Tiens il pleut

Tiens il pleut
Tiens il pleut

mercredi 1 septembre 2010

Chère Louise ,


Si je ne sais pas ce que je fais là , tu le sais mieux que moi ,c'est une pensée que je te prête volontiers , que je te donne , et en laquelle je me remets , me livre entièrement .

Ce que j'ai pressenti , à travers tous ces silences de gravité , ces trous de mémoire , ces lieux perdus , une maison, le lion d'or un hôtel , une ville disparue toujours enfouie dans les caves , les greniers éventrés , les pointes de tes bottines des toits brisés petits cadavres d'ardoises sous la pluie , écolière les yeux au soupirail , vestiges de murs sans nom , de visages sans yeux , tu l'as marché sur les pavés , tu l'as gravé dans les ventres , tu l'as souri à la plume de ton chapeau, ce que je sais , le livre , des noms , des longues et interminables listes de noms , sur les murs, dans le vent et sur le sable , dans les sabots du cheval , dans la respiration des mots d'haleine sur les vitres du château borgne.
Ce que je sais , tu l'as gravé dans les gestes , sur la pluie , la vie est un miracle,le seul,le livre des noms du monde est un miracle,nous sommes des miracles, je suis un miracle , la pierre est une grâce , la rose est un enfant.

Avant même de l'ouvrir, avant même d'ouvrir les yeux, je le savais de longue date.

La nuit n'est pas une chose droite,, la nuit est irrégulière, la nuit penche les douleurs sur la pluie, la nuit est si profonde qu'elle semble légère , un tulle de dentelle, la plupart du temps je suis encore effrayée de vivre, un miracle qui aurait la vie dure , un coupant d'aube , un souffle qui poursuit jusqu'à la tombe.

Casse-couilles.


Chère Louise,

Le seul fait marquant de ce milieu de semaine est que nous sommes le premier septembre 2010.
Deuxième fait , ne faisant pas date dans ce siècle ni dans les autres,
je me demande ce que je fais là.
Le troisième fait est que le seul petit regret de n'avoir pas été un homme à ma naissance , est que je ne peux utiliser l'expression de "casse-couilles" à tout va.
Le quatrième chapitre est que je l'utilise surtout sur mon lieu de travail , où la besogne est ordinaire et où nous utilisons des expressions ordinaires, je l'inclus ici à titre exceptionnel, de fait non marquant et ne faisant pas date.
Cinquième rien
Sixième rien
Septième jour , le fait, celui de sa Seigneurie... Nous organiserons un concours avec la participation gracieuse de tous les centenaires de l'établissement, celui ou celle qui crachera le plus loin.
De ces retours à l'enfance , nous rions beaucoup , insouciants et légers , le seul fait marquant de notre passage passant , bref et que triste , nous sourions beaucoup.

Premier fait de la semaine prochaine, mon apparition sur scène , déguisée en énorme poussin avec pattes de canard palmées et gros bec orange fluo, deuxième fait , après la représentation , les courses à faire au super marché, caddy et sac , parking, rayons, achats , la caisse, patates et viande pour hachis -parmentier.
Dernier fait ,fin de la semaine prochaine, casse-couilles est à présent une expression que j'utilise avec plaisir et à tout va, que la caissière se pépète en boucles , marmonnant pépites à chaque client " casse-couilles" " casse- couilles "





lundi 30 août 2010










Attends
attends moi
je suis allée chercher l'oiseau
dans l'ombre des regards recueillis par la nuit profonde
le chagrin incline chaque chose

l'aile est peine, penche d'eau et de colombe
son bec au tombeau s'épuise de pierres
son ventre est frêle et doux
rond où l'herbe vient chanter l'aube
bonde à grains de roses


j'écoute le lilas lever la tête à la fenêtre
un complot mauve de crépuscule , je déambule réverbère prose,
attends la pluie perdue des choses
je presse les fleurs , le pied serré d'ecchymoses ,
pour une couronne de bluette sur la colline.




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Est-ce que je n'ai pas plutôt marcher sur un chewing-gun ?
je peux pas m'empêcher
c'est une terrible maladie,
la suette comme ils disaient ,
la peste , la gratte, la plaie
la coule, goulotte clapote,
le cric le crac
la nuit tous les chats sont gris

silence sur la page
silence dans les langes
silences sur le bleu du ciel
immense hiver aux bras maigres

je peux pas m'empêcher
c'est une terrible maladie
pire que le pou chauve sur la misère
sale pioche de caractère
gros ventre de bourriche
je veux m'ôter le coeur d'en rire
le coeur d'en pleurer,
trois petits cailloux et je m'en vais.


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dimanche 29 août 2010

Julio Romero de Torres







Oh Victor H
comme je me suis ennuyée à l'école !


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Assis sur une haute perche au bord des mondes,
temps délassé de poisson ,
loin de toute définition du monde ,
l'homme heureux pêche un poisson lune,
châtaigne de soie ganguée d'ouïes palpitantes épouse le creux de sa main ,
pêcheur nourri de terre mer et ciel,
la larme délivrée par son visage , par sa paume essuyée ,
il est né , se remet confiant au sanglot , s'y livre dans la paume de sa main ,
la larme délivrée par son visage sur sa paume , essuyée .
L'âge dépouillé d'appât ,
sa voix dans le sanglot
son corps au monde , un matin ,
sur l'onde éteinte, l'aube affleure en silence,
beauté dépouillée de la Vérité et du Mensonge ,
Beauté dérobée au milieu de nulle part,
son milieu ,
sa part ,
le chemin du sanglot dans les yeux.









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Un saut en parachute
j'ai pris le soin
le luxe extrême
de le plier
afin qu'il ne se déplie pas
je me suis écrasée à terre
et me suis brouillée avec le monde entier sain et sauf !

J'ai ainsi habilement évité l'imagerie par résonance magnétique et les agents de ligne .




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Khroma.













Scanner , radiographie , échographie ,
le bébé mammouth est une fille ?
Hé non c'est un garçon !

Les heureux parents l'ont appelé Khroma
le nom de la rivière gelée juste à côté.


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samedi 28 août 2010





la terre est sous le lit
le lit une forêt
où les trolls chevauchent les chevaux
à la barbe de nuit, des berceaux de mentons et d'yeux souris,
les chemins de forêt perdus sous un bonnet de rire complice,
les cheveux des claires voie de flûtes
la main est ouverte dans la nuit calme
la main est vide
et j'entends la mer monter les caravelles d'algues
aux monts des collines
des colliers d'eaux fragments des mots
nocturnes,
des cavalières d'écume et des sabots de vent de sable,
la forêt pousse
rameau de sel
écailles d'huîtres sous les pieds de l'arbre hirondelle,
alors les trolls se tirent la langue
à la barbe de la nuit,
ils disent faux pour vrai
vrai pour faux
souches et cimes dans un balancement tendre d'osier de peau et de chair,
l'or et le silence à claire voie.


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mardi 24 août 2010





Mes seules sentinelles inoffensives
inexpugnables
sont le souffle
au bout du souffle ,
nos respirations se retrouvant
là où nous ne savons plus où nous sommes,
où sommes nous ,le sommes du faire s'évacue,
nous y sommes,
sommes nous ailleurs en inconnue solitude réunie,
nous sommes en nos terres,
terre, fluide et dense,
une sève descendante de l'arbre,
un calme agité du phrasé de flehmen ,
douce romaine berçant nos noms sur sa bouche,
retroussant son sourire à la belle face des fronts de la nuit,
le chant d'ongle embrassé à l'encolure dansante,
la sève d'une goutte ,
le goût de l'humain aux frises douces d'ombre abreuvées de délices,
de l'obscur rompu au bout du souffle ,
nos chemins délivrés du bruit et du silence.
Tout ce que mes mains touchent est mien ,
ce temps dont je viens et où je suis ,
ceci n'est pas appartenir
ceci n'est pas assujettir ,
ce songe est mien ,
inexpugnable ,
le bois de la table , inséparables ,
tel le copeau , la brise ,
tel le mot de langue dans la bouche du cocher , arraché ,
qui sur la plaine danse , feux follet brigands ,
grands yeux poissons ,
hiver flambant sous le dôme de givre ,
une boîte de fer blanc
brisée de pierres d'où jaillissent et dorment les fleurs de caprices,
ces fleurs qui me rompent et me meurent.


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samedi 21 août 2010






Il y avait ce chemin






et cette sorte de lumière
la pluie fauchant les blés avec le soleil
nous y sommes passés
riants enfants de nattes
nous y avons baigné nos mains
des houles de cuisses nues
coeurs fracassés de coups de poing
mâchoires aux dents aiguës de lait
nous avons bu la brise
coupe de ventres
inventé l'amour aux bois des lits de l'herbe moussue de vin.

la pluie fauchant les blés avec le soleil.



/...
À partir du sein du silence
la mer épouse l'avalanche des collines
les arbres prennent corps de l'aube
transparence chaume épanoui
pivoines hémophiles
tiges perlant de lait
les vagues mangent l'automne
les rousseurs à l'eau d'ébène
le feu des équinoxes
l'écume écarlate ventre jailli de la langue
fanal cuivré léger de gaze bouche bleue
bouche noire et de feu
bouche de cristal brisé
lire et parler vite
avalanche calme marnière mouvementée de réhaut
d'âme et poitrine pressées de mourir
aux chevilles d'argile des fleurs d'océan
fleuve de ruisseaux.


/...

vendredi 20 août 2010