Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mardi 4 janvier 2011






















    Le premier mot du coq
  le mot de la crête
le chant
 coque rico rico

                                     secoue           s'habille

     le premier mot du coquelicot
  le mot de la crête
le chant
  coque licot licot

                                         glisse            de calicot

        le premier mot de la cochenille
     le mot de la crête
  le chant
     coche nille nille

                                                                             carmine carmine carmine

   le premier mot craque
         crac crac crac
                    des ruses infinies pour le surprendre
                                 dans l'oeil et dans la gorge de l'orge   



C'est le matin  gratte la terre
c'est le matin dresse ta robe
          c'est le matin dodeline smoke sur la feuille
     tiens il pleut
la pluie sent bon sur la toile
elle sent le détail de la cochenille
le calicot
le pinceau du coq
la terre et l'argile
        les doigts du potier sur le tour de la taille

                                                                              carmine carmine carmine
      une sébile tourne
            c'est le matin
                     la pluie sent le soleil qui chemise
                                                   les bords de l'Escaut

dimanche 2 janvier 2011

Angelo Branduardi, version originale / W.B.Yeats /

Yves Simon / Les gauloises bleues /

 Vous avez adoré l'année 2010
 Vous adorerez l'année 2011 !
Vous avez détesté
vous détesterez tout aussi bien.
s'il suffisait de détester , personne n'en parlerait plus,
la clandestinité peut être, mais ils ont des chronomètres, des manomètres, des circulaires, des scies sauteuses, des hauts parleurs, des gardes chiourme, des surveillants qui surveillent les sur -veilleurs, des téléphones, des magazines , des photos dans des machines, la pauvre technique pour gaver les ventres et les vider tout aussi vite, les marchands de tripes, j'en ai fait des guirlandes pour noël.
Ah les guirlandes qui rendent méconnaissables, ces engrenages.
A vos amours! je vous écrirais loin de la fureur et du bruit , dans les silences d'un sourire , la machine est un engrenage de mémoire sans souvenir , ces engrenages qui rendent méconnaissables.




Sur la terre, je me tiens sur un seul doigt,
sur le monde tête en bas,
j'ai renversé ma coupe de champagne dans la mer,
du détroit de Bering à l'Islande
toutes les otaries sont bourrées.

Exploration

Les premiers mots de l'aube
le mot de la forêt
la brindille qui craque sous la patte du tigre
le mot nomade
s'imprègne du chant des arbres
les poitrines se rétractent
la peau frémit
les buissons d'oiseaux explosent
une douce grenade
le soleil murmure sur le toit de l'aube
ce tout petit trou noir
la pupille aux étoiles.
Ce pays où nous allons en dormant
le monde des songes
nous croisons nos morts
nous n'avons plus faim
nous n'avons plus froid
la vie est ainsi la mort est ainsi
et cela change tout.

Les premiers mots de sable
grain à grain
les peaux brûlent

Les premiers mots de glace
l'oreille gelée

Les premiers mots de l'eau 
La main qui la frappe et veut l'attraper

Les premiers mots du rythme
la main sur la peau et l'écho dans la montagne
les aubes du moulin dans la rivière
la noria du sang du fleuve

Le premier mot de l'océan
la terre

le premier mot du vent
c'est la plaine qui l'a chanté déroulé dans ses blés


Premier mot humain
la recherche du mystère
nous mangerons la neige,
nous trouverons les pierres
les pierres sous lesquelles volent les oiseaux,
les pierres sur les landes mauves de chardon
nourries des quatre saisons
la musique , première couleur dans la nuit.

Le soleil murmure sur les murs de ma rue,
le soleil murmure Bach est à la rivière,
je passe clandestine sous les phrases de l'eau
d'autres phrases et d'autres phrases d'où je m'embarque
où j'arrive et où je viens
le sombre pressentiment de tant aimer
ces terres pommelées où les morts vivent d'amour
ces morts plus vivants que les vivants
ces morts mon amour qui pleurent gémissent
ces pierres que nous avons trouvé agonisantes.

dimanche 19 décembre 2010

Patience mon coeur
patience mon coeur
sous le kiosque à musique
grand merci pour l'existence de ces fleurs 
ces voix rouge de ciel
ces eaux givrées d'haleine de silence
ces chairs qui mûrissent au vol d'abeille
ces plaines où s'ancrent les mers
ces ports d'arrivée encriers des âmes hémophiles
patience ces gorges où s'ébouriffent les oiseaux d'aube
brindilles dans les racines profondes
la nuque au flocon bleu.
Paris glisse et valse sur la Seine
lents des escaliers de cuivre descendent au jardin
esquissés au fusain brun
miroitent des baisers d'aras à l'oasis blanche,
le fleuve chante ses îles de truites et la cité est magnifique
.

vendredi 17 décembre 2010

                                                 Chère Louise ,

Je suis trop spontanée , cela me fait  faire des malices, je ne devrais pas ôter mon chapeau , laisser les rêves dans les cheveux ,porter les aubes, patience de plaine dans le ventre de l'été dans les villes , le chapeau sur l'oreille, une escarpe en pente douce, une porte entrouverte sur l'océan  capé sans fortune, de poissons de mâts et d'horizon, remontant les cols du fleuve, bruissant de voyelles et de consonnes , des vocables de houle , des flûtes d'hippocampes, des étraves de solens cliquetant sur le dos des vagues, les coupant finement , pages en pages , déliées autant la brise feuilleter les arbres d'eaux .

jeudi 16 décembre 2010

L'imaginaire
l'enfance
le seul monde qui est
reste
lorsque tout a fui en avant.
Quand à tout écrire sur le présent et l'avenir,
l'imaginaire est le seul monde qui est encore à découvrir.

Tous les monstres
 toutes les beautés
toutes les merveilles y sont
tout y est
sauf le travail très heureusement
et la morale du travail et de la fourmi.

Très heureusement il n'y a pas que les cigales qui chantent,
quelquefois elles crient , absurde brouhaha de mine,
très heureusement ce qui n'est pas à aimer s'oublie,
malheureusement un roman  peut être pire que la réalité décrite au microscope, auquel cas cela ne serait pas un roman , mais un rapport  administratif aux services de l'institution.
L'impudeur  le sarcasme la raillerie font ,
faire la victime,
faire son deuil,
faire le travail.
Jamais Louise , jamais Louise , nos conversations sont douces, tout cet argent de faillite qu'il nous faut avaler sans broncher.
Je ne donne pas chère de ma peau car vivre et écrire, c'est la foi et la folie .Tout ce qui n'existe pas existe, attendons le livre, le roman, la poésie et cela vient un soir , un merveilleux soir de surprise qui ne se referme pas , ne meurt jamais.
Le merveilleux, le bon usage  de la promenade, les pieds des mots accompagnent, ils semblent être fait pour cela.

mardi 14 décembre 2010

Mi à quatre heures, j'archine eune bonne tartine,
  à  ch'theure du corbillard ,
l'estafette,
savez -vous ce qui rend la vie ?
J'archine eune bonne tartine I bot un d'mi.
 






.

dimanche 12 décembre 2010

Quelquefois nous verrons le soleil tomber lentement à la mer
un oiseau foudroyé de sang de liqueurs et de roses
manger ces pâleurs de poitrines
ce pays que je n'ai  pas quitté.

De ces orages qui éclatent
que rien ne laisse prévenir
de ces nuages écarlates
qui battent au cou des fleurs de pluie. 

Marcher et descendre la dune
serait déjà t'étreindre sur mon coeur.