de cendres que la nuit ouvre à la braise
sans plus de force qu'un silence, une solitude refluant
à la frontière de l'invisible,
portons les ces mots,
buées sur les anneaux cartilages cricoïdes
ceux de l'eau et de la bouche avide
ceux de la bougie aux dernières heures de cire épuisée,
portons les ces colliers aux gorges des poitrines du monde
bracelets d'hiver aux rubis des couvées profondes
cailloux dévalant les ravines
pieds bleuis aux étriers de la mer impassible
ces mots voleurs des fossés
où les berceaux de fleurs abondent
comme unique est la mort en nous
portons les, seuls et innombrables,
ce mot de l'amour , portons le ,
aux poignets , forçats des boutons de pluie,
des prisons sans barreaux, partagées de solitude douce,
de ces mots d'amour à nous dissoudre dans le feu des nuits couvées brillantes,
portons l'amour dans le vertige de ses failles
portons le fracassé aux vagues mourantes du monde,
portons le doucement près de la cheminée
d'étranges vers luisants aux oreilles des âmes
Ta main posée sur mon ventre
la main du monde.


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mercredi 11 août 2010

Pierre Desproges / Les cintres /

Pierre Desproges / L 'ascenseur /

Parole.




Regard
                 

 

     
  Visage


                                      
La face se tournera vers la face du monde
la nuit vers l'aube


Parole .../



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La mer
jamais rien vu de pareil
est-ce la pluie
est-ce le ciel
est-ce la mer
le soleil est dans l'eau
la lune aux arbres
les arbres aux collines
la simplicité du sel
le sel porte le voyage
porte le départ
porte le retour
le sel du guerrier derrière les masques d'oiseaux.


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dimanche 8 août 2010


Nous ne choisissons pas nos ciels, nous les inventons.

sommeil d'éveillé     

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  Crépuscule,
la sève renfle,
  fleurissent les cheveux des arbres,
  des sels et des sucs.

Brindilles des soleils en eaux
cayeux aux chevilles de la nuit entrelacée
diamants tubercules,chenal de violettes,
nacelle d'écorce noueuse
les élytres de l'onde frottent les chemines marines des cieux,
le pourpre coucher gagne les  longues plaines hirsutes
serpent de langue oblongue de jonquilles,
bouche bée ,
ronces d'oiseaux , écritoire de fins berceaux charbonneux,
bissac de lèvres déliées de chant
 grenaison de pépiements,
vitrail rosace des ramages,
forlane galbée de cuisses
rondeur de hanches
jupe de torsades d'argile
marne de boléro
pisé de chaume et de pain
danse mon amour à la taille du crépuscule
les doigts aux osselets bleus.
Danse l'amour du monde
dans les arbres des collines en avalanche,
turgides soleils  d'eaux .

Jouons avec les arbres du crépuscule
grimons  les tourbières
eau  lune soleil , charbon des yeux,
 gerbes d'onde en nos mains
moquons nous  du monde.
Vêtus de nuit
dansons l'innocence et le péril  à la déshabiller d'aube fragile.

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