Tiens il pleut
Tiens il pleut
mardi 13 mai 2014
La nuit a ouvert l'enclos des troupeaux
leur souffle puissant une poitrine noire d'alcôve
museaux humides cornes à la foulée des haleines chaudes de sable
vermillent les pacages des prés à l'abandon ,
buissons d'aube , chèvre pied-vermeil ,
la courbe échine nègre sur le fleuve
encorne les capes de brume et d'or
et gronde la flambée des âmes ,
auprès des arbres
lignages de lunules de l'aube
au diable les couronnes
auprès des arbres le désespoir survient
auprès , nulle colonne de chiffres
auprès des arbres terrasses des hommes
au diable les couronnes qui fanent.
Le noir n'est pas la peur ni la nuit ni l'heure
c'est cette corne qui pointe au jour de la vie,
cette corne qui fait mal , ce cri qui inspire et expire.
Auprès des arbres
non loin de la terre, à l'humus auprès des arbres ,
fragile entêtée , je souris ,
à l'humus enlacées les violettes sous l'ombre douce des forêts
grouillantes d'insectes et de vie et de mort brusque ,
juste place étendue sous les lignages d'oiseaux brisés
à l'humus de la terre surgie .
vendredi 2 mai 2014
lundi 24 mars 2014
dimanche 16 mars 2014
lundi 3 février 2014
samedi 1 février 2014
samedi 11 janvier 2014
mercredi 1 janvier 2014
Poème de Robert Ganzo / Lespugue /
| La Vénus de Lespugue |
Lespugue
| L’ultime pas, le dernier feu, tout signe, le chaos l’efface. Rien que des vents plein de froid bleu entre des mâchoires de glace. Dans l’ombre de ton lourd sommeil parmi les neiges et les pierres, un premier rêve éclôt, pareil au gel qui brûle tes paupières. Ton souffle comme une eau s’élève vers quel fleuve encore incertain ? Ouvre les yeux au bout du rêve ; voici l’aube et le ciel s’éteint. C’est donc ici ? Faims, soifs, saccages, tumultes : nous fûmes conduits. Seules tes mains, comme des cages, gardent ce qui reste des nuits. Comme les dents d’une morsure, te levant quand je me levais, tu me suivais esclave sûre, et peut-être, je te suivais, esclave sans effroi, moi-même. Ainsi, mornes, indifférents, accouplés, deux signes errants dans l’hostilité d’un ciel blême. Bois immobiles sans poussière ; lacs noirs où rien n’avait baigné ; chemins de sang ; haltes de pierre : au gré du troupeau résigné nous fûmes conduits. Tout s’efface. Au bout du rêve ouvre les yeux ; rien que ton corps chaud et frileux ; rien que mes yeux de bête lasse. Le jour. Regarde. Une colline répand jusqu’à nous des oiseaux, des arbres en fleurs et des eaux dans l’herbe verte qui s’incline. Toi, femme enfin- chair embrasée – comme moi tendue, arc d’extase, tu révèles soudain ta grâce et tes mains soûles de rosée. Tes yeux appris aux paysages je les apprends en ce matin immuable à travers les âges et sans doute à jamais atteint. Déjà les mots faits de lumière se préparent au fond de nous ; et je sépare tes genoux, tremblant de tendresse première. Où finis-tu ? Je t’ai laissée Dans la chaleur de notre abri ; mais tu marches dans ma pensée et me dépasses, comme un cri. Les loups n’ont pas clameur plus grande lorsque s’abat celui qui meurt ; et les vents n’ont pas la rumeur que je porte ainsi qu’une offrande. Je te laisse et tu m’accompagnes jusqu’aux pénombres de ces bois, dans ces ravins, sur ces montagnes où se déchirent les nuages ; et dans mes mains, lorsque je bois, c’est ton visage que je vois, le premier de tous les visages ouvert pour la première fois. L’ombre monte et tu m’es ravie. Jusqu’à tes confins poursuivie, tu t’endors. Et moi, vigilant, j’écoute l’oiseau te frôlant, les sources, les bruits de ta vie venu de son plus lointain gîte, et le feuillage gris qu’agite un souffle plein d’appels et lent. Où finiras-tu ? Quand je retrouve tes bras qui m’attendent, tes fièvres, et le mystère de tes lèvres pareilles à ce feu qui couve ? Tu souris aux abords du règne où va ton regard pénétrant ; et ta force, comme un torrent, jaillit de ton ventre qui saigne. Si ma fureur prise à la grappe de ton corps tranquille et puissant crie et se mélange à ton sang, ton visage éloigné m’échappe. Ta chair immense que j’étreins riait et pleurait dans ma moelle, et je trouve, au fond de tes reins, la chute sans fin d’une étoile. |
Rien que des vents plein de froid bleu
entre des mâchoires de glace.
Dans l’ombre de ton lourd sommeil
parmi les neiges et les pierres,
un premier rêve éclôt, pareil
au gel qui brûle tes paupières.
Ton souffle comme une eau s’élève
vers quel fleuve encore incertain ?
Ouvre les yeux au bout du rêve ;
voici l’aube et le ciel s’éteint.
C’est donc ici ? Faims, soifs, saccages,
tumultes : nous fûmes conduits.
Seules tes mains, comme des cages,
gardent ce qui reste des nuits.
Comme les dents d’une morsure,
te levant quand je me levais,
tu me suivais esclave sûre,
et peut-être, je te suivais,
esclave sans effroi, moi-même.
Ainsi, mornes, indifférents,
accouplés, deux signes errants
dans l’hostilité d’un ciel blême.
Bois immobiles sans poussière ;
lacs noirs où rien n’avait baigné ;
chemins de sang ; haltes de pierre :
au gré du troupeau résigné
nous fûmes conduits. Tout s’efface.
Au bout du rêve ouvre les yeux ;
rien que ton corps chaud et frileux ;
rien que mes yeux de bête lasse.
Le jour. Regarde. Une colline
érpand jusqu’à nous des oiseaux,
des arbres en fleurs et des eaux
dans l’herbe verte qui s’incline.
Toi, femme enfin- chair embrasée –
comme moi tendue, arc d’extase,
tu révèles soudain ta grâce
et tes mains soûles de rosée.
Tes yeux appris aux paysages
je les apprends en ce matin
immuable à travers les âges
et sans doute à jamais atteint.
Déjà les mots faits de lumière
se préparent au fond de nous ;
et je sépare tes genoux,
tremblant de tendresse première.
Dans la chaleur de notre abri ;
mais tu marches dans ma pensée
et me dépasses, comme un cri.
Les loups n’ont pas clameur plus grande
lorsque s’abat celui qui meurt ;
et les vents n’ont pas la rumeur
que je porte ainsi qu’une offrande.
Je te laisse et tu m’accompagnes
jusqu’aux pénombres de ces bois,
dans ces ravins, sur ces montagnes
où se déchirent les nuages ;
et dans mes mains, lorsque je bois,
c’est ton visage que je vois,
le premier de tous les visages
ouvert pour la première fois.
L’ombre monte et tu m’es ravie.
Jusqu’à tes confins poursuivie,
tu t’endors. Et moi, vigilant,
j’écoute l’oiseau te frôlant,
les sources, les bruits de ta vie
venu de son plus lointain gîte,
et le feuillage gris qu’agite
un souffle plein d’appels et lent.
Où finiras-tu ? Quand je retrouve
tes bras qui m’attendent, tes fièvres,
et le mystère de tes lèvres
pareilles à ce feu qui couve ?
Tu souris aux abords du règne
où va ton regard pénétrant ;
et ta force, comme un torrent,
jaillit de ton ventre qui saigne.
Si ma fureur prise à la grappe
de ton corps tranquille et puissant
crie et se mélange à ton sang,
ton visage éloigné m’échappe.
Ta chair immense que j’étreins
riait et pleurait dans ma moelle,
et je trouve, au fond de tes reins,
la chute sans fin d’une étoile.
Où finiras-tu ? La terre oscille ;
et toi, dans le fracas des monts,
déjà tu renais des limons,
un serpent rouge à la cheville ;
femme, out en essors et courbes
et tièdes aboutissements,
lumière, et nacre ombres et tourbes
faites de quels enlisements ?
je vois tes seins s’épanouir
et parfois ton ventre frémir
comme un sol chaud qui se soulève.
Tu m’apaises et je m’étonne
de ces pouvoirs que tu détiens ;
et je sais, femme, qu’ils sont tiens
les miracles roux de l’automne.
Ta voix chante les longs passages
de nos frères multipliés
aux horizons, et leurs messages
noués au tronc des peupliers ;
les noirs charniers des jours torrides
les faims, les soifs insatiables
et le rire égrené des sables
déchirants des poitrines vides ;
les griffes, l’empreinte des dents,
les flammes vacillantes dans
la nuit des plaines infinies, la sèche attente des momies,
le dur et blanc dédain des os,
l’ordre frappé sur la peau morte
roulant aux ailes des échos,
et tout ce que la terre porte.
Et chante aussi que tu m’es due
comme mes yeux, mes désarrois,
et des cinq doigts d’ocre aux parois
de la roche où ta voix s’est tue.
Le silence t’a dévêtue,
- chemin d’un seul geste frayé –
et mon orgueil émerveillé
tourne autour d’une femme nue.
Première et fauve quiétude
où je bois tes frissons secrets
pour connaître la saveur rude
des océans et des forêts qui t’ont faite, toi, provisoire,
île de chair, caresse d’aile,
toi, ma compagne, que je mêle
au jour continue de l’ivoire.
Ton torse lentement se cambre
et ton destin s’est accompli.
Tu seras aux veilleuses d’ambre
de notre asile enseveli,
vivante après nos corps épars,
comme une présence enfermée,
quand nous aurons rendu nos parts,
de brise, d’onde et de fumée.
Robert Ganzo / Poète vénézuélien d'expression française / 1898 - 1995
mardi 31 décembre 2013
Ligne atlantique
Le chant de la sardine ,
le soir , au bord de l'huile ,
le chant de l'évasion,
le show de la sardine en string
dans la boite embouteillée de zozos .
Elle glisse sur le swing, en solo,
une plume phospho dans l'arête
elle double marylin
elle roucoule de bulles ,
elle susurre la complainte de l'ondine,
bas de tulle , bottines de starlette.
Elle descend de l'escabeau ,
puis imprévisible,
elle pique nos têtes avec une fourchette,
le trident de neptune,
nous range , nous aligne , dos à dos,
dans sa conserve , au chaud,
ferme le couvercle, du bout de son talon,
et d'un grand coup d'échine
saute sur la dune plastique
et rejoint bientôt, la piscine
pour faire quelques lignes,
divine, dans son petit maillot.
L'océan est vide à présent,
la sardine a pris le métro
pour des futures planètes maritimes,
![]() |
| la petite robe d'été du poisson volant |
a jeté son string par le hublot,
elle jette la clé métallique ,
de la boite nous sommes prisonniers,
attachés , dos à dos, pied à pied tête à tête ,
le bec dans l'huile ,
au bain , marris ,
à four bien chaud,
à perpette ,
et l'océan est vide .
dimanche 29 décembre 2013
La pluie n'était pas triste
les chevelures feuilles du vieux parc
aux arbres offraient le soir ,
le soir pleure dans les rousseurs ,
les huiles et les eaux d'un soir ancien
les pointes de parfums
la touche légère inattendue d'un pays intérieur
d'où je viens où je suis où je pars où je reviens,
moi aussi je partirais
les chevelures feuilles du vieux parc
aux arbres offraient le soir ,
le soir pleure dans les rousseurs ,
les huiles et les eaux d'un soir ancien
les pointes de parfums
la touche légère inattendue d'un pays intérieur
d'où je viens où je suis où je pars où je reviens,
moi aussi je partirais
samedi 7 décembre 2013
Bourrasque ,
j'aime la façon de tes yeux
tu restes si droit
et tes épaules marchent vite
un pan entier de bourrasque,
ton regard un éclat
ta bouche une virgule contagieuse,
tu devances la rue d'une tête,
ce n'est pas que tu sois grand ou petit
il me semble que ton regard
passe en dessous du mien et le soulève de douceur violente
de rire et de terre ,
taillés les yeux comme des roseaux par la flamme
et les ombres impermanences loquaces
qui affleurent les bleus sombres voyageurs.
Tu secoues mes cheveux
comme nous secouons les arbres en passant,
cette urgence rieuse, oiseaux d'écume bouillonnante.
Où allons -nous
nous ne demandons pas
qui sommes nous
nous ne savons pas bien cela.
Sur des petits papiers
nous inventons des mots
barbelière
nezamouque
pastra file
et les heures glissent sur les graviers des rivières,
l'odeur du coucher de soleil
Le sentiment de ne pas y arriver ,
les yeux crevés
l'odeur débordée du soleil
jeudi 21 novembre 2013
Une étournelle avec deux guiboles de fil de fer , elle descend la rue en sautillant , c'est l'heure des godillots et des gamelles en émail bleu, un peu craquelées sur les bords,
les lippes se dessoudent, l'oeil du gros costaud appuyé au zinc frise gouailleur , il se retourne , nous regarde , éclate d'un énorme rire et nous dit "qu'est ce que vous faites là les deux pinsons ? " Un p'tit thorez pour la drôlesse ?
Au petit bistrot du coin, à la proue du bateau , les godillots couverts de poussière, , les yeux au ras du flipper , le bruit des verres qui s'entrechoquent, les sillons des lanternes qui envahissent le trottoir et la fumée bleue qui sort des narines des fenêtres, les mains râpées de paille de fer, les yeux aiguisés de limaille, les nez piquent dans les verres , les nénuphars vin clair, ballons de robes et de cerceaux, derrière les gonds de la porte de bois vermoulu la rue file sur les pavés disjoints, les cartables gonflés de nattes, de mains, de plumes, de chaises cirées , les sacoches s'ouvrent sur la nappe du soir.
Le vieux fort gris transpire, des sueurs d'été zébrant le vieux mur du dormeur de lune , la mer de lumière perle sur les sabots roux des ormeaux .
Les feuilles du lilas en cochenille mauve ondulent au jardin, d'ombre mon nez se fronce, je sens la suie du crépuscule sur le front de la ville l'embrasser de ses monts.
La porte du jardin crisse et les pierres sous les pieds piquent vifs le retour, l'après souper de brune, bouche rouge sur la claire nuit.
L'oreille et la bouche constituées au près de l'arbre
aussi près que le je et le nous s'embrassent
comme on tient la parole levée dans un silence
un silence embrasé
un feu qui ne brûle plus ne brûle pas
n'aveugle plus n'aveugle pas,
éclaire,
relief de lumière, l'ombre est douce, une phrase inachevée
et nous nous voyons en entier, le je des pluriels,
le nous des rires et des pleurs,
de partout les collines en mouvement, avalanche lente,
corps précieux regards courbés de larmes
vigoureux et fiévreux , paisibles les chats s'endorment aux pieds des oiseaux.
Creuser creuser la terre jusqu'au sang
sourire au premier jour de la nuit
la dernière nuit du premier jour
une brèche ouverte à la chair de nos poitrines ,
le fleuve bat .
Nous sommes vivant
vivant nous sommes et serons , ainsi le temps du lieu.
Les mots sont couchés sur l'herbe
des ruisseaux de rires,
ils sont perdus dans l'herbe
il nous faut les retrouver,
parole , il nous faut la chercher.
Ils elles peuvent faire du bruit dans l'immédiat
ce n'est pas grave
ils elles peuvent être recommandés et recommandables
le bruit la rumeur dans l'immédiat
Ils elles se tairont
les a fait taire respirer
se taisent et se tairont ,
C'est Mozart reconnaissable entre tous
C'est Mozart
Il y a il est là
enveloppé dans le silence d''un soir d'été
pas le sommeil
pas le silence comme les hommes l'entendent et le disent
l'interruption du silence
aussi près que le je et le nous s'embrassent
comme on tient la parole levée dans un silence
un silence embrasé
un feu qui ne brûle plus ne brûle pas
n'aveugle plus n'aveugle pas,
éclaire,
relief de lumière, l'ombre est douce, une phrase inachevée
et nous nous voyons en entier, le je des pluriels,
le nous des rires et des pleurs,
de partout les collines en mouvement, avalanche lente,
corps précieux regards courbés de larmes
vigoureux et fiévreux , paisibles les chats s'endorment aux pieds des oiseaux.
Creuser creuser la terre jusqu'au sang
sourire au premier jour de la nuit
la dernière nuit du premier jour
une brèche ouverte à la chair de nos poitrines ,
le fleuve bat .
Nous sommes vivant
vivant nous sommes et serons , ainsi le temps du lieu.
Les mots sont couchés sur l'herbe
des ruisseaux de rires,
ils sont perdus dans l'herbe
il nous faut les retrouver,
parole , il nous faut la chercher.
Ils elles peuvent faire du bruit dans l'immédiat
ce n'est pas grave
ils elles peuvent être recommandés et recommandables
le bruit la rumeur dans l'immédiat
Ils elles se tairont
les a fait taire respirer
se taisent et se tairont ,
C'est Mozart reconnaissable entre tous
C'est Mozart
Il y a il est là
enveloppé dans le silence d''un soir d'été
pas le sommeil
pas le silence comme les hommes l'entendent et le disent
l'interruption du silence
mercredi 13 novembre 2013
vendredi 8 novembre 2013
lundi 28 octobre 2013
La femme et l'enfant sur la photo
de noir marchant
chassant la maison blanc vif derrière leur sillage,
le jardin, personne autour,
la petite fille cligne des yeux
les doigts en éventail sur le front trempé de lumière,
l'ombre s'ouvre sur le mur de pierre,
les pommiers en fleurs,
les pommiers grimpent le long de la muraille,
corolles de pleurs fleuris
les pommiers dépoitraillés,
les pommiers en fleurs.
Déjà publié en 2010 et 2011 , alors 2013
samedi 26 octobre 2013
jeudi 24 octobre 2013
Le saule pleure de chatons mimosas ,
les jonquilles au pré lèvent la tête à la douce heure qui boit la sieste bleue,
les mousses éponges de verveine blotties sous la ployée de lumière, froncent l'étang ,
ses liqueurs frissonnent d 'alevins , ventrus blancs,
des chants d'herbes appareillent, la carpe à l'oeil de cerceaux d'agate,
des colliers des sautoirs des plongeons , des cordes à sauter ,
petites filles des récréations,
des nattes de jonc,
sur le bord de la rive nous tapons du pied
et les têtards boule d'alphabet nouveaux- nés s'ouvre et se ferme
une fleur d'eau noire pulse et bat à l'impact mat de nos pas
dans la verdeur calme de l'eau,
au loin , la maison perce ses premiers bourgeons sur les murs de rousseur,
son teint de lait , passoire de sons ,
l'épeire a brodé un diadème étiré sur la lucarne du grenier
elle recommencera demain à l'ourlet des rosées du levant,
fine brodeuse sous sa pèlerine de mica
couronne d'arc en ciel
enfants de printemps
demain la mer
je m'endormais avec elle dans mon coeur
un petit sac de sable .
Nous ne sommes pas allés si loin que les cap horniers,
pilotins de cassonade
tartine brune renversée crissant sur le sable
écraseurs de crabes
sous les plantes de pieds
les diamants de rocaille,
les pommes rouge caramel barbouillées
à la bouche , criant à la bourrasque
levez le pouce
levez les voiles !
Fuyons , alevins dans la nasse ,
touons les orpaillages aux blanches gorges enfantines
bois de vent
cheveux de bataille
mousse d'écume entortillant le ventre de serpents à têtes d'algues,
dans les flots fuseaux d'acier ouvrant la poitrine
les jeunes apprentis cherchent les grandes baleines blanches.
Nous sentions la mer nous emporter,
grappes de bras, épaules saillantes
alysses maritimes s'amuïssant aux salines
entremêlées de lames d'azur,
couteaux brillant sur l'horizon en fuite
nous tenions la mer entre nos cuisses
chevaux indomptables foulant les brisants,
cavaliers d'infortune
nous battions la vague , cracheurs de spume,
la terre sur un dernier souffle,
volupté terrifiante,
poitrine palpitante de vases éventrés.
Un petit sac de sable
Inscription à :
Articles (Atom)

