Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

dimanche 3 octobre 2010

Je suis déchirable
une feuille de papier
alors déchirez.

Que la mort se révèle et le voile de l'étrange rire la recouvrira
que la mort se révèle dans l'amour
un oiseau dans la cendre.
Un bec inconnu.

samedi 2 octobre 2010

je me souviens de tout
dès lors
cela ne serait donc plus un souvenir
quelque chose qui n'aurait ni nom , ni mot,
quelque chose et quelqu'un qui passe
que l'on embrasse
et qui s'enfuit pour le temps de la parole perdue .
sur un arbre perché
un chat à plumes
un oiseau à poils
une branche
les jambes dans le vide
la larme entre les cils
trop petite pour tomber
trop vaste pour rester
elle reste suspendue.

vendredi 1 octobre 2010

L'obscurité palpable , un entend,
pose ton doigt
sur le livre ouvert dans la nuit
les pages perdent sial,
les lignes perdent pieds
cueillies sur la lettre
mon corps ne dort pas
il dort avec le songe,
minéraux délicats
lavandière égrène les rêves grains de violettes,
chapelet de passage , 
 vers toi  éveiller une ténèbre
le sourire à l'oeil ouvert
un oeil rond  posé sur ton front
un souffle d'éveil
Je touche ton visage visage articulé d'oreilles
visage à l'ovale de glaise
émue la vague sillonne le sable
prières sur la paume
les noms de l'amour sur les granits
scribe bleu aux veines des poignets
psalmodie de ventre
 seul et beau mat  éloignant les bruits

je ne dors pas
le scribe trace
la vague passe 


une armée flottilles de bouche
proues effilées , licorne de mer grave
 des ponts de pierre traversés
des voix aux cambrures d'encre
des sceaux silencieux aux talons
des litanies de fleurs
des digitales glaïeuls ,
 un éclair de mur du son,une phrase au pouls bat  l'écho du monde
je dors à l'éveil
tu marches dans la rue,
les pleurs dans la foulée des douleurs
l'orage sourit dans les sillons de ta peau
éveillée la ténèbre
le temps frappe la poitrine , traverse le corps , traverse les ans ,
traverse la mort, un seigneur en prières.

Je me souviens de tout
ce mat éloignant le bruit
cette goutte d'eau frappant l'oubli
l'émail de la nuit.

jeudi 30 septembre 2010

Cinq  heure , je mets mon chapeau , par la petite route , rien ne bouge,  ces étés brûlant qui ne laissent aucune trace , l'air saturé de lumière aveugle, des rivières éthers volatiles de mirages miroitent et disparaissent , le son mat des chaumes , les blés scalpés dont le parfum grillé grenu entête encore cette heure sur la plaine chauve .
Le chemin tourne , la ferme de la vieille Debosse , le chien engourdi affalé sous le porche, la cour éventrée de soleil , une fourche posée le long du mur de la grange , un seau de lait caillé boursouflé , une nuée de mouches matelasse les peaux de crème tournée, une volée de poussins piaillent sur les marches de l'entrée , les volets de la cuisine sont tirés , ils sont partis.

Derrière la grange ,  le champ lent  ,  sous l'ambage des arbres  des entrelacs de mots tus, des maladresses de bras, des roseraies torsadées de voix à l'ombre douce du soir , lacis mauve du ciel  sur les lèvres des verbes d'herbe folle, un jardin précieux, un puissant désir de chanter la mort, à l'écart  , un mystère qu'on aurait laissé  là  grandir tout seul .

Les mots bleus.

lundi 27 septembre 2010

Peter Cincotti / Nature Boy /

Miles Davis / Nature Boy /



 Doux avant la tristesse, désarmé avant le désarroi, doux après la tristesse

.../

dimanche 26 septembre 2010

Quand ils auront éteint le camping gaz
les gaz de la peur , de la haine ,

les discours s'éteindront aussi.

ma chambre est noire
elle a le suprême avantage d'être au calme.
Vertige étroit
entre la vie et la mort
inconnu
talons bleus.

.




je parle né et mort
vertige étroit
aux talons bleus
l'amour inventé .

Talons rouges.



.
    Pas de pastilles pour la toux





Je danse 

Une écaille , juste une écaille.


L'élégance des talons aiguilles,
les écailles crachées par les vagues nonchalantes,
la déchirure d'une longue nuit blanche
l'envers d'un jour noir,
le sentier joli qui mène à l'horizon de la mort
les poissons claquettent sur la rive,
l'herbe étale parfaitement verte de toute déchirure
nous ne savions pas
nous ne savions
ce que nous avons toujours su
nous ne savions pas
nous voulions le leur dire
mais parler
les poissons claquettent sur la rive
sur les touches d'un piano ivre.

Il fallait absolument occuper le temps
le posséder de vies balivernes
l'occuper de jeunes souveraines
exemptes de toute cicatrice
de rois à la boucle d'oreille
petites chochottes au coulis vanille,
tout ce bruit sous les lustres
tous ces concerts sous les manteaux,
Vitement.
Vitement

 Sur les lignes à simple voie, il est nécessaire de ménager, de distance en distance, des voies d'évitement pour le croisement des trains.
Pour éviter d'entendre
le souffle de la corde sur le squelette qui bande encore
et encore

Évitement simple 



l'occuper  car insupportable
tu seras sur la rive
plume au dos
plume au chapeau.
Que cherche t-on ici
sinon mes larmes pour consoler les vôtres.


Je suis allée cet après midi
au bord de l'étang,
sur le petit chemin d'herbe
un poisson livide , agité de soubresauts,
Je l'ai remis à l'eau
sans y penser.
La rive était parfaitement déserte et muette
de tout murmure,
l'herbe était parfaitement verte
de toute déchirure,
le mot et le verbe étaient parfaitement
en paix .
Si belle que soit la terre ,
elle était là , dans ce rire,
La mort à l'horizon,
la déchirure des yeux
effrayée de vivre.

Inconsolable.

.

samedi 25 septembre 2010

lundi 20 septembre 2010

Le trio Joubran.



Trois frères , ils sont palestiniens , de nationalité israélienne , de confession chrétienne , ils jouent de l'oud , ce qui signifie en arabe " le bois .

L'oud appelé aussi luth.

dimanche 19 septembre 2010

Chacun est libre de pré tendre la vie et la mort,
une tragédie déchirante, un roman à la rose, un coupe _ papier, un rasoir électrique, chacun peut y voir dans les angles, les ronds et les carrés, nous sommes tous saisis par les images de notre vie , des lames sur lesquelles nos talons claquent , glissent, chutent, des sons, des formes que nous n'avons pas maîtrisés, il n'en reste pas moins que la mort est burlesque, et la mienne l'est aussi , chacun se tranchant le gorge à soi petit et grand, au choix .
Grand -père est mort en faisant des claquettes, j'imagine à mon plus grand plaisir qu'il en fait encore.
Le burlesque est tendre, amour s'il en fut, amour il est. Il ne confondait pas la danse et la scène, il dansait.
Je suis à l'école buissonnière.

La mort n'a pas de camp , elle n'a que des mauvais partisans.
Parce que la mort est insupportable, nous mangeons tous les jours à la même table.

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La marche.

Tout commençait là et finissait là,je marchais heureuse vers la mer,je la distinguais au loin quelquefois ,une fuite de nuages à l'horizon mon pas semblant s'éloigner d'elle, au détour du chemin elle paraissait plus proche, nichée entre deux seins de dune, mon pas était calme je la laissais prendre possession de moi , elle marchait en moi , et j'allais vers elle, grave et légère, je lui parlais je lui parlais dans mon pas en elle, c'est moi, je suis là , je suis venue , je suis revenue.
Et là à l'immensité du monde , d'une patience éternelle, nous nous sommes traversées, nous regardions enfin.

samedi 18 septembre 2010

Aux revenus.

Au bout de la jetée
les trolls font des bonds sur la colline,
des bonds prodigieux
sur la colline bleue,
le château borgne ouvre les yeux,
posé sur mon épaule
un troll en phrases de nuit.
Je parle.


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Le rollmops.

Votre calque est fade et gâché
tout calque l'est
grand -père n'a jamais été un invertébré mais un rollmops,
il avait de jolies arêtes en fourchettes,
un rollmops surgi d'une robe de chambre surgissant elle -même
d'une salle de bains ,
un peignoir blanc satiné rayé de gris perle, plutôt enrobé ,le rollmops ayant pris de l'âge en la personne de ma mère,
très vexée de nos rires moqueurs, à sa fière entrée dans la cuisine,
regardez ! Je suis toute neuve.
Elle pinçait les lèvres
ce qui lui donnait également l'air de la fourchette maladresse,
tout grand-père et elle avec.
J'en ris encore toute barbouillée de ce flot.
Un corps parlant à un autre corps .

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La mémoire a de l'imagination
à ne plus savoir,
elle vit.

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vendredi 17 septembre 2010

Chrysalide

L'humus des terres
un cul de basse fosse,
recroquevillée une larve d'insecte
j'entends ,le gong du vent
tombé à terre.

le cri strident
le rasoir glisse
un champ d'humeur en décomposition.

Percute la pierre
soulève le tombeau
les feuilles grouillent d'insectes papillons
muet un gros ver rote des fourmis.


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